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Plan de relance : la France et l'Allemagne souhaitent toucher l'argent rapidement

ÉDITO - Afin de ne pas rater le redémarrage de l'Europe, Bruno Le Maire et Olaf Scholz, les ministres français et allemand des Finances, ont mis la pression sur Bruxelles afin de débloquer les 750 milliards d'euros du plan de relance européen.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire (à droite) et son homologue allemand Olaf Scholz (à gauche), le 22 juin 2020.
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire (à droite) et son homologue allemand Olaf Scholz (à gauche), le 22 juin 2020.
Crédit : John MACDOUGALL / AFP / POOL
Plan de relance : la France et l'Allemagne souhaitent toucher l'argent rapidement
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Plan de relance : la France et l'Allemagne souhaitent toucher l'argent rapidement
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Martial You

La France et l'Allemagne ont mis la pression hier sur Bruxelles pour débloquer les 750 milliards d'euros du plan de relance. Le message est clair : on risque d'être décrochés par la Chine et les États-Unis au moment du redémarrage.
 
En effet, le plus inquiétant c'est qu'en réalité le redémarrage a déjà eu lieu et en Europe, on continue à en parler au futur. "I want my money back !", aurait dit Margaret Thatcher en son temps. Je veux mon argent, ont réclamé Bruno Le Maire et Olaf Scholz, les deux ministres des Finances hier.

Et c'est vrai que la situation actuelle est un peu ingrate pour les gouvernements en place.
Face à la crise, depuis un an, la France a injecté en 2020, plus de 160 milliards et ça continue. Le pouvoir d'achat des Français a été préservé, même si certains ne touchent plus que 84% de leur salaire au chômage partiel depuis un an. Globalement, on a maintenu le niveau de vie des Français alors que l'économie s'effondrait.

Mais un maintien, ce n'est pas un gain dans l'opinion publique : c'est juste normal. Même s'il a fallu mettre des milliards pour en arriver là, ces milliards, c'est de la vapeur d'eau. Donc, aujourd'hui, la population veut bénéficier concrètement des milliards du plan de relance. La relance, c'est une course de relai et les États ont besoin que Bruxelles leur passe le témoin. Pour la France, on parle de 40 milliards.

Une course qui risque de durer dans le temps

La crise a eu un mérite : elle a mis tout le monde à l'arrêt en même temps. Retour dans les starting-blocks. Mais depuis le début de l'année 2021, la Chine est effectivement repartie, avec une croissance de 18,3% au premier trimestre. Dans le marathon économique mondial, les Chinois sont des Kényans.

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Les États-Unis de Biden ont débloqué 1.900 milliards de dollars dans la poche des Américains pour relancer la consommation et vont encore mettre 2.200 milliards dans les 10 ans qui viennent. Ça devrait soutenir la croissance américaine et la pousser à 6,4%. En Europe, le FMI nous prédit 4,4% de croissance cette année, donc effectivement, le principal risque aujourd'hui, c'est celui du faux départ pour l'Europe. 

C'est Bruxelles, le maître du temps. Décider à 27, gouverner les décisions européennes quand il faut lever de l'argent ensemble comme pour les 750 milliards, ça ressemble au sketch de l'addition de Muriel Robin, ça tourne vite à l'engueulade. Et c'est là qu'on perd du temps. On l'a vu avec les retards pris sur les masques, sur les vaccins et maintenant sur l'argent. Mais, l'Europe, c'est d'abord le moteur franco-allemand. Il tire aujourd'hui dans le même sens. Et quoi qu'on dise, Bruxelles a toujours répondu présente depuis la crise de 2008 pour sauver les États membres.

On avance au rythme de la tortue, mais si on enlève nos lunettes de myope, on est sans doute sur une course de plusieurs décennies et l'Europe est en train de construire une carapace qui la rend plus forte.

Choc, fracture puis croissance

L'enjeu pour la Chine, les États-Unis ou l'Europe, c'est la 4ème révolution industrielle : les 30 prochaines années. Il ne faut pas se décourager trop vite mais il ne faut pas se laisser distancer non plus dès le départ. Donc Bruno Le Maire et Olaf Scholz ont raison de mettre la pression sur l'Europe. Tout simplement aussi parce que l'Europe est la bonne échelle pour faire face aux défis des prochaines décennies. 

Nous sommes à un moment de bascule, de nouvelles révolutions économiques. Toutes les révolutions précédentes s'appuient sur les mêmes mécanismes qu'aujourd'hui. On connait,  déjà la chorégraphie : une valse à 3 temps avec d'abord un choc. Fin du XVIIIème siècle : la révolution en France et la constitution américaine. Fin du XIXème siècle : la guerre franco-allemande et la guerre de Sécession aux États-Unis. Fin du XXème siècle : le choc pétrolier qui touche le monde entier.

Ensuite, deux fractures technologiques majeures : XVIIIème siècle : vapeur et charbon. XIXème siècle : électricité et pétrole. XXème siècle : informatique et nucléaire. Et enfin, une période de croissance. Actuellement, on finit la crise, et l'Europe peut se retrouver à contretemps. La rupture technologique, c'est l'intelligence artificielle et l'hydrogène. 

On est déjà distancé sur les données informatiques par les États-Unis et sur la 5G par les Chinois mais on peut encore prendre de l'avance sur l'hydrogène. Il faut donc structurer l'Europe, débloquer les 750 milliards le plus tôt possible et déjà réfléchir à un autre plan pour la prochaine décennie. Aller vite, sans se précipiter.

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