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Une personne remplit sa voiture de carburant dans une station-service (photo d'illustration).
Crédit : Elodie CLEMENT / AFP
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Un gros flop ? Le cours du pétrole a pris 7% ce jeudi 12 mars au matin, après avoir grimpé de 5% la veille, juste après l’annonce du déblocage des stocks stratégiques. Le prix du baril de pétrole est repassé au dessus des 100 dollars.
C'est l'attaque de trois navires cette nuit, dont deux pétroliers, qui a provoqué cette reprise. La persistance du blocage du détroit d’Ormuz inquiète de plus en plus les marchés mondiaux du pétrole.
Le déblocage de ces stocks n’a pas eu l’effet psychologique escompté, bien qu'il soit le plus important jamais opéré par près de trente pays de l’Agence internationale de l’énergie (400 millions de barils libérés). Cela représente quatre jours de consommation mondiale, ou bien la quantité qui transite par Ormuz en temps normal sur 20 jours. Ce n’est pas négligeable.
L’objectif est de parvenir à faire baisser les prix en calmant les inquiétudes, en alimentant un marché actuellement dominé par la peur de manquer, même s’il n’y a guère de manques physiques en ce moment.
Concrètement, il s’agit simplement d’augmenter l’offre face à une demande qu’on ne peut pas faire baisser, sans casser la croissance économique mondiale. Le paradoxe est que ce mercredi 11 mars, l'inverse s'est produit. Cela a donné un signal de plus de la gravité de la crise.
En réalité, cette libération de stocks ne fonctionne pas comme un robinet qu’on ouvre et qui a un effet immédiat. Ces barils sont répartis dans d’innombrables lieux. La France compte à elle seule plus de 80 sites de stockage répartis sur son territoire. On retrouve pour l'essentiel des dépôts commerciaux, même si une bonne partie se trouve dans des cavernes à Manosque.
Imaginez l’opération logistique considérable qu’il va falloir mener dans plus de trente pays. Cela devrait prendre des jours ! Toutes ces difficultés techniques laissent penser qu’il n’y aura pas plus de 3 millions de barils par jour arrivant sur le marché. Une estimation très inférieure par rapport au transit quotidien via Ormuz en temps normal.
Il faudra également coordonner la nature des produits relâchés (pétrole brut ou un certain carburant) et s’assurer que ces barils ne soient pas stockés à nouveau par des pays qui voudraient se prémunir davantage contre la pénurie. L'équation n'est pas si simple.
En réalité, la raison principale de la persistance de l’inquiétude tient à la situation militaire. Avec les nouvelles attaques et la perspective de voir le détroit miné, le monde prend peu à peu conscience d’une réalité désagréable : il n’y aura pas de déblocage du précieux détroit pétrolier tant que le régime des mollahs ne sera pas tombé.
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