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États-Unis : le périple de Pascual, venu du Guatemala et séparé de sa famille pendant 2 ans

Pascual, 8 ans, fait partie de ces enfants qui ont passé la frontière. Deux ans plus tard, il va pouvoir rentrer chez lui.

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États-Unis : le périple de Pascual, venu du Guatemala et séparé de sa famille pendant 2 ans Crédit Image : GUILLERMO ARIAS / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Lionel Gendron édité par Jérémy Billault

Depuis plusieurs semaines, des milliers d’enfants affluent à la frontière sud des États-Unis.
Ils viennent d’Amérique centrale. Et parmi eux, il y a beaucoup de mineurs. Pour comprendre ce qui se passe, évoquons l’histoire d’un petit garçon de 9 ans, né au Guatemala, grâce à un remarquable reportage du Washington Post, qui commence à l’aéroport de Fort Lauderdale en Floride. 

Pascual, 9 ans s’apprête à rentrer au Guatemala. Il pleure parce qu’il quitte ses parents et frères d’adoption, mais il est heureux car il va retrouver ses parents biologiques. Pascual a grandi dans village de 60 maisons, en hauteur, près de la frontière mexicaine. Il aide ses parents à cueillir des citrons. Il a un frère et une sœur plus petits.

Au mois de mai 2019 un cousin, Marcos, vient les voir. Il a été arrêté alors qu’il tentait d’entrer illégalement aux États-Unis où vit déjà son père. Il demande au père de Pascual s’il peut emmener le petit garçon. Car il a entendu dire que la douane américaine le laisserait passer s’il était avec un enfant. En échange, il propose l’équivalent de 13 dollars aux parents.

Seul aux États-Unis

Les parents refusent dans un premier temps, mais le cousin insiste en disant que c’est sans la seule solution pour que leur fils ait un avenir décent. Le père cède, la mère suit, mais est effondrée le jour du départ de son fils. Deux bus et une moto plus tard il se retrouve à la frontière, passe à travers le trou d’un grillage, plonge dans le Colorado.

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Une fois arrivés sur l’autre rive, ils se rendent eux-mêmes aux agents de la police des frontières. Grâce à un faux certificat de naissance, indiquant que Marco est le père de Pascual. Et comme il déjà de la famille aux États-Unis, ils passent. Ce qui est déjà un exploit puisqu'on est dans les années Trump avec une politique migratoire restrictive.

Direction donc la Floride, mais c’est loin d’être une vie rêvée. Pascual ne va pas à l’école et son cousin revient souvent de son boulot sur les chantiers saoul et en colère. Et il frappe même le garçon. Heureusement les services sociaux ont été alertés.

En raison de ce signalement, Pascual est placé dans une famille et le cousin est expulsé.
Et quand il revient au village, au Guatemala, les parents du petit Pascual comprennent que leur fils, qui a à peine 8 ans, est désormais seul aux États-Unis. Heureusement, Pascual a enfin un peu de chance. La famille d’accueil s’occupe très bien de lui. Il s’entend bien avec ses frères et sœurs d’adoption, va à l’école et commence à parler anglais.

Un périple de deux ans

Et pendant ce temps, ses parents ont-ils des nouvelles de lui ? Ils ont réussi à contacter une association qui réunit enfants et parents séparés. Et puis, un jour de Noël, la famille de Floride reçoit un appel.
Pascual voit apparaître son père et sa mère. Ses derniers savent qu’ils ont fait une erreur, peu importe l’argent, leur fils doit rentrer

Après quelques rebondissements administratifs et judiciaires, un jour (on le voit sur une vidéo) la famille d’accueil apprend à Pascual qu’il va pouvoir rentrer. Il est fou de joie. Ses camarades de classe lui offrent un livre où ils lui disent qu’ils l’aiment et lui souhaitent bon courage.

Pratiquement deux ans après l’avoir laissé partir, sa famille retrouve Pascual. Il retrouve sa maison, qui est plutôt une cabane. C’est moins confortable mais c’est chez lui. Ce beau reportage racontait beaucoup mieux que toute statistique ces situations complexes et qui ont un dénominateur : ceux qui partent de chez eux ne le font jamais par plaisir.

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