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Whirlpool : 3 questions pour comprendre le conflit au cœur de la campagne

ÉCLAIRAGE - Devenue le symbole de l'affrontement entre les deux finalistes du second tour de l'élection présidentielle, l'usine Whirlpool est menacée de fermeture depuis l'annonce du géant américain à la fin du mois de janvier.

Le site Whirlpool d'Amiens, théâtre de la visite des deux finalistes de la présidentielle le 26 avril 2017
Le site Whirlpool d'Amiens, théâtre de la visite des deux finalistes de la présidentielle le 26 avril 2017 Crédit : AFP / Éric Feferberg
Philippe Peyre
Philippe Peyre
et AFP

Le conflit à l'usine Whirlpool d'Amiens (Somme) s'est invité dans la campagne de l'entre-deux-tours, mercredi 26 avril. Marine Le Pen est arrivée à l'heure du déjeuner devant l'usine amiénoise, au moment même où son adversaire à la présidentielle, Emmanuel Macron, s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise.

Si cette usine s'est retrouvée au cœur de la machine médiatique, c'est qu'elle représente le symptôme parfait de l'affrontement idéologique entre les deux candidats, en raison de sa délocalisation imminente.

Pour bien comprendre pourquoi le conflit, qui dure depuis la fin du mois de janvier, a été propulsé à la une de l'actualité politique, il est important d'en connaître les tenants et aboutissants. La rédaction fait le point sur ce qui agite cette usine du numéro deux mondial de l'électroménager.

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1. Pourquoi l'usine va-t-elle fermer ?

La nouvelle est tombée à la fin du mois de janvier. Le géant mondial de l'électroménager a annoncé son intention de fermer son usine de production de sèches-linges d'Amiens (Somme) au 1er juin 2018 et de la délocaliser à Lodz, en Pologne.

L'américain Whirlpool a justifié cette décision en raison d'une volonté que ce site polonais devienne "le point central" de la nouvelle plateforme de production de sèches-linges pour la région Europe, Afrique et Moyen-Orient.

L'annonce de cette délocalisation intervient en Picardie, une région déjà frappée par de nombreuses fermetures de sites industriels. Les salariés ont manifesté à plusieurs reprises leur colère, accusant Whirlpool de ne délocaliser que pour faire plus de profits.

2. Combien d'emplois sont menacés ?

L'usine d'Amiens, qui doit fermer au 1er juin 2018, emploie 290 salariés, auxquels s'ajoutent 250 intérimaires employés quasiment en permanence et une centaine de salariés du sous-traitant pour les plastiques, Prima, installé sur le site même de l'usine. 

Ce ne sont donc pas moins de 600 emplois qui sont menacés à ce jour dans une usine qui a déjà fait l'objet de plusieurs plans sociaux ces dernières années. En 2002, le site employait 1.300 personnes.

Pour manifester leur mécontentement, une soixantaine de salariés de l'usine ont bloqué l'entrée poids lourd ainsi que la production depuis lundi 24 avril au matin en organisant un piquet de grève. 

3. Quelles sont les perspectives pour les salariés ?

Depuis l'annonce de la fermeture du site, le secrétaire d'État chargé de l'Industrie, Christophe Sirugue, a indiqué qu'une quinzaine de "marques d'intérêts", principalement françaises, ont été recueillies pour la reprise du site. Des projets qui "confirment bien qu'il y a une capacité industrielle et une main-d'oeuvre qui intéressent sur ce site", a estimé le secrétaire d'État, tout en assurant maintenir "une pression très forte sur Whirlpool" et suivre "avec attention" les discussions entre la direction et les syndicats sur les mesures d'accompagnement du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a, lui, dit attendre de la direction du géant américain des mesures "exemplaires" d'accompagnement du PSE et veiller à ce que "toutes les obligations" de Whirlpool "soient respectées, dans l'intérêt des salariés". Reçus à Matignon le 13 avril, les syndicats ont annoncé qu'une commission allait être mise en place pour assurer le suivi du dossier au-delà des élections.

Whirlpool aujourd'hui ne joue pas le jeu

Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, sur RTL
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Seulement, le 13 avril, le président Les Républicains de la région Hauts-de-France, Xavier Bertranda déploré sur RTL l'attitude du constructeur d'équipements électroménagers : "Whirlpool aujourd'hui ne joue pas le jeu, a-t-il dénoncé. Non seulement ils partent, et ne tiennent pas leurs engagements, mais ils ne font même pas le strict minimum". La remise des manifestations d'intérêt court jusqu'au 26 mai et la date limite de dépôt des offres fermes a été fixée au 2 juin, soit entre le second tour de l'élection présidentielle et le premier tour des élections législatives. 

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