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La cour d'assises de Paris, le 17 octobre 2025
Crédit : Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Lundi 31 janvier 2011, la police judiciaire de Paris se voit chargée d'une enquête après la mort d'un octogénaire, quatre jours plus tôt à l'hôpital Antoine-Béclère, à Clamart. Claude Friloux, 81 ans, souffrait d'une maladie incurable, une amylose qui attaquait ses reins. Depuis 2009, le restaurateur parisien avait été hospitalisé à cinq reprises.
Sa fille, Catherine, a pourtant émis des doutes auprès du procureur. La mort est survenue alors qu’elle venait tout juste de déposer plainte pour des suspicions de maltraitance. Son père allait être placé sous tutelle. Trois semaines après les analyses toxicologiques de Claude Friloux, une information judiciaire contre X est ouverte pour "délaissement d'une personne hors d'état de se protéger en raison de son âge, et assassinat".
Au moment de sa mort, Claude Friloux vivait avec sa deuxième épouse, Amina, seulement âgée de 54 ans. Le couple s'était rencontré grâce aux petites annonces. Ils étaient ensemble depuis vingt-cinq ans. Les policiers se rendent chez les Friloux. L'appartement paraît vide, comme s'il était peu ou pas habité. Aucun indice n'est relevé.
Les enquêteurs placent Amina Friloux sur écoute. Ils sont vite informés de l'existence d'un conflit familial sérieux entre elle et Catherine Friloux, fille d'un premier mariage du restaurateur. Devant les policiers, Catherine ne cache pas sa méfiance vis-à-vis d’Amina. Une femme qui aurait isolé son père. Catherine avait constaté la présence d'antidépresseurs chez eux. Elle raconte que son père allait mieux quand il était hospitalisé puis son état s’aggravait dès qu’il retournait chez lui.
Vendredi 25 mars 2011, le médecin de famille, Patrice E., est entendu par les policiers. Le docteur connaissait très bien Claude Friloux, un patient en très mauvaise santé. Entre septembre 2010 et la fin janvier 2011, il l’a vu à 71 reprises. Les consultations se déroulaient le plus souvent dans l'arrière-boutique de son restaurant de l'avenue de Suffren, dans le 15ème arrondissement. Il lui prescrivait ses médicaments. Le médecin indique qu'il connaît Amina depuis longtemps. Il n'a jamais noté le moindre signe de maltraitance.
Jeudi 2 juin 2011, après quatre mois d'enquête et d’écoutes téléphoniques, les policiers interceptent une conversation entre Amina Friloux et un homme. Elle apparaît comme ayant plusieurs amants. Sur les écoutes, la veuve a l'air préoccupée par la succession de son mari. Elle estime que le restaurant de Barbizon ne doit pas revenir à sa belle-fille Catherine. Elle accuse encore Catherine, d'avoir détourné les assurances vie en imitant la signature de son père.
Cinq mois après la mort de Claude Friloux, son épouse Amina et le médecin de famille, Patrice E. sont tous les deux interpellés. Le docteur explique qu'il voyait le restaurateur trois fois par semaine mais ne tenait aucun dossier médical. "Ce qu'il faut rappeler, et c’est pour cela que le médecin avait été mis en examen, c'est qu'on n’a pas retrouvé de posologie", indique Maryvonne Caillibotte, avocate générale sur cette affaire, dans L'Heure du Crime, sur RTL.
Jeudi 2 février 2012, après trois mois de détention provisoire, Amina Friloux est libérée. "J’ai le sentiment que l’enquête a été menée sous l’influence de préjugés qui étaient que M. Friloux paraissait plus fortuné que Madame, qu'il avait de lourds problèmes de santé, qu’on l'avait poussé vers la mort et que finalement dans un contexte familial avec une compétition sur l’héritage cela pouvait correspondre à un scenario réel", déplore Jean-Marc Fedida, l'avocat de la veuve.
Mardi 6 juin 2017, Amina Friloux comparait libre devant la cour d'assises de Paris. Les avocats de l'accusée, Richard Malka et Éric Dupont-Moretti, dénoncent des investigations exclusivement à charge. La défense fait sensation en révélant qu'une injection de Primpéran. Ce produit, incriminé dans le décès, aurait en fait été administré à l'arrivée à l'hôpital. Amina Friloux n'aurait donc pas procédé à cette administration perverse.
Samedi 10 juin 2017, les jurés de la cour d'assises de Paris indiquent qu'Amina Friloux, n'est pas coupable. Acquittée pour la mort de son mari Claude. Elle reste impassible et murmure un "merci" presque inaudible. Le parquet général fait appel. Puis renonce finalement à la tenue d'un nouveau procès. Amina Friloux est alors définitivement innocentée.
- Maryvonne Caillibotte, avocate générale dans ce dossier et actuellement procureure générale près de la cour d'appel d'Amiens.
- Me Jean-Marc Fedida, avocat au barreau de Paris. Avocat d'Amina Friloux.
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