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Donald Trump et Benyamin Netanyahou (image d'illustration)
Crédit : Montage RTL/AFP
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Le 28 février 2026, Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont lancé ensemble une campagne militaire visant les infrastructures militaires iraniennes, ses programmes de missiles et ses capacités nucléaires. En représailles, l'Iran a mené des frappes dans les pays du Golfe disposant de bases américaines. Le conflit a rapidement pris une dimension régionale.
L'Iran a également menacé de s'en prendre à tous les navires qui tenteraient de traverser le détroit d'Ormuz paralysant ainsi le trafic maritime. Le possible déploiement de mines maritimes par Téhéran dans la zone inquiète les États-Unis et la communauté internationale.
Quatorze jours après le début des hostilités, les frappes continuent de s'intensifier à Téhéran mais également dans les pays du Golfe. En Irak, dans la nuit de jeudi à vendredi 13 mars, un militaire français a perdu la vie dans une frappe de drone.
Ce qui devait être initialement une opération rapide semble s’enliser désormais dans un conflit plus long. Selon plusieurs experts, plus le conflit se prolonge, plus les objectifs de Donald Trump et Benjamin Netanyahu semblent s’éloigner.
Officiellement, les États-Unis et Israël mettent en avant un but commun : affaiblir durablement les capacités militaires de l'Iran. Les frappes ont visé en priorité les bases de missiles et les installations liées au programme nucléaire. Dimanche 8 mars, Donald Trump a lui-même affirmé au Times of Israël que toute décision sur la fin de la guerre serait prise "mutuellement" avec Netanyahu. "Nous avons discuté. Je prendrai une décision au moment opportun, mais tout sera pris en considération", a-t-il précisé.
Selon l'ambassadeur d'Israël en France, invité sur RTL le 2 mars, l’objectif d’Israël est de "nous débarrasser des capacités résiduelles nucléaires que les Iraniens avaient après la guerre des 12 jours" mais aussi de "continuer à nous débarrasser de leurs capacités balistiques". Il a également précisé que l'État hébreu souhaitait "aider les Iraniens à se débarrasser de ce fléau qui est le régime islamiste d’Iran".
Plus largement, l’objectif israélien serait de pouvoir "vivre en paix dans notre petit coin du Moyen-Orient".
La position américaine apparaît, elle, plus ambiguë. L’administration Trump a parfois évoqué l’idée d’un changement de régime à Téhéran, tout en affirmant à d’autres moments que ce n’était pas le but officiel de l’opération. Dans le même temps, le locataire de la Maison-Blanche a déclaré que la guerre pourrait s’arrêter "à tout moment" si les objectifs militaires étaient atteints. "Ce fut seulement une excursion, c'est quelque chose que nous devions faire. Nous sommes sur le point d'avoir fini", a assuré le président américain lundi 9 mars.
Benjamin Netanyahu adopte de son côté un ton beaucoup plus offensif. Ce dernier a affirmé ce mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien depuis le début de l'offensive menée conjointement avec les États-Unis. "Notre aspiration est de libérer le peuple iranien du joug de la tyrannie (...) Et nous n'en avons pas fini", a assuré le Premier ministre israélien.
Jeudi 12 mars, le président américain a affirmé qu'il était "beaucoup plus important" à ses yeux "d'empêcher un empire du mal, l'Iran, de se doter d'armes nucléaires et de détruire le Moyen-Orient, voire le monde entier", a écrit le chef de l'État, sur sa plateforme Truth Social.
Les États-Unis auraient pu se contenter d’un changement partiel au sommet du régime iranien, en favorisant l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant plus conciliant et aligné sur les attentes de Donald Trump, à l’instar de la stratégie adoptée au Venezuela.
Cette perspective a d'ailleurs créé "un grand point de tension entre Israéliens et Américains", souligne sur France Culture, Yasmina Asrarguis, spécialiste du Moyen-Orient et chercheuse associée à l'université de Princeton. Elle rapporte que Netanyahu a contacté Donald Trump pour s’assurer qu’il n’était pas en train de mener "des négociations secrètes avec certains membres du régime actuel". La confiance entre les deux alliés apparaît donc fragilisée.
La récente désignation de Mojtaba Khamenei comme guide suprême a mis à mal la stratégie américaine. Selon les services de renseignement américains, malgré les bombardements et les frappes ciblées contre les dirigeants iraniens, le régime ne semble pas menacé d’effondrement à court terme. "Plus la guerre va durer, plus cela va créer des interstices entre Israël et les États-Unis", a assuré Vali Nasr, professeur à la Johns Hopkins University, lors d'une conférence organisée par Chatham House, indique Les Échos. Tandis que Donald Trump cherche à mettre rapidement un terme au conflit, Benyamin Netanyahu vise, lui, la chute durable du régime des mollahs.
La question du détroit d'Ormuz reste un point de blocage majeur dans le conflit. Tant que cette zone stratégique, essentielle pour le transit du pétrole mondial, n’est pas sécurisée, Donald Trump ne dispose pas de la marge de manœuvre nécessaire pour clore les opérations militaires. Cette incertitude pèse lourdement sur la capacité des États-Unis à mettre un terme à une guerre qui s’avère déjà particulièrement coûteuse, tant sur le plan humain qu’économique.
Pour Israël, cette guerre d’usure représente une chance de renverser le régime iranien, tandis que pour Donald Trump, il s’agit désormais avant tout d’un conflit onéreux dont il cherche à sortir sous la pression de sa base MAGA. La première semaine de la guerre contre l'Iran a coûté plus de 11,3 milliards de dollars aux États-Unis, selon un briefing des membres du Congrès par le Pentagone, rapporte le New York Times, confirmé par ABC News. Selon le quotidien, ce chiffre exclut de nombreux coûts liés à la préparation des frappes, laissant penser que le montant final pourrait être bien plus élevé.
Les États-Unis "n'ont pas de stratégie de sortie", assure de son côté Beth Sanner, chercheur en résidence au German Marshall Fund. Le président américain pourrait lui-même décréter "sa victoire" à tout moment.
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