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Donald Trump, le 9 mars 2026 à Miami
Crédit : SAUL LOEB / AFP
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L’Iran a assuré mercredi 11 mars être prêt à mener une guerre longue face aux États-Unis et à Israël, douze jours après le début des attaques contre son territoire.
À Washington, Donald Trump a affirmé que Téhéran était "proche de la défaite", au terme d’une journée marquée par des messages contradictoires sur l’issue du conflit. Le président américain a d’abord assuré que la guerre allait se terminer "bientôt", estimant qu’il ne restait "pratiquement rien à frapper" et que l’opération militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier.
Mais lors d’un meeting dans le Kentucky, il a ensuite tempéré ce discours : "Nous ne voulons pas partir avant l’heure, n’est-ce pas ? Nous devons finir le boulot, non ?", sans préciser quels objectifs restaient à atteindre.
Selon le New York Times, la première semaine du conflit aurait déjà coûté plus de 11 milliards de dollars aux États-Unis. De son côté, Israël affirme ne s’être fixé "aucune limite dans le temps" et disposer encore d’un "vaste réservoir de cibles".
Les Gardiens de la Révolution iraniens disent eux aussi se préparer à une campagne prolongée. L’un de leurs responsables, Ali Fadavi, a évoqué une "guerre d’usure" destinée à forcer Washington à se retirer, menaçant même de "détruire l’économie américaine entière" et "l’économie mondiale".
Le conflit fait craindre une perturbation majeure de l’approvisionnement énergétique mondial. Le trafic est fortement perturbé dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite habituellement environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Téhéran affirme avoir frappé deux navires dans cette zone. Donald Trump assure néanmoins qu’une « grande sécurité » y régnera bientôt et affirme que les forces américaines ont détruit "28 navires poseurs de mines", alors que la communauté internationale redoute que le détroit soit miné.
Dans les États du Golfe, les frappes de représailles iraniennes se multiplient. À Dubaï, la banque américaine Citi ainsi que les cabinets de conseil Deloitte et PwC ont fermé ou évacué leurs bureaux après des menaces. Deux drones se sont écrasés près de l’aéroport, blessant quatre personnes.
Des réservoirs de carburant ont également été touchés à Oman et un champ pétrolier visé en Arabie saoudite. Face à l’escalade, le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé « la cessation immédiate » des attaques iraniennes.
La guerre pèse déjà sur les marchés énergétiques. Les États-Unis ont annoncé puiser dans leurs réserves stratégiques afin de tenter de faire baisser les prix.
Le ministre de l’Énergie Chris Wright a précisé que 172 millions de barils seraient libérés à partir de la semaine suivante. Plus tôt, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avaient décidé un déblocage record de 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques.
Ces annonces n’ont toutefois pas suffi à rassurer les marchés. Vers 23h45 GMT, le baril de WTI, référence américaine, bondissait encore de 7.70%, à 93,87 dollars. La hausse se répercute déjà loin du théâtre des opérations : la Grèce a par exemple décidé de plafonner les marges sur les carburants.
Le conflit touche désormais directement les infrastructures énergétiques et maritimes. Selon des décomptes de l’AFP, des sites énergétiques iraniens ont été frappés à treize reprises par les États-Unis et Israël, tandis qu’au moins 25 attaques iraniennes ont visé des installations américaines dans la région.
Les ports pourraient également devenir des cibles. L’armée américaine a appelé les civils iraniens à s’éloigner des installations portuaires proches du détroit d’Ormuz, estimant que celles-ci pourraient perdre leur statut protégé si elles étaient utilisées à des fins militaires.
Téhéran a répliqué que toute attaque entraînerait la transformation de "tous les ports et quais de la région" en "cibles légitimes".
Dans ce contexte tendu, deux pétroliers ont été attaqués jeudi dans le Golfe au large de l’Irak. L’origine de l’attaque reste inconnue mais au moins une personne a été tuée et plusieurs marins sont portés disparus. Des images diffusées par la télévision iranienne montrent un navire en flammes, avec d’importantes boules de feu s’élevant au-dessus de la mer.
Israël poursuit parallèlement ses attaques contre le Hezbollah au Liban. De lourdes frappes ont visé le sud de Beyrouth mercredi 11 mars au soir. Les autorités libanaises font état de plus de 800.000 déplacés depuis le début des combats et ont annoncé au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.
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