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Guerre en Iran : pourquoi l'île de Kharg, hub stratégique du pétrole iranien, fait trembler les marchés mondiaux

Située dans le Golfe persique, l'île de Kharg et ses 25 km² sont quasi exclusivement consacrés à la principale richesse du pays, le pétrole. Une attaque sur ce territoire stratégique pourrait provoquer une escalade majeure du conflit.

L'île iranienne de Kharg, photographiée le 2 mars 2026

Crédit : EUROPEAN SPACE AGENCY / AFP

Kharg, l'île iranienne qui fait trembler les marchés pétroliers mondiaux

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Juliette Vignaud

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Il s'agit de l'île la plus sensible pour l'économie iranienne. Et pourtant, elle est encore épargnée par les armées américaine et israélienne. Située dans le golfe persique, l'île de Kharg - un confetti de 25 km² - abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran et concentre, à elle seule, 90% des exportations d'or noir du pays.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le terminal n'a jamais cessé de fonctionner, alors que l'économie mondiale tourne au ralenti en raison du blocage du détroit d'Ormuz. 

Cette petite bande de terre broussailleuse de seulement 6 km de long - située au nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes - collecte le pétrole acheminé par oléoduc depuis les plus grands champs pétrolifères iraniens. Sa capacité de stockage est estimée à environ 30 millions de barils et, selon Kpler, environ 18 millions de barils de pétrole brut sont actuellement stockés sur l'île, ce qui équivaut à environ 10 à 12 jours d'exportations dans des conditions normales. 

L'île de Kharg apparait donc vitale pour les Gardiens de la révolution, bras armé de Téhéran. Selon les spécialistes énergétiques, ce hub pétrolier rapporte environ 50 milliards de dollars et finance ainsi l'appui militaire du régime. "Les infrastructures pétrolières de l'île de Kharg sont les plus vitales du système énergétique de l'Iran et leur fonctionnement continu est essentiel pour l'économie iranienne", indiquait une note interne de la CIA en 1984 et déclassifiée en 2010.

Attaquer ce territoire est risqué

Selon Reuters, l'éventualité d'une prise de l'île est discutée à Washington depuis la crise des otages de 1979, année de la fondation de la République islamique. À l'époque, le président américain Jimmy Carter a choisi d'imposer des sanctions à l'Iran. Son successeur, Ronald Reagan, durant la guerre des pétroliers Iran-Irak des années 1980, a privilégié la protection de la navigation et le ciblage des navires, laissant Kharg intacte.

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Sa prise de contrôle serait désormais envisagée par les États-Unis et Israël. Selon le média Axios, qui cite des responsables américains, les deux puissances se sont interrogées sur la question de "s'emparer" du territoire. Des affirmations balayées par la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt.

L'enjeu est considérable. La plupart des côtes iraniennes sont entourées d'eaux peu profondes, ce qui empêche les navires de s'en approcher. Kharg est donc le site pétrolier clef de l'Iran et sa chute priverait le régime de sa principale source de revenus. Attaquer ce territoire pourrait avoir des répercussions immédiates et provoquer une escalade majeure du conflit. 

La crainte d'un nouveau choc pétrolier

En plus du risque de représailles de l'Iran contre des infrastructures pétrolières des autres pays du Golfe ou dans le détroit d'Ormuz, un nouveau choc pétrolier est à craindre. Toute perturbation concernant le pétrole, matière première, affecterait les prix à l'échelle mondiale. 

Selon des analystes, le tarif du baril, qui a déjà brièvement dépassé la barre des 120 dollars, pourrait grimper bien plus haut. "Une frappe directe interromprait immédiatement l'essentiel des exportations de brut iranien, ce qui déclencherait probablement de sévères représailles dans le détroit d'Ormuz ou contre les infrastructures énergétiques régionales", avertit une note de JP Morgan, relayée par Reuters. 

Cibler l'île serait "une démarche très risquée", déclare à l'Agence France-Presse (AFP) Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute for Near East Policy. Le régime iranien pourrait "infliger beaucoup plus de dégâts aux installations pétrolières et gazières du Golfe s'il le souhaite, et il peut le faire rapidement". 

L'Iran - quatrième producteur de brut au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole - a prévenu que toute attaque contre ses infrastructures ferait l'objet d'une riposte "œil pour œil". "Nous abandonnerons toute retenue" et "ferons couler le sang des envahisseurs" dans le Golfe, a-t-il averti.

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