4 min de lecture Renseignement

INFO RTL - Tentative d'assassinat par des soldats de la DGSE : le commanditaire présumé interpellé

Marie-Hélène Dini, à la tête de plusieurs sociétés de coaching en entreprise, avait échappé le 24 juillet à une tentative de meurtre par deux agents de la DGSE. Le donneur d’ordre présumé a été interpellé vendredi 29 janvier.

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INFO RTL - Tentative d'assassinat par des soldats de la DGSE : le commanditaire présumé interpellé Crédit Image : AFP / Martin Bureau | Crédit Média : Thomas Prouteau | Durée : | Date : La page de l'émission
Thomas Prouteau édité par Félix Roudaut

Un homme aurait sollicité des tueurs à gages recrutés dans les rangs de la DGSE pour une vengeance professionnelle. Tel est le scénario à peine croyable qui semble se dessiner. Selon nos informations, la Brigade criminelle de Paris a en effet interpellé vendredi 29 janvier 2021 le commanditaire présumé de la tentative d'assassinat, le 24 juillet 2020, de Marie-Hélène Dini, une entrepreneuse de Créteil spécialisée dans le coaching en entreprise. 

Ce jour-là, deux militaires en permission et armés de pistolets chargés s'étaient rendus en bas de chez la femme d'affaires, bien décidés à l'exécuter. Cette affaire hors-norme semble sur le point d’être résolue. L’individu interpellé vendredi, J-L. B., 64 ans, se trouve être l'un des concurrents directs de la cheffe d’entreprise, selon des sources concordantes. Il serait en effet à la tête d’une structure elle aussi spécialisée en coaching professionnel et en formation. 

D'après le scénario partiellement reconstitué par les enquêteurs, le suspect n’aurait pas toléré la tentative de Marie-Hélène Dini de mettre en place en 2019 une certification unique reconnue par l’État pour le coaching en entreprise - une activité en pleine expansion, mais parfois taxée à ses débuts de charlatanisme.

DGSI, DGSE, franc-maçonnerie

Une dissension à ce point violente que J.L. B. aurait alors choisi un moyen radical : liquider sa concurrente en recrutant des tueurs. Il aurait passé un "contrat" en bonne et due forme par l’intermédiaire de deux autres suspects, eux aussi placés en garde à vue depuis jeudi 28 janvier. Le montant de ce "contrat" serait d’un montant avoisinant les 50.000 euros selon les déclaration des certains acteurs du dossier. 

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Ces deux hommes auraient à leur tour recruté comme chef des opérations Sébastien L., free-lance dans la Sécurité privée d'après ses propres déclarations aux enquêteurs.

Dans ce dossier ultra-sensible, la police judiciaire a avancé prudemment, navigant entre anciens des services secrets intérieurs la DGSI, extérieurs, la DGSE, et des membres d’une loge franc-maçonne connue, selon une source proche du dossier. C’est d’abord les déclarations de Marie-Hélène Dini qui ont permis d’avancer. La quinquagénaire, qui se disait au début de l’enquête "sans ennemi connu", a fini par livrer plusieurs noms au cours de ses auditions

Bévue de la compagne de Sébastien L.

Parmi ses potentiels ennemis, ceux dont la mise en place de la certification et la création d’un syndicat national pour la profession en 2019, le Simacs, avaient gênés. La femme d’affaires n’a jamais reçu de menaces physiques, mais elle s’est rappelé que le ton était monté lors de réunions de coordinations entre les instituts de coaching, notamment avec J-L B.

Mais c’est une véritable bévue de la compagne de Sébastien L., l’exécutant en chef présumé, qui aurait permis de confondre le commanditaire, selon nos informations. La jeune femme avait en effet conservé dans son portable des messages destinés aux donneurs d’ordre. Parmi eux, J-L. B. Il a été interpellé en douceur vendredi 29 janvier.

Déjà sept mises en examen

Sept personnes sont déjà mises en examen dans ce dossier, dont cinq militaires de la prestigieuse DGSE. Au premier rang d’entre eux les deux soldats, Pierre B. et Carl E,. arrêtés par la BAC de Créteil le 24 juillet au matin dans une voiture aux plaques maquillées, garée au pied de l’immeuble de Marie-Hélène Dini. Ce sont des voisins inquiets de voir ces hommes en planque à 8 heures du matin qui avaient alerté la police. 

Porteurs d’un pistolet neuf millimètres et de couteaux de l’armée, le duo avait vite admis le projet criminel tout en déclarant agir pour le compte de la DGSE, des services secrets donc. Très gênée, la vénérable maison avait aussitôt démenti. Les deux soldats appartenaient à la garde du camp de Cercottes, le lieu d’entraînement de la fine fleur des espions français, le service action.

Amateurisme

Désormais, la constitution présumée de l’équipe par Sébastien L. et le rôle exact de chaque membre reste à préciser. D’autant que la femme d'affaires avait été la cible d'une première agression quelques mois plus tôt, frappée violemment dans la rue par deux individus et dépouillée de son ordinateur professionnel. Une attaque dont Sébastien L. se serait vanté, d’après les déclarations de ses comparses en garde à vue. 

Dès le début de l’enquête, l’amateurisme évident du groupe criminel avait surpris et interrogé par rapport à la réalité apparente du contrat. On comprend aujourd’hui, avec le cloisonnement strict, que le commanditaire supposé a tenté sans succès d’instaurer une barrière étanche entre les donneurs d’ordre et les exécutants qui ont agi à leur guise. La garde à vue du principal suspect, pour "tentative d’assassinat en bande organisée", pourrait durer jusqu’à 96 heures. Son avocat n’a pas pu être contacté dans l’immédiat.

L'avocat de Marie-Hélène Dini rend hommage aux enquêteurs

En revanche, l'un des avocats de Marie-Hélène Dini, Jean-William Vézinet, contacté par RTL fait part de l’immense soulagement de sa cliente, profondément traumatisée par sa double agression et contrainte de déménager loin de Créteil. 

Il rend hommage aux enquêteurs de la police judiciaire parisienne "qui, par son efficacité, a permis de rétablir l’honneur et la réputation de notre cliente, mais aussi d’anéantir définitivement les théories fumeuses développées par certains mis en examen (une appartenance de Marie-Hélène Dini aux services secrets israéliens et une opération secrète pour l’éliminer, ndlr) auxquelles mon confrère Joseph Cohen-Sabban et moi-même n’avons jamais accordé le moindre crédit".

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