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Iran : la police disperse une manifestation étudiante à Téhéran

La police a dispersé ce samedi 11 janvier des étudiants lors d'un rassemblement à Téhéran à la mémoire des victimes décédées à bord du Boeing ukrainien abattu mercredi "par erreur" par l'Iran.

Selon la télévision d'Etat, les étudiants ont scandé des "slogans antirégime".
Selon la télévision d'Etat, les étudiants ont scandé des "slogans antirégime". Crédit : Atta KENARE / AFP
Charles Deluermoz et AFP

Les slogans étaient "destructeurs" et "radicaux" selon l'agence de presse iranienne Fars, proche des ultraconservateurs. Ce samedi 11 janvier, la police iranienne a dispersé des étudiants qui participaient à Téhéran à un rassemblement à la mémoire des victimes qui se trouvaient à bord du Boeing ukrainien abattu mercredi "par erreur" par l'Iran.

Selon des journalistes de l'AFP sur place, plusieurs centaines d'étudiants se sont rassemblés en début de soirée en réponse à une invitation à honorer les victimes de cette catastrophe qui a fait 176 morts, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, dont des binationaux.

Le rassemblement, à la prestigieuse université Amir Kabir de Téhéran, s'est transformé en manifestation de colère. La foule a lancé des slogans dénonçant "les menteurs" et réclamant des poursuites contre les responsables du drame et ceux qui, selon les manifestants, ont tenté de le couvrir. Selon une journaliste du New York Times présente sur place, les manifestants aurait qualifié le Guide de la Révolution, Ali Khamenei, de "meurtrier".

L'Iran a reconnu samedi avoir abattu "par erreur" à l'aide d'un missile le vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines peu après son décollage de Téhéran alors qu'il avait jusque-là fermement démenti l'hypothèse d'un tir de missile évoquée dès mercredi par le Canada.

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Selon Fars, les étudiants en colère ont déchiré une des nombreuses affiches en l'honneur du général iranien Qassem Soleimanitué le 3 janvier dans une attaque de drone américaine à Bagdad. Pour la République islamique d'Iran, ce chef de la Force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution (l'armée idéologique iranienne), fait figure de "martyr vivant" et de héros.

La police "a dispersé" les étudiants lorsqu'ils sont sortis de l'université et ont commencé à "bloquer la rue et créer un embouteillage", a indiqué Fars. Fait extrêmement rare, la télévision d'Etat a fait mention de cette manifestation à l'antenne, et relevé que les étudiants avaient scandé des "slogans antirégime".

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