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2 min de lecture
Donald Trump et Mohammed ben Salmane.
Crédit : Montage / AFP
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Les pays du Golfe jouent un rôle de modérateur dans la crise iranienne quitte à décevoir les Iraniens. Il semblerait, en restant prudent, que la tension soit légèrement retombée en Iran. Les pays du Golfe, en particulier l'Arabie Saoudite, se font entendre, en mode "C'est nous qui avons réussi à dissuader Donald Trump de bombarder l'Iran".
Avec le Qatar, ils ont multiplié les appels téléphoniques auprès de l'administration américaine pour "éviter une situation incontrôlable", selon eux. Ils redoutent une déstabilisation du Moyen-Orient en cas de bombardements américains contre l'Iran qui réprime férocement ses opposants. Téhéran pourrait riposter contre une base américaine au Qatar comme en juin dernier à l'issue de sa guerre avec Israël.
L'Iran pourrait fermer le détroit d’Ormuz par où transite un quart du trafic maritime mondial avec des risques sur les cours du pétrole. Acculés, les mollahs pourraient aussi viser des sites pétroliers en Arabie Saoudite. Les pays du Golfe veulent éviter le chaos pour réussir leur gigantesque plan de développement économique. Et comme souvent entre les pétromonarchies et Donald Trump, ce sont les affaires qui ont pesé.
Saoudiens et Qatariens lui ont promis après son élection de colossaux investissements aux États-Unis, pour son plus grand plaisir. Des projets d'investissements que le prince héritier saoudien ou l'émir du Qatar ont pu mettre dans la balance en échange d'un renoncement à des frappes. Donald Trump, qui n'aime pas les guerres longues, a dû les écouter. Le président américain a besoin de l'argent du Golfe sur d'autres dossiers comme la reconstruction de la bande de Gaza.
Le locataire de la Maison-Blanche a de bonnes relations avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, est en affaires avec lui. Quant au Qatar, il lui permet d'avoir accès au Hamas pour négocier l'après-guerre à Gaza. Il y a, toutefois, un risque important pour les manifestants iraniens de payer le prix de ce donnant-donnant.
Pour Donald Trump comme pour les régimes autoritaires du Golfe le combat pour la démocratie n'est pas leur priorité. Les monarchies, ici comme ailleurs, n'ont jamais aimé les révolutions.
Leurs dirigeants ont enfin dit à Donald Trump qu’il valait mieux un diable qu’on connait, sous-entendu le régime iranien voisin qu’on n’aime guère certes, plutôt qu’un diable qu’on ne connait pas c’est-à-dire un après régime des mollahs dont personne n’est capable aujourd’hui de dessiner les contours, mais dont l’avènement serait forcément ponctué de violences.
Au final, Donald Trump comme ses alliés arabes ont tout intérêt à avoir un Iran affaibli pour l’amener à renoncer à ses missiles pointés sur les pétromonarchies plutôt qu’un nouvel Iran en proie à l’inconnu, cela s’appelle de la froide realpolitik.
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