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Crise agricole : "Il faut simplifier toutes ces normes et faire confiance à nos agriculteurs", déclare Isabelle Saporta

REPLAY / INVITÉE RTL - À travers son livre "Foutez-nous la paix !", la journaliste exprime le ras-de-bol général des agriculteurs, concernant entre autres les normes sanitaires ou administratives.

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6 minutes pour trancher du 17 février 2016 avec Isabelle Saporta Crédit Image : BALTEL/SIPA | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
Yves Calvi
Yves Calvi et Ana Boyrie

Au lendemain du conseil européen des ministres de l'Agriculture à Bruxelles, les agriculteurs attendent de pied ferme du changement. Isabelle Saporta et son livre "Foutez nous la paix !", édité chez Albin Michel semble se joindre à l'agacement. Elle a notamment parcouru la France, à la découverte d'un monde qui étouffe sous le poids des normes sanitaires ou administratives. Au total, il y a près de 400.000 normes. Selon l'écrivaine, nous vivons dans une France "démente qui ensevelit toute sa force de travail sous des normes délirantes". 

Ces normes sanitaires semblent étouffer les agriculteurs autant que les difficultés financières. Isabelle Saporta tient alors à souligner le courage de ces hommes et de ces femmes : "Pour moi, ce sont des guerriers. Ce sont des combattants qui se retrouvent aujourd'hui à faire leur métier envers et contre tout. La jeune femme se joint au désespoir des agriculteurs, lorsqu'elle constate les difficultés et l'absurdité de ces normes sanitaires. a vous donne envie de pleurer avec eux", rigole-t-elle. 

Un livre listant des normes absurdes

Ce livre regorge de faits tout à fait incroyables telle qu'une brigade chargée de mesurer la végétation concurrentielle. Elle est préposée à mesurer l'herbe en dessous des vignes. Quand l'herbe est trop haute, la parcelle est déclassée, autrement dit le vin perd son droit d'appellation. Selon la journaliste, les conséquences pour le vigneron sont "gravissimes". En revanche, le pesticide au pied des vignes ne semble pas déranger car "c'est bien connu, le pesticide est bon pour faire des grands vins", ironise la jeune femme.

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Au grand désarroi d'Isabelle Saporta, la taille du local du rangement des bottes apparaît également sur la liste. "C'est presque drôle", déclare-t-elle. Selon cette norme, l'agriculteur peut être privé d'agrément si son local est considéré comme petit. Une fois de plus, les conséquences sont sévères : "Sans agrément, un éleveur qui fait vraiment des volailles magnifiques, il ne pouvait vendre ses volailles à la cantine de son village." La jeune femme tient à dénoncer la solution adoptée par la France, celle d'aller voir ailleurs. "Cette cantine pouvait acheter des volailles brésiliennes parce qu'elle étaient dans les normes sanitaires, mais pas la volaille qui qui était faite juste à côté en plein air", déclare l'écrivain irritée.

À qui la faute ?

Isabelle Saporta ne nie aucunement la présence de normes européennes. Mais selon elle, "la France fait toujours bien, bien pire que ce que lui demande Bruxelles". Parfois, les élus ne semblent pas être attentifs à des contre-propositions européennes tout à fait acceptables et de bon sens. "J'aimerais bien qu'on prévienne les inspecteurs en place sur le terrain en France, qu'ils n'ont pas besoin d'enquiquiner comme ils le font aujourd'hui les agriculteurs". 

La seule bénéficiaire de ces normes semble être l'agriculture industrielle. "Aujourd'hui les normes ne sont faites que pour la gros business", déclare la journaliste. Elle rappelle notamment l'arrêté du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, concernant la grippe aviaire. Cet arrêté avait pour intention d'éradiquer tous les petits élevages en plein air. "Ces normes sont censés nous protéger, or toutes les catastrophes sanitaires viennent de ces productions industrielles", ajoute-t-elle.

Arrêtons de flinguer ce qu'on fait de mieux

Isabelle Saporta, journaliste et écrivain
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Bertrand, céréalier et éleveur en Côte d'Or exprime une certaine fatigue quant à ce combat interminable. "Qu'on fasse 100 ou 300 hectares, on ne s'en sort pas. En année très sèche ou sur une année moyenne, on va de 3 tonnes à 6,5 tonnes. Vous multipliez ça par 120 euros la tonne, le prix actuel, ça fait 720 euros." Si l'éleveur trouve aujourd'hui la force de se lever, c'est en espérant chaque matin que les choses vont changer.

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2016-02-17 11:15:00
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