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Réchauffement climatique : les assureurs vont devoir s'adapter

La multiplication des catastrophes naturelles va obliger les assureurs à revoir leurs méthodes de calcul, avec des franchises qui pourraient augmenter.

L'ouragan Hanna dans le Golfe du Mexique le 22 juin 2020.
L'ouragan Hanna dans le Golfe du Mexique le 22 juin 2020.
Crédit : Handout / RAMMB/NOAA/NESDIS / AFP
Le réchauffement climatique chamboule le monde de l'assurance
04:03
Martial You

Les orages et les coulées de boue du mois de juin dernier ont couté 550 millions d'euros aux assureurs. Et c'est beaucoup, car la région où il y a eu le plus de dégâts, c'est l'Île-de-France. Et forcément, vue la densité de population, l'urbanisation, les sinistres ont été plus lourds à indemniser. On avait vu les tarifs s'envoler en 2016 également lors des crues de la Seine avec une facture qui avait atteint 1,4 milliard d'euros.

Avec les catastrophes naturelles, les indemnisations deviennent de plus en plus chères pour les assureurs. Il y a une réalité incontestable, le réchauffement climatique provoque de plus en plus d'inondations, d'ouragans, de glissements de terrains dans le monde. Et ça va finir par poser le problème du modèle économique des assurances et notamment le fonctionnement du régime des catastrophes naturelles.

Il y a des stress tests qui ont été conduits par l'APCR, le régulateur des assureurs, et d'ici 2050, les sinistres climatiques pourraient être multipliés par 5. Pour vous donner une idée, en 2020, on a enregistré 980 catastrophes naturelles dans le monde qui ont couté 210 milliards de dollars aux assureurs. Je pense que la crise pandémique a servi d'électrochoc au monde de l'assurance, en général, et qu'il faut se poser les bonnes questions aujourd'hui.

Des catastrophes qui ne seront plus des catastrophes

Le régime de "Cat-Nat" (catastrophe naturelle) est un système de mutualisation. Chacun paie un petit pourcentage sur son contrat habitation, auto, responsabilité civile qui abonde le fonds de catastrophe naturelle. C'est lui qui va indemniser les particuliers en cas de problème lié à la nature. Et si la catastrophe est trop lourde, c'est l'État qui prend le relais. C'est plutôt équitable et ça marche depuis des années.

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Mais c'est un système (quand on regarde les modèles à 30 ans) qui est équilibré jusqu'en 2040. Ensuite, on ne sait pas. Ça pose de nombreuses questions et des choix qui s'annoncent difficiles. D'abord, quand une zone est inondée tous les ans, ce n'est plus un événement exceptionnel qui mérite d'être considéré comme une catastrophe. Donc, il faut que les politiques arrêtent de demander la procédure "Cat-Nat", même si c'est populaire.

Ça veut dire qu'il faut engager la responsabilité de ceux qui autorisent à construire dans des zones à risque. Ensuite, ça signifie aussi que tous les risques ne seront pas forcément assurables. Et là, vous avez le syndrome Covid qui va ressurgir du côté des assureurs. Couvrir l'intégralité de l'impact de la pandémie était insoutenable financièrement, mais refuser d'indemniser des commerçants/restaurateurs était intenable médiatiquement.

Mieux prévenir pour ne pas avoir à guérir

Pour autant, quand on regarde l'évolution des accidents climatiques dans le monde, on estime que les primes devraient augmenter de 130 à 200% dans les 30 ans... une hausse moyenne de 2,8 à 3,7% par an. Ce sera évidemment très compliqué à faire passer auprès des clients. La solution sera sans doute d'anticiper les sinistres. 

Dans les pays du sud, les pays pauvres, c'est là qu'il y a le plus de catastrophes climatiques : des ouragans, des tsunamis, des tremblements de terre. Dans ces pays-là, 60% des gens ne sont pas assurés. Donc, ça crée immédiatement un drame social, avec des gens dans la rue et des populations qui fuient leurs pays pour des raisons climatiques.

Jeudi, l'ONU a rendu une étude qui estime que si on investissait dans les outils météorologiques pour améliorer les alertes, les prévisions, et bien on pourrait sauver 23.000 vies par an en les évacuant avant un drame et ça permettrait d'économiser 137 milliards de dollars. Ça nous semble évident car nous avons Météo France, qui sont très performants au niveau des prévisions, mais en réalité il n'y a que 40% des pays dans le monde qui ont des services du niveau de Météo France. Le temps se dérègle, il est donc temps de changer les règles de calcul des sociétés d'assurances.

Le plus : coup de froid sur les bourses du monde

 L'ambiance s'est retournée en une semaine à cause du variant Delta. Peur du reconfinement et d'une croissance arrêtée, les bourses ont replongé. Paris a perdu 2% hier.

La note : 4/20 pour les retraités de demain

 4/20, ça correspond au nombre de Français qui accepteraient de travailler jusqu'à 64 ans. Ils sont même plus nombreux, 1/3, à vouloir partir plus tôt selon un sondage Elabe/Les Echos.

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