2 min de lecture Corée du Nord

Pour Pyongyang, Joe Biden est un "chien enragé" qu'il faut "battre à mort"

La Corée du Nord s'est fendue d'une attaque verbale d'une rare violence contre le candidat à la primaire démocrate aux États-Unis Joe Biden.

Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, est candidat à la primaire démocrate
Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, est candidat à la primaire démocrate Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Florian Soenen et AFP

"Les chiens enragés comme Biden peuvent faire du mal à beaucoup de gens si on les laisse en liberté (...) Il faut les battre à mort avec un bâton" : une dépêche de l'agence officielle nord-coréenne KCNA jeudi 14 septembre a violemment attaqué le candidat à la primaire démocrate américaine Joe Biden. 

Ce dernier "a la témérité d'oser calomnier la dignité de la direction suprême de la RPDC", les initiales du nom officiel du régime, la République populaire démocratique de Corée. KCNA a même semblé reprendre à son compte un des surnoms favoris donnés par Donald Trump à son adversaire, "Sleepy Joe" ("Joe-Dodo"), en indiquant que les Américains l'appelaient "Biden qui ne s'est pas réveillé". L'ancien vice-président est l'incarnation "du dernier stade de la sénilité", poursuit l'agence. "Il semble temps pour lui que sa vie s'arrête." Le battre "sera aussi bénéfique pour les États-Unis."

On ignore dans l'immédiat ce qui a poussé Pyongyang à proférer ces insultes. Peut-être le fait que l'équipe de Joe Biden s'en soit pris cette semaine dans un clip de campagne à la politique étrangère de Donald Trump qui consiste selon elle à "faire l'éloge des dictateurs et des tyrans, et à repousser nos alliés". Au moment où le mot "tyran" était prononcé, apparaissait une photo de la poignée de main historique entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, à Singapour en juin 2018.

Ce n'est pas la première fois que l'agence nord-coréenne s'en prend à l'ancien vice-président, qu'elle avait en mai qualifié d'"imbécile" et d'"idiot au faible QI". Les insultes de KCNA illustrent en tout cas de nouveau la tolérance zéro de la Corée du Nord quant aux critiques contre Kim Jong Un, selon Cheong Seong-Chang, chercheur à l'Institut Sejong. "Pyongyang n'a jamais pu supporter que son dirigeant soit qualifié de tyran ou de dictateur par le monde extérieur", souligne-t-il.

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