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Francs-maçons criminels : un couple mis en examen pour avoir commandité l'assassinat d'un pilote

Info RTL INFO RTL - Un médecin-biologiste et son épouse sont soupçonnés d’être à l’origine de la mort du pilote de rallye Laurent Pasquali, assassiné en 2018. Pour régler leurs comptes avec lui, ils auraient fait appel à la cellule criminelle chapeautée par deux francs-maçons démantelée en janvier.

Un brassard de police (illustration).
Un brassard de police (illustration).
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Thomas Prouteau - édité par Cassandre Jeannin

L’invraisemblable galerie de personnages impliqués dans la cellule criminelle démantelée fin janvier mêlant francs-maçons, soldats de la DGSE et barbouzes en tous genres et désormais soupçonnée d’une dizaine d’infractions, dont la tentative d'assassinat sur une coach de Créteil, s’est enrichie cette semaine de deux nouveaux portraits : celui de Alain M. et son épouse Nancy R. 

Le paisible médecin biologiste de l’Oise, directeur général d’un groupe de laboratoires d’analyses médicales, a en effet été mis en examen pour meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, selon les informations de RTL. Son épouse a été également été mise en examen pour les mêmes chefs d'accusation mais laissée libre sous contrôle judiciaire.
 
Tous deux sont accusés par le celui qui est désigné comme chef de la cellule criminelle Frédéric V., "vénérable" d’une loge maçonnique des Hauts-de-Seine jusqu’à son interpellation fin janvier, de l’avoir sollicité contre rémunération en 2016 pour retrouver le pilote automobile Laurent Pasquali, qui les auraient arnaqués de 200.000 euros. Et une fois son domicile retrouvé, en 2018, d’avoir demandé à ce que son appartement soit visité. Devant les policiers fin janvier Frédéric V. a affirme que le biologiste, qu’il avait rencontré dans le milieu des automobiles, lui avait donné comme mission "on y va, on pique son ordinateur ses cartes bleues, son argent, son mobilier et on reprend ce qu'il nous doit". Devant les policiers de la brigade criminelle, le médecin et son épouse ont démenti fermement avoir commandé un contrat sur le pilote. 

En toile de fond, une affaire de sponsoring : Alain M. aurait été sollicité par Laurent Pasquali pour sponsoriser ses courses en échange d’une visibilité de sa marque de labo sur ses voitures de course. Mais le deal n’aurait pas été respecté selon les dires de Frédérique V.

Des aveux glaçants sur la mort du pilote

La suite donne lieu à ce jour à différentes versions des protagonistes mais l’épilogue est désormais avéré, dramatique : le 29 novembre 2018 le pilote est abattu dans le sous-sol de son immeuble par l’équipe envoyée chez lui. Sa dépouille est alors immédiatement placée dans le coffre d’une voiture, direction l’Auvergne où les deux exécutants qui se sont chargés du contrat l’enterrent dans un bois, sur la commune de Cistrières près du Puy en Velay. 

L’un d’eux Sébastien L. a formulé début mars de longs aveux glaçants, révélés par Le Parisien, devant la juge d’instruction, et livré notamment les détails de la mise en terre : "À un moment, on a décidé de tourner sur la droite, il y a une toute petite départementale. D. était côté passager. Il m'a dit : 'Seb là ça m'a l'air d'être possible'. Nous avons fait une vingtaine de mètres avec le véhicule, dans les bois, il n'y avait plus de route. Nous avons enterré Monsieur Pasquali ici. On a creusé pendant deux heures. Nous l'avons disposé là, c'est tout". 

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Le corps a été retrouvé un an plus tard par des promeneurs et identifié quelques mois plus tard, mais ce n’est qu’en février 2021, après les révélations en garde à vue de Frédéric V. et d’autres suspects, que la famille de Laurent Pasquali a appris ce qui lui était réellement arrivé.

Plusieurs versions s'opposent

Le médecin biologiste a-t-il commandité le meurtre ? Frédéric V., affirme que non. Selon lui le docteur Alain M. n’avait demandé qu’à récupérer de l’argent dans un coffre et des relevés de comptes ou tout autres moyens lui permettant de se faire rembourser. Dans son récit aux enquêteurs, le "vénérable" franc-maçon rapporte sa "panique" lorsque l’équipe lui a rapporté que le pilote avait été tué

Daniel B. , son camarade de la loge Athanor de Puteaux et ancien des services de renseignements, à qui il confiait la plupart de ses contrats de recherche d’information, aurait fait part d’un "problème", ajoutant "oui ça arrive". 

Seulement la version livrée début mars par le bras armé de Daniel B., Sébastien L., est totalement différente. Lui affirme qu’il s’agissait sans ambiguïté aucune d’une "opération homo". Il décrit largement les préparatifs et sur les différents moyens envisagés pour supprimer le pilote. "Monsieur B. m'a parlé de le tuer par balles avec un pistolet, ou d'utiliser un sac plastique pour l'étouffer, ou encore de le poignarder. Le but était qu'on ne retrouve pas de corps, qu'il n'y ait pas d'enquête". Il me disait : 'pas de preuve, pas de corps, pas d'enquête'. Il voulait que ça passe juste pour une disparition inquiétante".

Qui a vraiment voulu la mort de Laurent Pasquali et pourquoi ?

C'est tout l'enjeu du travail de la juge d’instruction. Ce qui va l’amener à creuser les liens entre la victime et le couple mis en cause. Selon un proche du pilote, ils se connaissaient en fait depuis des années puisque Laurent Pasquali étaient leur coach dans les années 2010. Alain M. et Nancy R. étaient en effet passionnés de voitures de sport et possédaient une Porche 911 GT3. À plusieurs reprises le pilote professionnel avait entraîné le couple au maniement du bolide sur le circuit de Spa Francorchamps. C’est dans la perspective des championnats du monde qu’un contrat de sponsoring a commencé à être évoqué. "Nancy adorait Laurent" précise ce proche qui ne s'explique pas ce qui s’est passé par la suite et fait part de son dégout. 

Interrogé en mars dernier dans l'émission Sept à Huit sur TF1 avant son interpellation, Alain M. avait catégoriquement démenti son implication. "Je lui avais prêté de l'argent pour finir sa saison, il a une dette aujourd'hui pourquoi le faire flinguer.. Ca ne m'arrange pas", avait-il confié, ajoutant "dans le contexte je suis sûr de ne pas récupérer ce qu'il me doit. Aujourd'hui aller mettre un contrat sur quelqu'un, j'ai du mal à imaginer que ça existe en France."
 
L’avocate de la famille Pasquali, Sandrine Pégand, contactée par RTL, se dit satisfaite de la mise en examen du couple mais reste prudente : "La famille est extrêmement soulagée de cette première étape bien que la présomption d’innocence reste de mise pour ce couple dont il faudra déterminer l’implication réelle".  Les avocats d’Alain M. et de Nancy R. n’ont pas pu être joints par RTL ni celui de Frédéric V. Sébastien Schapira.

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