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La militante pour les droits des femmes Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, arrêtée en Iran

La militante iranienne, déjà emprisonnée à plusieurs reprises dans son pays pour des délits d’opinions, a été interpellée de nouveau ce vendredi 12 décembre, selon son comité de soutien.

La militante iranienne Narges Mohammadi

Crédit : NARGES MOHAMMADI FOUNDATION / AFP

AFP - édité par Gabriel Joly

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Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté "violemment" vendredi 12 décembre la lauréate du prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, lors d'une cérémonie en mémoire d'un avocat décédé ont annoncé son comité de soutien et sa famille.

"La Fondation Narges Mohammadi a dit avoir reçu des informations crédibles selon lesquelles Narges Mohammadi a été violemment interpellée par les forces de sécurité et de police il y a environ une heure, lors de la cérémonie du septième jour en mémoire de Khosrow Alikordi", a écrit le comité sur le réseau X.

Son avocate française, Me Chirine Ardakani, a également confirmé l'information à l'AFP, tout comme son mari Taghi Rahmani, basé à Paris, qui a également indiqué sur X qu'elle avait été arrêtée lors de cette cérémonie dans la ville orientale de Mashad. Au moins huit autres personnes ont arrêtées avec elle, dont une autre célèbre militante, Sepideh Gholian, avec qui elle a été emprisonnée par le passé. 

En liberté provisoire depuis décembre 2024 pour raison de santé

Narges Mohammadi 53 ans, maintes fois condamnée et emprisonnée, a été récompensée en 2023 pour "son combat contre l'oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits de l'homme et de la liberté pour tous" et était en liberté provisoire depuis décembre 2024 pour raison de santé. Selon un de ses frères, Hamid Mohammadi, qui vit à Oslo, a été "frappée aux jambes et saisie par les cheveux".

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Lors de ses précédents passages en prison "elle a eu beaucoup de complications : ses poumons, son cœur, elle a subi plusieurs opérations", a-t-il dit à l'AFP. "Je ne suis pas inquiet qu'elle ait été arrêtée. Elle l'a été à de multiples reprises, mais ce qui m'inquiète le plus c'est qu'ils mettent sous pression son état physique et psychologique", a-t-il ajouté.

Khosrow Alikordi, 45 ans, était un avocat qui avait notamment défendu des personnes arrêtées lors de la répression des manifestations de 2022. Son corps a été retrouvé le 5 décembre, et des groupes de défense des droits humains ont réclamé une enquête sur sa mort, l'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, affirmant qu'il y avait "de très sérieux soupçons d'un meurtre d'État".

Soutien de Masha Amini

Narges Mohammadi avait soutenu avec force les manifestations de 2022-2023 déclenchées par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune kurde iranienne de 22 ans, arrêtée par la police des mœurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique, imposant notamment aux femmes le port du voile en public. Ce mouvement avait ébranlé les autorités religieuses iraniennes.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a publié des images de Narges Mohammadi assistant vendredi à la cérémonie aux côtés d'une foule d'autres soutiens, sans porter le voile. HRANA a indiqué qu'ils scandaient des slogans tels que "Vive l'Iran", "Nous luttons, nous mourons, nous n'acceptons aucune humiliation" et "Mort au dictateur", lors de la cérémonie qui, conformément à la tradition islamique, marquait sept jours depuis la mort de Khosrow Alikordi.
D'autres images diffusées par des chaînes de télévision en langue persane basées hors d'Iran ont montré Narges Mohammadi grimpant sur un véhicule et encourageant les gens à scander des slogans. 

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