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"De nombreux États ont instrumentalisé le coronavirus", selon Agnès Callamard

INVITÉE RTL - Agnès Callamard, la toute nouvelle secrétaire générale d'Amnesty International, publie ce 7 avril le rapport annuel de l'ONG sur les conséquences de la pandémie concernant les droits humains.

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Agnès Callamard était l'invitée de RTL du 7 avril 2021 Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : Alba Ventura | Durée : | Date : La page de l'émission
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Alba Ventura et Capucine Trollion

Ce 7 avril, Agnès Callamard, la toute nouvelle Secrétaire générale d'Amnesty International publie le rapport annuel de l'ONG. La nouveauté de ce rapport cette année, ce sont les conséquences de la pandémie sur les droits humains.

"La plupart des États ont utilisé ou instrumentalisé le coronavirus ou ont été incapables de gérer son impact sur les populations les plus vulnérables. Le coronavirus a amplifié les inégalités et les discriminations qui étaient déjà sur place", commence Agnès Callamard. 

"Les victimes premières de la Covid-19, on les a retrouvées parmi les populations les plus vulnérables : les personnes âgées, les groupes ethniques, les personnes qui à la fois étaient déjà vulnérables en raison de leur classe sociale et qui de plus ont été paupérisées par les mesures qui ont été prises", décrit-elle. "Ces mesures ont été prises sans prendre en compte la vulnérabilité de certains groupes. Par exemple, les femmes qui sont obligées de rester à la maison avec l'être qui les torture à un mètre d'elle. La majorité des États ont d'ailleurs eu une augmentation de la violence domestique", explique-t-elle encore. 

L'amplification de la répression

L'autre point que développe le rapport annuel d'Amnesty International, c'est l'amplification de la répression, "c'est-à-dire que de nombreux États ont instrumentalisé le coronavirus, soit pour assoir leur pouvoir, que ce soit dans les pays du Golfe, l'Inde, la Chine, et dans une autre mesure, des États en Occident qui ont cherché à proroger des états d'urgence de mois en mois et donc à normaliser les mesures exceptionnelles mises en place, des pouvoirs exceptionnels qui sont donnés à la police. Tout cela est un phénomène global", argumente Agnès Callamard. 

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Des pays se sont aussi servi du coronavirus pour "créer des lois sur la désinformation, sur la possibilité de manifester". "Certaines de ces lois peuvent être logiques dans un certain contexte, mais quand elles sont utilisées afin de mettre un terme à des droits qui sont légitimes et qui sont exprimés de façon légitime, ces lois-là ne le sont plus", détaille la Secrétaire générale d'Amnesty International. 

"La France, comme beaucoup de pays européens ou occidentaux, a prorogé des mesures d'urgence et les a mises en œuvre dans des contextes où ils n'étaient plus forcément demandés (...) les tribunaux français l'ont souvent mis en avant. On a peut-être un garde-fou en France qu'on n'a pas ailleurs", conclut Agnès Callamard. 

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