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Brexit : les Britanniques veulent "le Pacs plutôt que le mariage", selon Lenglet

ÉDITO - Le Royaume-Uni quitte officiellement l'Union Européenne. Le Premier ministre Boris Johnson veut tenter de répondre au désenchantement des électeurs.

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Brexit : les Britanniques veulent "le Pacs plutôt que le mariage", selon Lenglet Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Divorce prononcé, signé de deux côtés, c'est le résultat d'une longue négociation conduite, côté Européen, par Michel Barnier. Commence aujourd'hui, lundi 3 février, une période de transition pendant laquelle les deux parties, le Royaume-Uni et l'Union européenne, vivent encore ensemble, jusqu'au 31 décembre 2020.

Pendant cette période, rien ne change dans le commerce entre le Royaume-Uni et les 27. Les produits peuvent toujours circuler librement et les Britanniques appliquent toujours les règles européennes. Ils financent également les projets communautaires, ce qu'on appelle les fonds structurels. Mais ils ne participent plus au processus de décision, il n'y a d'ailleurs plus de députés britanniques au parlement de Strasbourg, pas plus que de commissaire britannique à Bruxelles. Et, d'ici le 31 décembre prochain, il faut négocier, non plus le divorce, mais un nouveau contrat d'association.

À partir du 1er mars, dix sessions de négociations parallèles vont s'ouvrir, spécialisées entre les 60 personnes de l'équipe de Barnier et puis l'administration britannique, sur le commerce, sur la pêche... pour tenter de trouver un accord qui facilite les échanges.

Les Anglais veulent un accord plus léger que la participation à l'Europe pleine et entière. Le Pacs plutôt que le mariage. Ils veulent notamment contrôler l'immigration plus strictement, c'est-à-dire qu'ils récusent la libre-circulation des personnes, qui est un élément fondamental du grand marché. De son côté, l'Europe rétorque que si elle accepte de laisser passer librement les produits britanniques chez elle, il faut que ces normes soient respectées, et que Londres continue à payer l'accès au marché unique, comme le fait la Norvège par exemple. 

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Et puis il faut encore que le Royaume-Uni ne fasse pas de dumping fiscal qui exercerait une concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises européennes. C'est tout cela qu'il va falloir négocier.

À contre-courant de Thatcher

On peut imaginer que les deux parties ont intérêt à s'entendre. À Londres, le nouveau premier ministre Boris Johnson dispose d'une majorité large et donc d'une excellente assise politique, ça lui donne les coudées franches. Et il va avoir besoin du moteur du commerce avec l'Europe, ça représente tout de même la moitié des échanges de l'Angleterre. Il va avoir besoin de ça pour soutenir sa politique économique, une politique qui tourne complètement le dos au libéralisme hérité de Margaret Thatcher, l'icône du parti conservateur, parti auquel appartient bien sûr Johnson.

Là où Thatcher avait coupé les subventions à l'économie, son lointain héritier veut au contraire soutenir les industries stratégiques. Là où elle cassait les syndicats, il veut améliorer les règles sociales et environnementales. Là où elle avait fait maigrir l'État, lui veut investir plus de 5 milliards d'euros dans les infrastructures, et puis augmenter le budget de la santé et celui de la police.

C'est aussi une inversion dans la priorité. Thatcher avait favorisé Londres et la finance, Boris Johnson veut développer les régions défavorisées du Nord. Signe de ce retournement idéologique, la semaine dernière le gouvernement a nationalisé une compagnie de chemins de fer en difficulté. C'est la dame de Fer, on s'en souvient, qui avait initié le plus vaste mouvement de privatisation jamais lancé dans le Royaume de Sa Majesté. En fait, il s'agit pour le Premier ministre actuel de tenter de répondre au désenchantement des électeurs, qui avait justement conduit au Brexit en 2016.

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