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Vaccin Johnson & Johnson : que sait-on des 15 millions de doses gâchées par erreur ?

Selon une enquête, ce n'est pas la première fois que l'usine Emergent doit sacrifier de nombreuses doses de vaccin en raison d'une erreur.

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Johnson & Johnson : que sait-on des 15 millions de doses gâchées par erreur ? Crédit Image : MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Lionel Gendron édité par Marie Gingault

La semaine dernière nous évoquions une incroyable erreur dans une usine de Baltimore qui a conduit à la perte de 15 millions de doses de vaccin Johnson & Johnson. Une information révélée par le New York Times qui pousse aujourd’hui son enquête et met en lumière des méthodes très limites. De quoi inquiéter pour d’autres doses de vaccin.

"Emergent" est une entreprise spécialisée dans la production de vaccins. Dans son usine de Baltimore, elle fabrique les vaccins de Johnson & Johnson et AstraZeneca : les technologies sont similaires, via un vecteur viral qui une fois dans notre corps va attaquer le virus. En février, des employés ont, sans s’en rendre compte, contaminé le vecteur viral de Johnson & Johnson avec celui d'AstraZeneca.

L'erreur a été réalisée lors de l'un des derniers contrôles avant la mise sur le marché : Johnson & Johnson échantillonne un lot de 13 à 15 millions de doses de vaccin pour en vérifier la pureté. Ce que le quotidien new-yorkais révèle en plus aujourd'hui, c’est qu’entre octobre et janvier, Emergent aurait jeté cinq lots de vaccins AstraZeneca (entre 10 et 15 millions de doses) en raison d'une autre suspicion de contamination.

De multiples erreurs ces derniers mois

De plus, au mois de novembre, la production d'un lot de vaccins de Johnson & Johnson a été abandonnée également : des ouvriers auraient "branché" la mauvaise conduite de gaz et ont accidentellement "étouffé" les cellules du virus du vaccin. Ce qui est inquiétant ce sont les multiples manquements et l’enchaînement des erreurs ces derniers mois. 

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Selon des rapports internes, Emergent aurait enchainé les lacunes sur les efforts de désinfection et de prévention de la contamination. Par exemple, un problème persistant de moisissures dans l'usine, or les moisissures peuvent contaminer une substance vaccinale par voie aérienne. Il y aurait également des problèmes de formation des employés.

À cause de l’épidémie, les visites se faisaient via vidéo et les travailleurs d'Emergent contrôlaient les angles de caméra, ainsi les contrôles ne sont pas forcément évidents. Il ne s'agit pas d'une petite entreprise, Emergent travaille avec le gouvernement depuis longtemps et a fabriqué des vaccins contre l'anthrax par exemple.

Quels risques pour la campagne de vaccination ?

Au début de l’épidémie, l’entreprise se retrouve en position de force. En effet, ils n’étaient pas nombreux à pouvoir fabriquer les vaccins aux États-Unis. Dès le mois de juin 2020, il y a eu des doutes sur les exigences en matière de vaccin contre la grippe. Mais l’entreprise a tout de même obtenu un contrat de 628 millions de dollars pour la fabrication des vaccins Covid-19. 

Toutefois, selon les spécialistes, ils n’étaient tout simplement pas prêts, et l'un d'eux a cette analogie : "C'est comme essayer de prendre le meilleur champagne de France et de le recréer dans certaines parties des États-Unis. Vous pourriez faire venir les raisins, mais c'est une science et un art".

Cette affaire risque d'avoir des conséquences sur la politique de vaccination aux États-Unis, avec des retards mécaniques : 15 millions de doses à la poubelle. De plus, chaque lot de vaccins Johnson & Johnson fabriqués dans l'usine doit être testé, soit 62 millions de doses au total, pour s'assurer qu'ils n'ont pas été également contaminés. En outre, 70 millions de doses supplémentaires de vaccins AstraZeneca devront également être testées, même si ce dernier n’est pas homologué par les autorités sanitaires américaines. 

Le gouvernement a multiplié les contrats et affirme ainsi que cela ne devrait pas retarder la politique vaccinale. Mais les experts craignent que cela ne joue sur la confiance de celles et ceux qui étaient déjà méfiants par rapport au vaccin.

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