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Des agriculteurs contrôlent un camion réfrigéré à Fontenay-le-Comte (Vendée), lors d'une manifestation le 3 janvier 2026.
Crédit : Romuald Goudeau / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les agriculteurs maintiennent la pression. Ce jeudi 15 janvier 2026, de nouvelles actions étaient menées en Haute-Marne sur cinq échangeurs, sur les autoroutes A5 et A31 entre Paris et Dijon et Paris et Nancy. À Montigny-le-Roi (Haute-Marne), les agriculteurs contrôlent chaque camion qui passe afin de vérifier la provenance des produits transportés.
Ces actions se répandent en France en réponse à une découverte qui a fait bondir la filière élevage et viande. Ce mercredi, à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), non loin de Saint-Malo, des agriculteurs ont intercepté un camion de poulet brésiliens destiné à la coopérative Terrena, le plus grand groupe coopératif d'agriculteurs du pays.
Denis, éleveur depuis 47 ans, participe à l'opération en Haute-Marne. "On nous impose des normes et, de l'autre côté, on achète de la viande à l'extérieur qui n'a pas de normes à respecter. Ce n'est pas normal. On est en train de vendre complètement notre agriculture. On est même en train de la brader", s'emporte-t-il auprès de RTL, près d'une sortie d'autoroute.
Lors de l'action, aucune découverte probante n'est faite. Les agriculteurs ne trouvent que de l'eau et des meules de fromage français. Mais cela ne saurait éteindre leur colère. Jean-Michel Schaeffer, président du syndicat des producteurs de volailles de chair, est scandalisé, même s'il reconnaît que, cette découverte fortuite en Bretagne est symptomatique des maux de l'agriculture française.
Dans le viseur des agriculteurs : les trop nombreuses normes qui empêchent d'agrandir les poulaillers et, par conséquent, obligent les opérateurs à acheter du poulet à l'étranger. "On ne peut pas accepter ça. On a une entrave pour produire en France. La France est confrontée à énormément de normes", dénonce-t-il. Pour Jean-Michel Schaeffer, il faut pouvoir construire des poulaillers face à "la concurrence déloyale de l'étranger" et la demande importante en France sur cette viande.
Au Brésil, le poulet est traité aux antibiotiques et désinfecté à l'eau de Javel avec des coûts de production deux fois moins élevés. Ce qui choque les éleveurs dans cette affaire, c'est que la coopérative Terrena, qui s'est fait livrer du poulet brésilien, est détenue par des éleveurs. Habituellement, le groupe se targue de défendre l'agriculture française.
Ce jeudi matin, Terrena a reconnu que cette cargaison était destinée à la restauration hors domicile (RHD). Rappelons que, dans les fast-foods ou dans les cantines en France, un poulet sur deux est importé.
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