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Castel, Hermès, Atlantis... : François Lenglet décrypte la "malédiction" des entreprises familiales dès lors que les héritiers se déchirent

Comme Hermès, il y a plusieurs années, le groupe Castel, géant du vin bon marché, est secoué par des querelles familiales menaçant sa stabilité, illustrant les défis des entreprises familiales.

Des actionnaires autour d'une table lors d'une réunion. (Illustration)

Crédit : Pixabay

François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Devenir riche en faisant le vin des pauvres, telle est l'incroyable réussite de Pierre Castel. Âgé de 99 ans, l'une des premières fortunes françaises, a créé un groupe qui fait plus de six milliards d'euros de chiffres d'affaires, avec les marques de vin bon marché comme Vieux Papes et Listel. Le groupe Castel possède aussi l'enseigne Nicolas, et d'innombrables bières, en Afrique. 

Mais, ce groupe naguère, prospère et paisible, est secoué par une crise de gouvernance. Les héritiers du fondateurs cherchent à se débarrasser du directeur mis en place par le fondateur, à coup d'actions de justice, parce qu'ils en contestent la stratégie. Cette querelle a de quoi à déstabiliser le groupe. Lorsque les actionnaires se disputent, il y a un risque de paralysie. 

Dernièrement, un cas similaire a touché l'entreprise vendéenne spécialiste des pompes à chaleur Atlantis, vendue à un concurrent américain. Les familles des deux fondateurs, décédés, se déchiraient. La seule solution pour ce groupe d'environ 3 milliards d'euros de chiffres d'affaires a été de vendre. Ces désaccords ont coûté cher à l'entreprise, longtemps déstabilisée. 

La famille et l'entreprise est un mariage à la source du capitalisme

Les entreprises familles sont généralement plus performantes que les autres. Elles ont, pour des raisons évidentes, davantage le souci du long terme, de la transmission, du développement ou encore des générations futures. La famille et l'entreprise est un mariage à la source du capitalisme. Ces entreprises dominent l'économie mondiale. Près de 80% des entreprises dans le monde ont un actionnariat familial, même si certaines sont aussi cotées à la bourse. 

Mais les liens familiaux peuvent aussi se transformer en malédiction dès lors que la famille se déchire. Car ces querelles sont aussi plus profondes que les autres. Et le temps provoque mécaniquement la désunion. Hermès a failli payer cher ce genre de problème. L'entreprise, ancienne, a plusieurs centaines d'héritiers répartis en trois branches.

Il y a quinze ans, en raison de la dispersion et de la démotivation de certains d'entre eux, la marque de luxe a failli être vendue. L'entreprise a risqué de perdre son indépendance, au profit de LVMH, qui voulait l'acheter. Depuis, les affaires ont été remises en ordre, avec une société qui rassemble plusieurs dizaines d'actionnaires familiaux, constituant un socle. La morale étant que les bénéfices de l'actionnariat familial ne sont pas donnés une fois pour toutes. Une famille actionnaire, c'est comme un jardin, ça s'entretient.

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