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États-Unis : pourquoi des ouvriers Amazon ont-ils refusé la création d'un syndicat ?

Les ouvriers d'un entrepôt Amazon en Alabama ont voté "non" à une large majorité à la création d’un syndicat. Ça aurait été une première pour le géant du e-commerce.

Une enseigne Amazon (illustration)
Une enseigne Amazon (illustration)
Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
États-Unis : pourquoi des ouvriers Amazon ont-ils refusé la création d'un syndicat ?
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Saison 2 - 25. Vers un nouveau modèle social pour les géants du e-commerce ?
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Lionel Gendron

Vendredi dernier avait lieu un vote qualifié d’historique en Alabama. Les ouvriers d'un entrepôt Amazon ont voté la création d'un syndicat au sein d'un entrepôt. Mais le non l'a emporté vendredi 9 avril. La défaite est assez large puisqu’il y a eu 1.800 votes contre la création de ce syndicat et 740 pour. Une déception pour les représentants syndicaux nationaux.

Ça avait lieu dans un entrepôt de la ville Bessemer. Cet entrepôt a été créé au début de la pandémie pour faire face à la demande. Des parlementaires ont pris position pour les syndicalistes. L’ancien candidat à la Maison Blanche Bernie Sanders s’est rendu sur place ainsi que des artistes, comme Dany Glover. Des joueurs de football américain soutenaient également le syndicat.

Ça a été une longue bataille. Le syndicat national de la distribution avait remporté une première victoire en réunissant suffisamment de signature pour organiser un vote. Et c’est à partir de ce moment-là que le mouvement a pris une dimension nationale. Ça a été un duel épique : les syndicalistes ont démarché les employés à l’entrée de l’entrepôt nuit et jour. De son côté la direction d’Amazon envoyait des mails de textos et aurait organisé des réunions d’information dans l’entrepôt pour faire valoir ses arguments.

Ce que dénoncent les pro-syndicats

Les salariés favorables à la création d’un syndicat se plaignent de la cadence infernaleà peine le temps d’aller aux toilettes ou de manger, des précautions sanitaires insuffisante en raison de l’épidémie, et des salaires qui mériteraient d’être réévalués en fonction de la charge de travail.

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Sur l’argument de la pause pour aller aux toilettes, un parlementaire a interpellé la semaine dernière Amazon sur ce problème, en disant que c’était scandaleux. Ce à quoi la direction a répondu : si c’était le cas, personne ne travaillerait chez nous. Une réaction péremptoire qui n’a pas beaucoup plu, d’autant qu’il a été prouvé que ça pouvait arriver, notamment pour les livreurs.

Pour revenir à la création du syndicat, Amazon rappelle que le salaire minimum est à 15 $ de l’heure, c’est-à-dire le double du salaire minimum dans l’Alabama. L’entreprise propose une couverture santé et des congés parentaux. La direction estime que les syndicats perturberaient les relations entre employeurs et salariés.

Le début d'un changement dans les entreprises

Même s’ils ont perdu, les syndicalistes estiment que ce vote en Alabama est le début d’un changement dans les grands entreprises de la nouvelle économie. Car c’est un pas vers la vers la syndicalisation d’une partie de l’économie numérique aux États-Unis. Même Joe Biden s'y est intéressé. Il a appelé globalement les salariés de grandes entreprises à se syndiquer. D’ailleurs, au mois de janvier des salariés de Google ont annoncé la création d’un syndicat après le licenciement de salariés qui s’étaient penchés sur les questions d’éthique liée à l’intelligence artificielle.

Dans le cas d’Amazon, les syndicats promettent de ne pas laisser le géant s'en tirer à si bon compte et annoncent même un dépôt de plainte, estimant qu’il y a eu des pressions. Mais Amazon a du poids et encore plus depuis la pandémie. Le secteur de la livraison s’est développé de façon exponentielle et s'est mis à embaucher massivement. L'entreprise compte près d'1,3 million d'employés.

D’un côté, des salariés n’ont pas envie de perdre leur emploi, en pleine crise économique. De l’autre, certains pensent qu'Amazon devrait faire profiter encore plus ses salariés de son incroyable succès. Bernie Sanders a rappelé qu’en Europe, les syndicats parvenaient à discuter avec la direction, et qu’il n’y a donc pas de raison que ce soit impossible aux États-Unis

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