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La SNCF coûte au contribuable 20 milliards d'euros chaque année "qu'il prenne le train ou non", pointe François Lenglet

Cette somme, qui dépasse le budget du ministère du Travail, est destinée à subventionner les billets, moderniser le réseau et combler le déficit des retraites des cheminots.

Un train SNCF (illustration)

Crédit : LOIC VENANCE / AFP

La SNCF coûte au contribuable 20 milliards d'euros chaque année "qu'il prenne le train ou non", pointe François Lenglet

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Ce que coûte vraiment la SNCF

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Lorsqu'une personne achète un billet de train, elle a le sentiment de payer le prix du voyage. En réalité, une partie de la facture est payée. Chaque année, le contribuable paye plus de 20 milliards d'euros à la SNCF, qu'il prenne le train ou non. Ces montants sont versés à l'exploitant ferroviaire, par l'État et par les collectivités locales. Il s'agit donc de l'argent des impôts. 

La somme est considérable puisqu'elle représente davantage que le budget du ministère du Travail et quatre fois le budget annuel de la culture, soit 0,7% du PIB, selon François Ecalle, spécialiste des finances publiques, qui fait l'évaluation du coût de la SNCF chaque année et la publie sur son site Fipeco. 

La majorité du budget part dans les subventions de fonctionnement, équivalent à 11 milliards d'euros, qui sont des versements faits par l'État et les régions pour alléger le prix des billets. Il s'agit des trains du quotidien, les TER en région et les Transiliens en Île-de-France. Trains dont les billets facturés à l’usager sont, eux, largement en dessous du prix de revient. 

Le contribuable paye pour la retraite des cheminots

Il y a aussi des aides à l'investissement, pour l'achat de matériel roulant et pour l'entretien du réseau de sept milliards et demie d'euros. Un poste qui devrait sensiblement progresser dans les années à venir, compte tenu de l'état problématique de certaines parties du réseau français, qui date de plus de 100 ans. Cela concerne 4.000 kilomètres de réseau. 

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Il s'agit aussi de moderniser la signalisation qui, si elle était au niveau, permettrait de faire passer 30 à 40% de rames en plus sur certaines lignes. Ce n'est d'ailleurs pas un problème français, le réseau allemand par exemple est en plein effondrement et le gouvernement a décidé de s'endetter pour le faire. À tout cela, s'ajoute près d'un milliard d'euros pour le paiement de la dette de la SNCF. Mais aussi, les surcoûts du régime de retraite des cheminots. 

Cela signifie que le contribuable paye pour la retraite des cheminots. L'État verse une subvention d'équilibre, de 3,3 milliards d'euros par an. Cette somme représente 59% des pensions versées aux agents de la SNCF, qui n'en financent donc que 40% avec leurs cotisations. Un tel déficit s’explique par la démographie du régime, très déséquilibrée. La SNCF a réduit son personnel, et par les conditions de départ des cheminots embauchés avant 2020, sous statut spécial, qui peuvent pour certains partir à 54 ans. 

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