2 min de lecture

"L'effet inverse s'est produit" : François Lenglet explique pourquoi le prix du pétrole est en hausse malgré la libération de 400 millions de barils par 32 pays

La libération de millions de barils par les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dont la France, n'a pas encore atténué la perturbation des approvisionnements au Moyen-Orient. Le cours du pétrole est reparti à la hausse ce jeudi 12 mars.

Une personne remplit sa voiture de carburant dans une station-service (photo d'illustration).

Crédit : Elodie CLEMENT / AFP

Les 400 millions de barils sortis des stocks stratégiques peuvent-ils vraiment faire baisser les prix des carburants ?

00:03:11

Les 400 millions de barils sortis des stocks stratégiques peuvent-ils vraiment faire baisser les prix des carburants ?

00:03:12

François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

Un gros flop ? Le cours du pétrole a pris 7% ce jeudi 12 mars au matin, après avoir grimpé de 5% la veille, juste après l’annonce du déblocage des stocks stratégiques. Le prix du baril de pétrole est repassé au dessus des 100 dollars.


C'est l'attaque de trois navires cette nuit, dont deux pétroliers, qui a provoqué cette reprise. La persistance du blocage du détroit d’Ormuz inquiète de plus en plus les marchés mondiaux du pétrole.

Le déblocage de ces stocks n’a pas eu l’effet psychologique escompté, bien qu'il soit le plus important jamais opéré par près de trente pays de l’Agence internationale de l’énergie (400 millions de barils libérés). Cela représente quatre jours de consommation mondiale, ou bien la quantité qui transite par Ormuz en temps normal sur 20 jours. Ce n’est pas négligeable.

Marché dominé par la peur de manquer

L’objectif est de parvenir à faire baisser les prix en calmant les inquiétudes, en alimentant un marché actuellement dominé par la peur de manquer, même s’il n’y a guère de manques physiques en ce moment.

À écouter aussi

Concrètement, il s’agit simplement d’augmenter l’offre face à une demande qu’on ne peut pas faire baisser, sans casser la croissance économique mondiale. Le paradoxe est que ce mercredi 11 mars, l'inverse s'est produit. Cela a donné un signal de plus de la gravité de la crise.


En réalité, cette libération de stocks ne fonctionne pas comme un robinet qu’on ouvre et qui a un effet immédiat. Ces barils sont répartis dans d’innombrables lieux. La France compte à elle seule plus de 80 sites de stockage répartis sur son territoire. On retrouve pour l'essentiel des dépôts commerciaux, même si une bonne partie se trouve dans des cavernes à Manosque. 

Une opération de plusieurs jours

Imaginez l’opération logistique considérable qu’il va falloir mener dans plus de trente pays. Cela devrait prendre des jours ! Toutes ces difficultés techniques laissent penser qu’il n’y aura pas plus de 3 millions de barils par jour arrivant sur le marché. Une estimation très inférieure par rapport au transit quotidien via Ormuz en temps normal.

Il faudra également coordonner la nature des produits relâchés (pétrole brut ou un certain carburant) et s’assurer que ces barils ne soient pas stockés à nouveau par des pays qui voudraient se prémunir davantage contre la pénurie. L'équation n'est pas si simple.

En réalité, la raison principale de la persistance de l’inquiétude tient à la situation militaire. Avec les nouvelles attaques et la perspective de voir le détroit miné, le monde prend peu à peu conscience d’une réalité désagréable : il n’y aura pas de déblocage du précieux détroit pétrolier tant que le régime des mollahs ne sera pas tombé.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée