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Affaire Mia : Rémy Daillet interpellé à son arrivée en France

L'homme, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de la fillette, et sa famille sont arrivés de Singapour mercredi 16 juin, peu après 6 heures.

Rémy Daillet-Wiedemann, à l'époque chef de file du Modem de la région Midi-Pyrénées (2009).
Rémy Daillet-Wiedemann, à l'époque chef de file du Modem de la région Midi-Pyrénées (2009).
Crédit : REMY GABALDA / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

Arrêtés en Malaisie fin mai, où ils résidaient, l'homme, sa compagne enceinte et ses trois enfants de 17, 9 et 2 ans avaient embarqué mardi soir à Singapour sur le vol Air France AF 257. Rémy Daillet, figure des milieux complotistes, est arrivé en France mercredi 16 juin, où il risque une mise en examen, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de la petite Mia dans les Vosges en avril dernier.

L'avion à bord duquel ils se trouvaient a atterri à l'aéroport de Roissy peu après 6 heures, en provenance de Singapour, a indiqué une source aéroportuaire. Son "mandat d'arrêt est exécuté par la gendarmerie des transports aériens", a-t-elle indiqué. L'avocat de la famille, Jean-Christophe Basson-Larbi, était présent sur place, a constaté un journaliste de l'Agence France Presse.

"À l'arrivée à l'aéroport en France, le mandat d'arrêt du juge d'instruction de la Jirs (juridiction interrégionale spécialisée) de Nancy sera notifié", a indiqué mardi soir le procureur de Nancy, François Pérain, dans un communiqué. Il doit être soit transféré "immédiatement à Nancy en vue de sa mise en examen", soit présenté "devant le juge des libertés et de la détention de Bobigny pour une incarcération provisoire", a-t-il précisé. Dans cette dernière hypothèse, Rémy Daillet serait "transféré jusqu'à Nancy pour être interrogé par les juges d'instruction (...) dans un délai de quatre jours", a spécifié le procureur.

Escale prolongée à Singapour

Rémy Daillet, ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne exclu du parti centriste en 2010, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia, 8 ans, perpétré à la mi-avril dans les Vosges. L'enfant avait été retrouvée quelques jours plus tard en Suisse avec sa mère qui n'en avait plus la garde. Le Français de 54 ans est soupçonné, selon François Pérain, d'être l'"animateur" présumé de la "mouvance" anti-système des ravisseurs à l'origine du rapt.

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Sa famille et lui ont été arrêtés fin mai sur l'île touristique malaisienne de Langkawi. Leurs visas ayant expiré, la Malaisie a procédé à leur expulsion vers la France. Mais celle-ci a été interrompue dimanche lors de leur escale à Singapour, où la compagne de Rémy Daillet, Léonie Bardet, enceinte, a été hospitalisée. Selon Me Jean-Christophe Basson-Larbi, Léonie Bardet dispose de plusieurs certificats médicaux "qui attestent unanimement que sa santé ne lui permet pas de prendre l'avion".

Madame Bardet et ses enfants "n'ont aucun rapport avec l'information judiciaire relative à l'affaire" Mia et "sont les inadmissibles victimes de la volonté française de n'avoir aucun égard pour leurs vies", a estimé l'avocat dans un communiqué diffusé mardi.

Rémy Daillet impliqué dans une autre affaire ?

La petite Mia, âgée de 8 ans, résidait chez sa grand-mère quand elle avait été enlevée par ruse le 13 avril, par plusieurs hommes, à la demande de la mère de l'enfant, qui n'avait plus le droit de la voir seule. La mère et la fillette avaient été retrouvées cinq jours plus tard en Suisse, dans un squat de la commune de Sainte-Croix. Dans une vidéo mise en ligne après l'enlèvement, Rémy Daillet avait tenté de se justifier. Sans évoquer nommément Mia, il réfutait le terme d'enlèvement.


Dans d'autres vidéos plus anciennes, il soutenait l'idée d'un coup d'État populaire et se disait opposé aux impôts, aux vaccins, aux masques ou à la 5G. Celui qui est déjà père de sept enfants d'un premier mariage prônait par ailleurs l'éducation par les parents à la maison.
Dans cette affaire, dix personnes au total, dont la mère de la fillette, ont déjà été mises en examen et sept d'entre elles ont été placées en détention provisoire.

La justice s'interroge aussi sur le rôle de Rémy Daillet dans une autre affaire, celle d'un couple qui vivait en vase clos dans le Doubs et s'était retranché à son domicile en novembre, refusant de confier ses quatre enfants aux assistantes sociales comme le demandait un juge.
C'est au contact d'un certain "Rémy, vivant en Malaisie, ancien membre du Modem", que le couple aurait décidé de déscolariser ses enfants puis de se couper du monde.

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