4 min de lecture Attaque à Strasbourg

Attentat à Strasbourg : où en est l'enquête, deux jours après l'attaque ?

ÉCLAIRAGE - Les forces de l'ordre sont toujours à la recherche de Cherif C., principal suspect de la tuerie survenue à Strasbourg mardi 11 décembre.

Strasbourg : des policiers de la BRI patrouillent au lendemain de la fusillade du 11 décembre 2018
Strasbourg : des policiers de la BRI patrouillent au lendemain de la fusillade du 11 décembre 2018 Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
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Clarisse Martin
Journaliste

Deux jours après l'attaque perpétrée aux abords du marché de Noël de Strasbourg, le suspect numéro 1 court toujours. Les forces de l'ordre ont perdu la trace de Cherif C. mardi 11 décembre dans la soirée, peu de temps après l'attentat survenu aux alentours de 20 heures. Selon un dernier bilan, trois personnes ont été tuées et une quatrième se trouve en état de mort cérébrale. Treize personnes sont blessées, dont cinq dans un état grave, a précisé la préfecture ce jeudi 13 décembre.

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des faits et a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle".

L'individu se trouve-t-il toujours en France ? La police nationale a lancé un appel à témoins mercredi soir, décrivant un individu d'1,80 mètre, de "corpulence normale" et à la "peau mate", portant une "marque sur le front". Toute personne susceptible d'aider à faire progresser l'enquête peut joindre le 197. Au total, 720 membres des forces de l'ordre sont aux trousses de Cherif C.

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Le marché de Noël n'a pas rouvert ses portes au lendemain de l'attaque, et était encore fermé jeudi. Les illuminations de la "capitale de Noël" ont été éteintes, et le grand sapin qui domine la place Kléber du haut de ses 30 mètres n'est plus éclairé non plus. 

L'homme a-t-il pu bénéficier de complicités ?

C'est une question qui reste en suspens. Cherif C. a-t-il agi seul ou a-t-il bénéficié d'appuis pour perpétrer l'attaque meurtrière ? Depuis les faits, plusieurs personnes de l'entourage du suspect ont été placées en garde à vue, parmi lesquels les parents et deux frères de l'assaillant avaient été interpellés.

Un cinquième individu a été placé en garde à vue ce jeudi 13 décembre en fin de matinée, a annoncé le parquet de Paris. Il s'agirait d'une personne de l'entourage de l'auteur présumé de l'attentat de Strasbourg, mais pas de sa famille.

Selon une source proche de l'enquête à RTL, confirmant une information du Figaro, une perquisition a été menée par la DGSI appuyée par la BRI boulevard Raspail à Paris, au domicile de l'une des sœurs de Cherif C. ce jeudi 13 décembre. La perquisition a eu lieu au cours de l'après-midi dans le cadre des vérifications de son entourage familial. Aucune interpellation n'a eu lieu. La sœur du suspect a été entendue en audition libre par les policiers.

Cherif C se trouve-t-il à l'étranger ?

Près de deux jours après les faits, il n'est pas sûr que Cherif C. soit encore dans l'Hexagone. Un moment, les enquêteurs ont pensé qu'il pouvait avoir passé la frontière et s'être réfugié à Kehl, juste de l'autre côté du Rhin. Mais mercredi matin, une intervention conjointe des polices française et allemande n'avait pas permis de retrouver sa trace dans la ville allemande.

Ce jeudi après-midi, une importante opération de police a eu lieu dans le quartier du Neudorf, à Strasbourg, là où la trace de Cherif C. a été perdue deux jours auparavant. Face au Sénat, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a déclaré qu'il s'agissait "d'une levée de doute comme il y en a eu plusieurs depuis 36 heures. Cela n'est pas un signalement et cela ne veut rien annoncer, laissons l'enquête se poursuivre".

L'opération s'est achevée peu avant 17 heures, sans qu'aucun détail supplémentaire ne soit donné.

Le radicalisation du suspect était connue des autorités

Connu de la justice et des services de police pour des faits de droit commun, le suspect numéro 1 était également dans le radar des autorités pour radicalisation. Inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), Cherif C. faisait l'objet d'une fiche S (pour "Sûreté de l'État") et était suivi par la DGSI. L'homme devait être interpellé par les gendarmes mardi matin, dans le cadre d'une enquête de droit commun, quelques heures avant la fusillade, mais a échappé à cette arrestation.

Pour le criminologue Alain Bauer, invité de RTL le 12 décembre, il pourrait s'agir d'un acte "improvisé". "On n'est pas du tout dans une affaire extraordinairement structurée", estime-t-il, étayant son propos en disant que l'arme la plus puissante dont disposait l'homme, une grenade, était restée à son domicile au moment des faits.

Une faille dans la sécurité du marché de Noël ?

Pour les autorités, aucun manquement n'a été constaté. "Je n'ai pas relevé de faille dans le dispositif", a déclaré mercredi Jean-Luc Marx, le préfet du Bas-Rhin. Le plan sécurité, qui "consiste à créer une bulle avec des fouilles à l'entrée" du marché annuel fonctionne "depuis plusieurs années". "Il restera le même", a abondé le maire de la ville Roland Ries, excluant cependant jeudi de rouvrir le marché dans l'immédiat,avec le tireur toujours en fuite. "Moi et mes collègues refusons d'entrer dans une quelconque polémique", a coupé court l'édile.

Outre le contrôle des accès entre 11 heures et 20 heures à l'hypercentre, où est cantonné le marché depuis 2015, les véhicules motorisés sont soumis à des restrictions drastiques de circulation et de stationnement. Des fosses dans les voies du tramway (qui ne s'arrête qu'à une ou deux stations du centre pendant cette période) et des blocs de béton doivent parer au danger d'une attaque au véhicule bélier, une mesure mise en place après l'attentat de Nice en 2016.


Néanmoins, certains habitants de la ville, rencontrés par l'AFP, remettent en cause la position des autorités. "On passe comme on veut", estime ainsi Marion, 30 ans, qui juge partager l'opinion de nombreux Strasbourgeois. Elle cite les actes de vérifications effectués et les analyse comme insuffisants : "Un coup d’œil au sac", des manteaux "pas ouverts" ou encore le fait qu'il n'y ait pas de contrôles réalisés le matin ou le soir.

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2018-12-13 19:01:00
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