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Mur anti-migrants de Trump : quatre ans après, la promesse est-elle tenue ?

"Promesse faite, promesse tenue", a assuré mardi la Maison-Blanche. Toutefois, les médias américains indiquent que seule une vingtaine de kilomètres du mur auraient réellement fait l'objet de nouvelles constructions.

Donald Trump devant une section du mur entre les États-Unis et le Mexique, le 12 janvier 2021.
Donald Trump devant une section du mur entre les États-Unis et le Mexique, le 12 janvier 2021.
Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Marie Gingault & AFP

Lors de la campagne présidentielle en 2016, Donald Trump avait promis de construire un mur à la frontière entre le sud des États-Unis et le Mexique. Pour sa dernière visite en tant que président, le milliardaire a assuré que son mur "anti-migrants" était une "promesse tenue", mais quatre ans après qu'en est-il réellement ?

"Je vais bâtir le plus grand mur que vous ayez jamais vu. Ce sera un mur Trump, un mur magnifique", indiquait le candidat Républicain en 2016. Une palissade de 3.200 kilomètres devant permettre selon Donald Trump de protéger le pays des migrants illégaux, des criminels et des trafiquants de drogue. Le Mexique "paiera pour le mur, à 100%", même si les Mexicains "ne le savent pas encore", promettait-il alors à l'époque. 

"Promesse faite, promesse tenue", a assuré mardi 12 janvier la Maison Blanche, tandis que le président se rendait au Texas pour marquer l'achèvement de plus de 700 kilomètres de ce mur. Toutefois la réalité n'est pas si glorifiante. En effet, un tiers de la frontière possédait déjà un mur ou une barrière avant l'arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis. De plus, il s'agit principalement d'améliorations ou de renforcements des structures existantes.

"Pas un kilomètre de plus construit" sous le mandat de Joe Biden

Si les autorités n'ont pas fourni le détail de ces aménagements, les médias américains affirment que seule une vingtaine de kilomètres auraient fait l'objet de nouvelles constructions. En effet, prolonger le mur est très compliqué puisqu'il faut récupérer des terres appartenant, dans la majorité des cas, à des entités privées, ce qui est complexe légalement parlant. 

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D'après le ministère de la Sécurité intérieure, les travaux ont débuté sur 300 kilomètres supplémentaires et 240 autres kilomètres sont en phase de pré-construction. Plus qu'un mur à proprement parler, il s'agit plus généralement de barrières métalliques, équipées de matériel technologique tels que des lumières ou des caméras, afin de repérer les mouvements des migrants illégaux.

Le président élu Joe Biden a assuré qu'il n'y aurait "pas un kilomètre de plus construit" sous son mandat. Toutefois, il n'a pas précisé s'il interromprait ou non les chantiers déjà engagés.

Le Pentagone à octroyé 10 milliards de dollars pour le projet

Le Congrès a débloqué plus de 5 milliards de dollars depuis 2016 pour financer ce mur, toutefois, les démocrates, qui ont repris le contrôle de la Chambre des représentants à mi-mandat, n'ont pas voulu consacrer davantage de fonds à ce projet. Ce désaccord avait alors provoqué un shutdown de 35 jours au tournant de 2018-2019, un record. Finalement, le milliardaire républicain a puisé directement dans les réserves du Pentagone. Au total, le ministère de la Défense aura alloué près de 10 milliards de dollars pour le mur.

Un mur efficace selon le ministère de la Sécurité intérieure, qui s'est félicité de son efficacité : "Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le trafic de drogue, les franchissements de frontière et la contrebande ont diminué dans les zones où les barrières existent", assurait-il en octobre. Après un pic en 2019, les arrestations à la frontière ont effectivement chuté en 2020, néanmoins, il est difficile de savoir si c'est dû à la palissade, aux autres restrictions migratoires ou encore à la pandémie de Covid-19.

Concernant le trafic de drogues, les experts indiquent qu'il transite majoritairement par les points d'entrée officiels que sont les ports, les aéroports ou encore les postes-frontières. Toutefois, le mur a poussé les trafiquants à emprunter des voies d'accès plus facilement repérables telles que des tunnels ou des bateaux au large de la Californie du Sud.

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