1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Russie : retour sur les principaux épisodes de l'affaire Alexeï Navalny
3 min de lecture

Russie : retour sur les principaux épisodes de l'affaire Alexeï Navalny

ÉCLAIRAGE - L'opposant russe, emprisonné depuis le 26 février, a été hospitalisé ce lundi après trois semaines de grève de la faim.

Le chef de l'opposition russe Alexeï Navalny, lors d'une audience à Moscou, le 2 février 2021.
Le chef de l'opposition russe Alexeï Navalny, lors d'une audience à Moscou, le 2 février 2021.
Crédit : Handout / Moscow City Court press service / AFP
Thomas Pierre & AFP

L'incertitude autour de l'état de santé d'Alexeï Navalny. L'opposant russe est en grève de la faim depuis trois semaines. Les autorités carcérales ont ordonné lundi 19 avril son transfert vers une prison-hôpital, tout en jugeant son état "satisfaisant". 

Ses partisans assurent pourtant de leur côté qu'il risque la mort à chaque instant, invoquant de graves problèmes cardiaques et rénaux d'autant plus inquiétants qu''Alexeï Navalny a survécu il y a moins d'un an à un empoisonnement par une substance neurotoxique.

Les Européens réclamaient depuis plusieurs jours qu'Alexeï Navalny soit hospitalisé. L'Allemagne et la France ont insisté elles sur un "traitement médical adéquat" par des médecins ayant "la confiance" d'Alexeï Navalny et réclamé sa libération immédiate. 

Washington a averti dimanche qu'il y aurait des "conséquences" pour Moscou si Alexeï Navalny mourait. Cette hospitalisation représente donc un nouveau rebondissement dans une affaire qui, depuis août dernier, connaît une succession de temps-forts : de son empoisonnement à sa grève de la faim, amorcée fin mars.

Empoisonné et hospitalité en Allemagne

À lire aussi

Le 20 août 2020, Alexeï Navalny, principal opposant russe à Vladimir Poutine, est placé en réanimation dans un état grave dans un hôpital de Sibérie après un malaise à bord d'un avion. Son entourage dénonce un empoisonnement, ce que récuse l'hôpital. Sa famille et ses proches réussissent à le transférer le 22 dans un hôpital en Allemagne. 

Berlin annonce le 2 septembre que les examens médicaux d'un laboratoire de l'armée prouvent "sans équivoque" qu'il a été empoisonné "par une substance de type Novitchok", produit neurotoxique développé à des fins militaires à l'époque soviétique. Alexeï Navalny sort du coma artificiel le 7 septembre, puis de l'hôpital le 22.

Le Kremlin affirme qu'il est "libre" de rentrer en Russie. La justice gèle néanmoins ses avoirs. Le 1er octobre, Alexeï Navalny accuse Vladimir Poutine d'être "derrière" son empoisonnement. Le 6, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) confirme un empoisonnement par un agent neurotoxique du groupe Novitchok.

Le FSB soupçonné

Quelques mois passent avant que des médias accusent des spécialistes en armes chimiques du FSB d'avoir suivi l'opposant dans ses déplacements. Le 21 décembre, Alexeï Navalny assure avoir piégé l'un de ces agents au téléphone, lui faisant admettre avoir participé à son empoisonnement. Le FSB dénonce une "falsification".

Les autorités russes, qui refusent d'ouvrir une enquête sur ce qui est arrivé à l'opposant lancent fin décembre une nouvelle enquête contre lui pour "fraudes à grande échelle". Le 13 janvier 2021, Alexeï Navalny annonce vouloir rentrer en Russie malgré la menace d'un renvoi en prison.

Interpellé à Moscou

Il est interpellé à son arrivée à Moscou le 17 janvier. Accusé d'avoir violé les conditions de son sursis pour une condamnation précédente, il est placé en détention. Deux jours plus tard, il diffuse une enquête anti-corruption visant Vladimir Poutine et le "palais" dont il se serait doté sur les bords de la mer Noire. Le président nie en être le propriétaire.

Le 23 et le 31 janvier, des dizaines de milliers de manifestants sont dans la rue pour exiger sa libération. Des milliers d'entre eux sont interpellés. Le 2 février, un tribunal moscovite condamne Alexeï Navalny à deux ans et huit mois d'emprisonnement, peine légèrement réduite à deux ans et demi en appel le 20 février.

Six jours plus tard, le 26 février, il est transféré dans une colonie pénitentiaire à Pokrov (100 km à l'est de Moscou) pour y purger sa peine. Le 2 mars, l'UE officialise des sanctions contre des hauts fonctionnaires russes et les Etats-Unis annoncent des sanctions contre sept hauts responsables. En pleine visite à Moscou du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, la Russie expulse trois diplomates européens, accusés d'avoir participé à des rassemblements d'opposition.

Grève de la faim et nouvelle hospitalisation

Le 25 mars , l'opposant accuse ses gardiens de le soumettre à une forme de torture par privation de sommeil, et réclame des soins. Selon son avocate, il souffre de "fortes douleurs" à la colonne vertébrale, dit craindre pour "sa vie et sa santé". L'opposant "déclare une grève de la faim" pour dénoncer ses conditions de détention, le 31 mars.

 Le 16 avril, la Russie lance une procédure pour interdire les organisations d'Alexeï Navalny, les qualifiant "d'extrémistes". Le lendemain, des médecins proches de l'opposant disent craindre qu'il ne fasse un arrêt cardiaque "d'une minute à l'autre".

Le 19 avril, devant la pression internationale, les services carcéraux russes décident de transférer Alexeï Navalny à l'hôpital, tout en jugeant son état de santé "satisfaisant". Après trois semaines de grève de la faim, l'opposant va recevoir une "thérapie vitaminée" avec son "accord". 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/