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Coronavirus : le bras de fer entre les assureurs et Bercy

Les assureurs devraient se mettre d'accord ce lundi avec Bruno Le Maire, concernant le gel du paiement des primes d'assurance des restaurateurs. Ils ne comptent toutefois pas céder au sujet des assurances auto.

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Coronavirus : le bras de fer entre les assureurs et Bercy Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Nicolas Barreiro

Les assureurs vont-ils payer ? Réponse ce lundi 7 décembre, à Bercy, où ils vont rencontrer Bruno Le Maire qui leur a mis la pression. Selon nos informations, les assureurs avaient cédé dimanche soir sur la demande principale qui était de geler le paiement des primes d'assurance des restaurateurs pour la période où ils sont obligés de rester fermés.

En revanche, l'autre demande qui consistait à faire un geste en direction des automobilistes sur leurs assurances ne devrait pas avoir lieu alors que les accidents de la route ont chuté suite aux périodes de confinement, de 11,3% selon la Sécurité Routière. L'UFC-Que Choisir a même estimé que les assureurs ont fait 2 milliards d'économies cette année sur ce dossier-là.

Les assureurs ont déjà été sollicités à hauteur de 3,8 milliards d'euros pour différents fonds d'aide, pour abonder le fonds de solidarité. 3,8 Milliards, c'est à peu près les bénéfices réalisés par les assureurs sur la branche "Dommages", c'est-à-dire la branche habitation/auto. Disons que, pour le coup, c'est objectivement compliqué de demander aux assureurs de payer pour le risque de pandémie qui n'était pas prévu dans les contrats et de rendre l'argent qu'ils ont gagné sur les accidents qui n'ont pas eu lieu.

La situation complexe des restaurateurs

Certains restaurateurs n'ont rien touché alors qu'ils avaient un risque pandémie dans leur contrat. Les assureurs sont les plus mauvais communicants de la période. Dès le premier confinement en mars, je m'étais déjà énervé car les assureurs refusaient de prendre en compte le risque "Pandémie" et demandaient un fonctionnement à la façon "Catastrophes Naturelles", autrement dit que l'État paie quand il y a une pandémie.

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Ensuite, vous avez eu tous les restaurateurs qui ont commencé à entamer des procédures car ceux qui étaient couverts par le risque "pandémique" en cas de perte d'activité, à peu près 7% des contrats, se voyaient refuser l'indemnisation. Mieux, ils ont reçu depuis un courrier de leur assureur qui avait réécrit les contrats et qui excluait expressément le risque "pandémie".

C'est pour ça que les assureurs vont devoir faire un geste supplémentaire. À la fin, les assureurs auront peut-être cédé, cette année, environ 5 milliards, mais on estime que la facture de la pandémie aurait pu être de 50 milliards si les assureurs avaient pris l'ensemble des pertes d'activité.

"Les assureurs ? C'est la piñata !"

Signalons aussi que lorsqu'ils ont indemnisé la perte d'activité, les assureurs n'ont pas eu à prendre à leur charge les salaires car le chômage partiel était assumé par l'État. Enfin, l'an dernier, les assureurs mondiaux ont quand même versé 34,5 milliards de dividendes au 3ème trimestre. C'est évidemment difficile à entendre en ce moment.

"Les assureurs ? C'est la piñata !" me disait un des acteurs du secteur hier. Disons que depuis le début, ils ont tendu le bâton pour se faire battre. Et puis surtout, le retour de bâton risque d'être le même que d'habitude : une hausse des primes dans quelques mois.

Le plus : l'explosion de l'activité dans les points relais

Et ça ne devrait pas s'arranger après le Black Friday. Selon Mondial Relay, le leader des points de retrait chez les commerçants, le nombre de colis a bondi de 40% ces dernières semaines. Cela correspond à la hausse de 30% du volume des colis constaté par La Poste depuis mars dernier. Et c'est peut-être aussi un compromis entre le e-commerce et le fait d'aller quand même dans la boutique du coin de la rue pour retirer sa commande.

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