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Brexit : une semaine au pas de course pour Boris Johnson

Fort de sa majorité, Boris Johnson retourne devant le parlement vendredi 20 décembre pour faire voter son accord sur le Brexit. D’ici là, le programme s’annonce très chargé pour le Premier ministre britannique.

Boris Johnson, le 13 décembre 2019
Boris Johnson, le 13 décembre 2019 Crédit : Adrian DENNIS / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre Journaliste

Il n'y pas de temps à perdre pour Boris Johnson. Le Premier ministre britannique a commencé sa semaine post-triomphe électoral dans les starting-blocks. Grand vainqueur des législatives, il a annoncé dès ce lundi 16 décembre qu'il présentera de nouveau vendredi son accord de Brexit à la Chambre des communes, désormais majoritairement conservatrice.

Mais pour enfin parvenir au Brexit le 31 janvier prochain, il y a encore fort à faire. Boris Johnson a donc mis lundi ses troupes en ordre de bataille en vue d'une semaine décisive où le timing s'avère d'ores et déjà essentiel. 

Boris Johnson a également annoncé lundi la composition d'un gouvernement légèrement remanié. Nicky Morgan est renommée ministre de la Culture, un portefeuille auquel elle avait renoncé en décidant de ne pas se représenter comme députée -- mais elle est désormais membre de la Chambre des Lords. Simon Hart est le nouveau ministre chargé du Pays de Galles. 

Un remaniement du gouvernement plus important pourrait advenir après la date butoir du 31 janvier, une fois le Brexit assuré.

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Le chef du gouvernement doit aussi s'adresser aux 109 députés conservateurs nouvellement élus parmi les 365 sièges remportés par son parti pour les exhorter à se retrousser les manches et réaliser le Brexit.

Mais avant de s'y pencher complètement, la nouvelle Chambre des communes devra tout d'abord se réunir mardi afin d'élire le "speaker" (président) et sauf surprise reconduire le travailliste Lindsay Hoyle, élu un mois avant les élections législatives. Chacun des 650 députés jurera ensuite allégeance à la Couronne.

Boris Johnson pourra seulement alors décliner jeudi son programme législatif lors du traditionnel discours lu par Elizabeth II, 93 ans. Le dernier "discours de la reine" remontant à deux mois à peine et Noël approchant, le cérémonial d'habitude très chargé accompagnant cette cérémonie sera réduit.

Une adoption après les fêtes ?

L'adoption du texte sur le Brexit devrait s'achever après les fêtes, afin de permettre au Parlement européen de ratifier le texte. Une fois le Brexit réalisé sur le plan politique au 31 janvier, Londres et Bruxelles entameront d'âpres négociations pour parvenir à un accord commercial définissant leurs relations à l'issue d'une période de transition prévue jusqu'à fin 2020.

Boris Johnson assure qu'il y parviendra sans prolongation de ce délai. Mais il n'a pas expliqué quelle forme de relation, proche ou éloignée, il souhaitait avec les 27 membres de l'UE. Et plusieurs officiels européens ont déjà prévenu qu'un tel texte nécessiterait sans doute des années pour être préparé.

Un après Brexit explosif

Mais outre le Brexit, le Premier ministre a plusieurs dossiers brûlants qui l'attendent sur son bureau du 10 Downing street. Boris Johnson devrait par exemple annoncer jeudi, lors du "discours de la reine", une hausse du financement du service national de santé (NHS). Ce service gratuit, auquel les Britanniques sont très attachés, a subi de drastiques mesures d'austérité sous les gouvernements conservateurs depuis près de 10 ans.

Cependant, le Premier ministre a déjà exclu d'offrir à l'Écosse un deuxième référendum sur l'indépendance de la région, réclamé à cor et à cri par la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, forte du bon score aux législatives de son parti indépendantiste, le SNP. 

Le refus de Boris Johnson ne signe pas "la fin de l'affaire", a averti dimanche sur la BBC Nicola Sturgeon, soulignant que l'Écosse, qui avait voté à 62 % en 2016 pour rester dans l'Union européenne, "ne peut être enfermée dans le Royaume-Uni contre sa volonté".

Le Brexit change la donne également en Irlande du Nord, en première ligne de la crise du Brexit en raison de sa position géographique. Les Républicains, favorables à une réunification avec la République d'Irlande, ont remporté pour la première fois plus de sièges que les unionistes aux législatives de jeudi. L'après Brexit s'annonce déjà explosif sur le plan intérieur pour Boris Johnson.

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