3 min de lecture Justice

Accusations de racisme et de maltraitances : conseil de discipline pour un policier

Des policiers ont tenu de "façon régulière" des "propos racistes" à l'encontre de "déférés d'origine étrangère". L'un d'entre eux va passer en conseil de discipline. Cinq autres vont être sanctionnés.

Le nouveau tribunal de Paris dans le XVIIe arrondissement
Le nouveau tribunal de Paris dans le XVIIe arrondissement Crédit : Zakaria ABDELKAFI / AFP
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Paul Turban et AFP

La préfecture de police a informé l'Agence France presse (AFP) qu'un policier est renvoyé en conseil de discipline après qu'un autre policier a dénoncé des faits de racisme et de maltraitance au dépôt du tribunal judiciaire de Paris. Cinq autres policiers font l'objet de sanctions, selon la même source. 

En mars 2019, le brigadier chef Amar Benmohamed a dénoncé dans un signalement des "propos racistes" tenus de "façon régulière" de la part d'une gardienne de la paix à "l'adresse des déférés d'origine étrangère", ainsi que le terme utilisé pour les qualifier par cette femme ainsi qu'une collègue : "les bâtards", a révélé Streetpress

Le brigadier chef affirme que "sur un peu plus de deux ans, plus de mille prévenus ont été maltraités" au dépôt du tribunal de Paris, où il est affecté et où sont retenues les personnes attendant d'être présentées à la justice. "C'est même sans doute plus", selon lui. 

Celui qui est aussi délégué syndical chez Unité SGP-Police affirme avoir entendu les propos suivants : "Ferme ta gueule, sale bougnoule", "négro", "sale race", ou encore "Je te lancerais tout ça dans la Seine" ; "Si on me laissait faire, je mettrais le feu à toutes ces merguez". Dans le signalement, ce policier dénonce également diverses privations de nourriture, des empêchements d'accès aux soins, etc. 

Une enquête de l'IGPN, un conseil de discipline et des sanctions

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Une enquête administrative de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été menée. En conséquence, "un conseil de discipline se tiendra en septembre pour un des fonctionnaires et des sanctions administratives, blâmes et avertissements, sont en cours de notification pour cinq autres" au vu de "la gravité des faits allégués", a annoncé à l'AFP la préfecture de police. Le conseil de discipline se tiendra pour "raisons de comportements inappropriés envers les détenus, manquements au devoir d'exemplarité" selon une source policière. 

Le 12 mars, jour même de son signalement, un de ses supérieurs, un lieutenant de police, rappelait à ses troupes que "les propos à caractère raciste injurieux discriminatoires" sont "à proscrire" et qu"il est "indispensable" d'accorder aux détenus "l'ensemble des droits" et de "rester attentif" à leur "état de santé", selon un message interne consulté par l'AFP. 

Une plainte déposée par Amar Benmohamed

Le brigadier chef Amar Benmohamed a déclaré avoir porté plainte avec constitution de partie civile pour "harcèlement moral" à son encontre après ses signalements, a indiqué son avocat Arié Alimi. Dans un communiqué, SOS Racisme a demandé "l'ouverture d'une information judiciaire, l'ouverture d'un contrôle par l'inspection générale de la justice et une mobilisation du Barreau de Paris". 

Le parquet de Paris a indiqué que "l'ensemble des faits portés à la connaissance du parquet de Paris a donné lieu à enquêtes judiciaires confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN)", sans préciser si les faits rapportés ont été effectivement signalés au parquet de Paris et on fait l'objet d'une enquête. "Six représentants du contrôleur général des lieux de privation de liberté ont effectué du 7 au 9 octobre 2019 une visite complète des locaux du dépôt, à la suite de laquelle un rapport provisoire a été adressé aux chefs de juridiction le 19 décembre 2019", a en outre précisé le parquet. 

"Si les faits dénoncés sont matérialisés, il est nécessaire que des suites disciplinaires soient déclenchées. La police républicaine ne pourrait accepter de telles déviances en son sein", a réagi le syndicat Unité SGP-Police. 

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