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3 min de lecture

Passage à l'Euro : est-ce vrai que les prix ont augmenté avec le changement de monnaie ?

François Lenglet revient sur les conséquences de ce grand changement en 2002 et notamment l'impact sur les prix dans notre quotidien.

Des billets en francs et en euros (image d'illustration)
Des billets en francs et en euros (image d'illustration)
Crédit : JEAN-PIERRE MULLER / AFP
Passage du franc à l'euro : le jour où l'économie a changé
34:38
Capucine Trollion & Flavie Flament

Le 1er janvier 2002, les fêtards qui ont réveillonné ont la gueule de bois. Et tous ceux qui ont connu ces lendemains de fête difficiles savent à quel point réfléchir est un défi. Et celui d’aujourd’hui est de taille : depuis ce matin, notre bon vieux franc est obsolète, place à l’euro.

Ce 1er janvier 2002 donc, on nous explique que tout est simple : 1 euro est égal à 6,55957 francs. Et si cette monnaie nous apparaît comme parfaitement étrangère, elle était en réalité dans les tuyaux depuis les années 70 et la décision de la mettre en place dans tous les pays européens date de 1992, lors du traité de Maastricht. Objectif : mettre en place une monnaie puissante pour contrecarrer le dollar et renforcer la compétitivité des entreprises européennes à l'international.

Il n’empêche que dans notre vie quotidienne, l’arrivée de l’euro est un cataclysme, et encore on ne parle même pas de ceux qui avaient connu les anciens francs en 1960. On calcule, on convertit, et on craint la montée en flèches de certains prix. Exemple : la baguette coûtait à l’époque 4,4 francs, soit 0,67 euros. Mais comme les comptes ronds sont plus faciles à gérer, notre boulanger l’a proposée à 0,70 euros, soit une augmentation de 4%. Et ça, forcément, ça inquiète…

L'euro n'a pas été inflationniste

François Lenglet

"Si on compare l'évolution des prix dans la Zone euro au Royaume-Uni et aux États-Unis sur les 20 dernières années, on voit que l'évolution des prix a été plus forte au Royaume-Uni et aux États-Unis qu'en Zone euro. Il y a eu plus d'inflation là-bas [au Royaume-Uni et aux États-Unis, ndlr] et ça montre effectivement que l'euro n'a pas été inflationniste", analyse François Lenglet, journaliste économie au micro de Jour J

Une évolution des prix "relativement modérée"

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"Alors il y a les mécanismes que vous évoquiez, l'arrondi, la baguette qui était à 0,67 francs et qu'on monte à 0,70 euros. On pense toujours à ce cas de figure-là et on ne pense au cas de figure inverse : la baguette qui est 0,73 francs et qu'on met à 0,70 euros", poursuit-il. 

"Au total, les ajustements de prix sur l'arrondi se sont faits à la hausse comme à la baisse au niveau du passage. Et depuis l'évolution des prix a été relativement modérée telle qu'est mesurée par les indices des prix, mais là il y a des comparaisons internationales qui sont assez fiables", explique encore François Lenglet.

Quel est donc le bilan ? "Le bilan plus global est à mon avis plus nuancé parce que si vous voulez, le problème d'une monnaie unique comme son nom l'indique c'est comme un t-shirt à taille unique : trop grand pour les petits et trop petit pour les grands", indique-t-il en expliquant : "De ce point de vue, les économies relativement fragiles, en gros l'Europe du Sud, la France étant un peu intermédiaire, ont plutôt souffert d'avoir une monnaie forte, alors que les économies d'Europe du Nord qui sont plus solides, ont, elles profité de cela (...)  De ce point de vue, l'Europe nous a mis tous dans le même paquet et on n'en a pas tous tiré le même profit", conclut-il.

Le futur sera-t-il donc marqué par des inflations ?

Mais alors, pourquoi peut-on avoir l'impression que tout est beaucoup plus cher qu'avant ? Si on était resté au Franc, ce serait de toutes façons quoi qu'il arrive plus cher aussi ?", demande Flavie Flament. "Bien sûr. On a connu dans les années 80, années 70, des hausses de prix beaucoup plus fortes que celles d'aujourd'hui", lui répond François Lenglet en prédisant que c'est "très probable" que dans 20 ans les prix auront de nouveau augmenté. "Chaque année, il y a un peu d'inflation, plus ou moins. Au lendemain de la Guerre, on a 45% d'inflation par an (...) on n'a pas plus cette culture-là, parce que justement les prix sont un peu assagis. Mais malgré tout, ça augmente un peu plus chaque année et plutôt plus en ce moment de façon universel", conclut François Lenglet.

Tous les jours dans Jour J, de 20h à 21h sur RTL, Flavie Flament vous fait découvrir les grands moments d’actualité qui ont marqué la mémoire collective.

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