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Primaires démocrates : Bernie Sanders, le "socialiste" devenu favori

Le sénateur socialiste Bernie Sanders est arrivé en tête mardi 11 février de la primaire démocrate du New Hampshire. Celui qui avait été battu par Hillary Clinton en 2016 compte désormais parmi les favoris.

Bernie Sanders, le 11 février dans le New Hampshire
Bernie Sanders, le 11 février dans le New Hampshire Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Qu'il est loin le temps où ses idées étaient considérées comme "utopistes". Mercredi 12 février, au lendemain de sa victoire à la primaire du New Hampshire, Bernie Sanders est devenu l'un des favoris pour remporter l'investiture du parti démocrate. Désormais, le candidat "socialiste" de 78 ans s'en dit convaincu : "C'est le début de la fin pour Donald Trump". 

Réputé bougon et peu sociable l'homme aux cheveux blancs et son discours pro-travailleurs rencontrent un engouement inattendu auprès des jeunes. Qui plus est, de nos jours, chez les candidats démocrates, la dénonciation des inégalités est devenue monnaie courante.

En 2016, le sénateur du Vermont était pourtant le seul à dénoncer un système capitaliste "corrompu" favorisant les plus riches au détriment des travailleurs, un système de santé ruineux et le poids de la dette étudiante. Ses propositions étaient alors jugées irréalistes par les ténors démocrates. Il s'était alors fait battre de justesse par Hillary Clinton dans l'Iowa, avant de lui concéder l'investiture quelques mois plus tard. 

Un contexte anti-élite favorable

Avec la diffusion de ses idées, "Bernie" tient sa revanche sur l'establishment. Il faut dire que depuis, la victoire-choc de Donald Trump a ébranlé les démocrates, accusés d'être déconnectés des classes moyennes. Dans ce contexte anti-élite, le sénateur a l'avantage, comme Donald Trump en 2016, d'être perçu comme un "outsider", "plus authentique et naturel" que les autres candidats, souligne Jim Campbell, politologue à l'université de Buffalo.

En quatre ans, la "base" de Bernie Sanders, issu d'un Vermont à la population très blanche, s'est élargie pour faire une place plus large aux minorités, cruciales pour l'électorat démocrate. La jeune star du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, aux origines portoricaines, sillonne le pays pour soutenir "Tio Bernie" (Tonton Bernie). La rappeuse Cardi B ou l'acteur Danny Glover font partie de ses fervents supporters.

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28. Pourquoi le mot "socialisme" fait-il si peur en Amérique ? Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL Originals | Durée : | Date :

Une levée de fonds record

Avec 121 millions de dollars collectés auprès de ses supporters depuis un an, le doyen des candidats a levé plus d'argent que tous ses rivaux, malgré son rejet du soutien des grandes entreprises et riches donateurs. Environ 63% de ses contributions ne dépassent pas 200 dollars.

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Certains pensaient que la crise cardiaque qui l'a fait hospitaliser en urgence début octobre à Las Vegas sonnerait le glas de ses ambitions. Mais il a repris les meetings à un rythme soutenu et les donations sont reparties de plus belle.

40 ans d'engagement

Une performance impressionnante pour cet homme aux convictions quasi-inchangées depuis 40 ans. Bien que politiquement engagé très jeune, notamment pour les droits civiques puis contre la guerre du Vietnam, ce fils d'immigrés juifs polonais, à la famille décimée par l'Holocauste, est longtemps resté marginal.

Après avoir a montré comme maire de Burlington qu'il pouvait gérer une ville en conciliant socialisme et pragmatisme, Bernie Sanders est élu pour la première fois à la Chambre des représentants à Washington en 1990. Il est réélu jusqu'en 2007, lorsqu'il devient sénateur. Preuve de sa popularité persistance dans le Vermont, il a été réélu en novembre 2018 avec 67% des voix.

"Personne ne l'aime", selon Hillary Clinton

Bernie Sanders garde cependant l'image d'un homme réfractaire aux compromis, potentiellement aussi "polarisant" que Donald Trump, écrivait récemment le New York Times dans un éditorial. "Personne ne l'aime, personne ne veut travailler avec lui", affirme son ex-rivale Hillary Clinton dans un récent documentaire. "J'ai vraiment de la peine pour les gens qui s'y laissent prendre".

Preuve que la victoire de "Bernie" est devenue une vraie possibilité : Donald Trump l'attaque désormais frontalement, le présentant comme un dangereux "communiste" et rappelant son voyage de noces à Moscou.

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