2 min de lecture Syrie

Daesh : les jihadistes détenus en Syrie pourraient être rapatriés en France, dit Belloubet

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a évoqué ce samedi 11 janvier l'hypothèse d'un rapatriement des jihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie.

Nicole Belloubet, l'ancienne ministre de la Justice, a été remplacée par Éric Dupond-Moretti
Nicole Belloubet, l'ancienne ministre de la Justice, a été remplacée par Éric Dupond-Moretti Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Charles Deluermoz et AFP

Le dossier est sensible et son entourage réfute toute rupture avec la position de Paris. Toutefois, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a évoqué ce samedi 11 janvier l'hypothèse d'un rapatriement des jihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie. 

"Jusqu'aux récentes évolutions, nous pensions à la possibilité de mettre en place avec d'autres Etats européens un tribunal mixte en Irak" pour juger les jihadistes étrangers que leurs pays ne veulent pas reprendre, notamment français, un tribunal "que nous aurions appuyé", a expliqué la ministre dans les colonnes de Libération.

Mais "la donne a changé", a-t-elle souligné sans plus de détails. "Dans ce cas là, s'il n'est plus possible de les juger sur place, je ne vois pas d'autre solution que de rapatrier ces gens en France. Tout combattant terroriste qui serait rapatrié serait judiciarisé comme nous l'avons toujours fait."

"Le risque d'une dispersion"

"On ne peut prendre le risque d'une dispersion dans la nature", a souligné Mme Belloubet. "On ne va pas avoir cinquante solutions : soit on va les rapatrier car on considère qu'il vaut mieux qu'ils soient sous contrôle français, soit ils s'évaporeront... Avec les risques que cela suscite".

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Pour Marc Lopez, membre du collectif Familles Unies, qui milite pour le rapatriement des jihadistes pour les juger en France et de leurs enfants, c'est une inflexion : "La ministre ne l'avait pas dit comme ça" jusqu'alors. "Il n'y a pas d'autre solution" que le rapatriement, a-t-il insisté.

"La garde des Sceaux en appelle enfin à la responsabilité et à la raison et il était temps", a réagi pour sa part Marie Dosé, avocate de familles d'enfants et de mères détenus en Syrie. "Nous attendions depuis plus de deux années que ce gouvernement entende l'urgence humanitaire et sécuritaire à rapatrier ces enfants et à judiciariser leurs parents en France", a-t-elle souligné.

Ligne inchangée selon son entourage

Samedi midi, l'entourage de la ministre a néanmoins assuré que sa ligne n'a pas changé. "Notre position est constante, nous considérons que les jihadistes doivent être jugés dans les endroits où ils ont commis leurs exactions. C'est pourquoi nous appuyons, avec d'autres États européens, le principe de leur jugement en Irak avec l'ensemble des garanties qui s'imposent", a indiqué son entourage à l'AFP.

Mi-décembre, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait reconnu que la question d'un jugement en Irak n'était "pas réalisable à court terme", en raison notamment de la révolte qui secoue ce pays. Depuis, l'Irak est également devenu un théâtre de l'affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis.

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