2 min de lecture Empoisonnement

"J'ai appelé mon tueur, il a avoué" : Navalny affirme avoir la preuve de son empoisonnement

Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux l'opposant à Vladimir Poutine affirme avoir piégé au téléphone un des responsables de son empoisonnement, survenu en août dernier.

Alexeï Navalny lors de son procès en appel, le 16 octobre 2013
Alexeï Navalny lors de son procès en appel, le 16 octobre 2013 Crédit : AFP / VASILY MAXIMOV
Marie Zafimehy
et AFP

"J'ai appelé mon tueur, il a avoué". C'est le titre d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par Alexeï Navalny lundi 21 décembre. Dans celle-ci, l'opposant russe affirme avoir piégé au téléphone un agent des services de sécurité russes (FSB) pour lui faire admettre qu'il avait bien été la victime d'un empoisonnement cet été en Sibérie. 

En août dernier, Alexeï Navalny s'était senti mal à bord d'un vol le ramenant de Tomsk, en Sibérie, à Moscou. Mais le commandant de bord avait décidé d'atterrir en urgence à Omsk pour permettre sa prise en charge. 

"S'il avait volé un peu plus longtemps et n'avait pas atterri soudainement, peut-être que tout se serait déroulé autrement", dit l'homme au téléphone présenté comme M. Koudriavtsev, selon l'audio et la vidéo diffusés par Alexeï Navalny. Puis les urgentistes "ont vu son état et lui ont injecté un antidote quelconque", poursuit la même voix. Une publication à laquelle les autorités russes n'ont pas réagi dans l'immédiat.

Un appel piège ?

Pour obtenir cet enregistrement, Alexeï Navalny, ennemi juré du Kremlin, explique avoir déguisé son numéro de téléphone et s'être présenté comme un assistant du Secrétaire du Conseil de sécurité russe et proche de Vladimir Poutine, Nikolaï Patrouchev. Il aurait ainsi fait croire à Konstantin Koudriavtsev, présenté comme un expert des armes chimiques travaillant pour le FSB, avoir besoin de son témoignage pour rédiger un rapport sur la tentative d'assassinat de l'opposant.

Alexeï Navalny n'apporte pas de preuve sur l'identité de son interlocuteur, indiquant dans son blog que "toute expertise vocale démontrera qu'il s'agit bien" de M. Koudriavtsev. Se montrant hésitant au départ, l'intéressé, dont le rôle précis n'est pas détaillé, finit par discuter pendant plus de 45 minutes au téléphone. À plusieurs reprises, ce dernier dit aussi ne pas pouvoir s'exprimer "au téléphone", avant de finalement donner des détails, comme lorsqu'il affirme que le poison avait été mis sur le sous-vêtement d'Alexeï Navalny.

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Я позвонил своему убийце. Он признался
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L'opposant a obtenu, dit-il, le numéro de téléphone de l'agent via le site d'investigation anglais Bellingcat, qui a publié la semaine dernière, avec plusieurs médias, une enquête disant identifier huit agents du FSB, dont M. Koudriavtsev, impliqués dans une filature de l'opposant depuis des années. Interrogé à ce sujet, le président Vladimir Poutine avait laissé entendre que M. Navalny était surveillé, mais démenti tout empoisonnement. La Russie affirme que la substance toxique de type Novitchok détectée par des laboratoires occidentaux après son hospitalisation en Allemagne n'était pas présente dans son organisme lorsqu'il était traité en Russie.

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