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Relance économique : en quoi les plans d'aide américain et français diffèrent-ils ?

Faute d'accord avec les démocrates au Congrès américain, Donald Trump a annoncé ce samedi 8 août avoir pris plusieurs décrets pour prolonger et compléter certaines mesures du plan de relance économique. Un plan d'aide faramineux qui se distingue de celui français par bien des aspects.

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Relance économique : en quoi les plans d'aide américain et français diffèrent-ils ? Crédit Image : JIM WATSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Sarah Ugolini

Donald Trump a promulgué un nouveau plan d'aide ce week-end pour les États-Unis. Quatre décrets signés de la main du président américain, faute d'accord du Congrès américain. Moratoire sur les prêts étudiants et les expulsions locatives, baisse de cotisations pour les salariés et prolongation d'une indemnité chômage, le président américain a annoncé des mesures d’ampleur. 

En France, comme aux États-Unis, la relance passe par un effort considérable, mais c'est à l'échelle de nos économies bien sûr. En France, notre plan massif est de 100 milliards d'euros, mais on est dans une autre dimension de l'autre côté de l'Atlantique. Les décrets de ce week-end s'ajoutent à un plan faramineux lancé fin mars de 2.000 milliards de dollars.

À l'époque, le Congrès américain l'avait validé, ce qui n'est pas le cas du plan signé ce week-end par Donald Trump, mais ça n'a pas l'air de poser problème à Donald Trump. Ces deux plans sont radicalement différents. Dans les deux cas, il y a un soutien très fort aux entreprises avec des prêts aux PME, aux grands groupes et une enveloppe pour les services publics, mais cela s'arrête là.

Développer une indemnité chômage

La grosse différence, c'est le soutien aux populations. Côté français, le gouvernement veut tout faire pour éviter les licenciements pour que les salariés gardent leur travail. Aux États-Unis, pas du tout. Le choix a été fait de soutenir les millions d'Américains qui se font virer en développant une indemnité chômage. Il a été décidé de donner un gros chèque à beaucoup de monde : 1.200 dollars pour 150 millions de personnes. 

Pour les salariés, si vous êtes un tant soit peu attaché à votre travail, et à un minimum de stabilité, il vaut clairement mieux vivre en France. La méthode française est de préserver les emplois grâce au chômage partiel. Cela a plutôt bien fonctionné jusqu'à présent. L'économie a ralenti et il y a eu moins d'emplois dans les entreprises, mais pas de licenciements en masse, en tout cas pour l'instant. 

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Aux États-Unis, c'est pas du tout la même histoire. Les licenciements ont été massifs avec un taux de chômage monstre. En un mois, entre début mars et début avril, les États-Unis sont passés du plein emploi, à plus de 23 millions de personnes virées du jour au lendemain, même si ce taux de chômage est un petit peu redescendu aux dernières statistiques. 

Un système plus protecteur en France

En cas de chômage, c'est encore en France que le système est le plus protecteur. Pour résumer, vous touchez des indemnités jusqu'à deux, voire trois ans, si vous êtes senior. Vous avez droit en moyenne, d'après l'Unédic, à près des trois quarts de votre salaire perdu. Aux États-Unis, les indemnités de chômage prévues par l'État ne durent que jusqu'en décembre. Jusqu'à présent, l'allocation correspondait à 500 dollars par semaine. À partir d'août, il faut compter un chômage américain autour de 1.300 euros tous les mois.

Concernant les 1.200 dollars versés aux Américains, c'est un vrai plus pour les familles. Il y aura même peut-être un second gros chèque si le Congrès se met d'accord. Mais un chèque n'a jamais relancé une économie, ça soulage, c'est vital parfois, mais ça ne règle pas les problèmes de fond. Si l'emploi rebondit vite, si les entreprises rappellent leurs employés pour reprendre leur travail en septembre, la méthode américaine sera a posteriori justifiée. Vu la crise sanitaire et l'automne qui se profile, on en prend pas le chemin. 

Si la crise dure, on peut se dire qu'à l'heure actuelle, l'assurance chômage française est le meilleur airbag pour absorber un choc long de l'économie, au prix bien sûr d'une dette gigantesque, certains diront d'"un pognon de dingue". Il y a le risque d'être moins généreux plus tard car l'équilibre financier en dépendra, mais enfin quand on se compare, en termes de protection sociale, on est pas si mal lotis en France. 

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