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"On s'est demandé si Gautier existera toujours demain" : comment le fabricant de meubles vendéen est sorti de la crise

Après un peu plus d'un an passé en redressement judiciaire, le fabricant de meubles Gautier est sorti de la crise en décembre dernier. L'entreprise a profité d'un investissement fait par la star de la NBA Rudy Gobert.

Des pins distribués au salon du Made in France à Paris, le 12 novembre 2017

Crédit : Michel Euler/AP/SIPA

Gautier, une entreprise vendéenne sort d'un redressement judiciaire

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Mathieu Lopinot - édité par Sabrine Mimouni

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Gautier relève la tête. Le fabricant de meubles implanté en Vendée depuis plus de 65 ans a frôlé la faillite. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire en juillet 2024 et en est officiellement sortie le 5 décembre dernier, grâce à un investissement du basketteur Rudy Gobert. Plusieurs familles d'industriels vendéens se sont également mobilisées pour sauver le fabricant. 

Gautier s'est retrouvé dans la tourmente à cause de l'explosion du coût des matières premières, notamment du bois et des taxes douanières américaines. La concurrence du marché des meubles chinois, qui a freiné aux États-Unis, inonde l'Europe de pièces à bas prix.

"On est tombé en redressement judiciaire par rapport à l'augmentation des matières premières liées à la Russie et à l'Ukraine. Et Trump, aujourd'hui, voulant protéger son pays, tous les fournisseurs historiques des États-Unis, donc la Chine, se sont rués sur l'Europe avec Temu et Shein. Donc ça a déstabilisé totalement le marché. Plus de commandes", explique David Soulard, directeur général France, au micro de RTL. "On s'est demandé si Gautier existera toujours demain", ajoute-t-il.

Une modernisation de la chaîne de fabrication

L'entreprise est passée de 700 à 500 salariés. "On a eu un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) d'un peu plus de 50 salariés avec des départs sur deux ans. Oui, ça monte le cumul à 200 personnes qui ont quitté l'entreprise", avance Tony Hoarau, délégué syndical CFDT au micro de RTL.

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Alors pour s'en sortir, David Soulard change de stratégie, ne plus uniquement fabriquer des meubles pour les particuliers, mais se diversifier vers les professionnels, les hôtels, les restaurants, et moderniser l'usine avec de nouvelles machines. "Il fallait qu'on ait une optimisation de la main d'œuvre, il fallait qu'on ait une optimisation du temps, c'est ça la force", assure-t-il.

Cette sortie de crise rassure les salariés qui peuvent enfin souffler. "Ça m'a fait peur parce que moi, j'arrive à 53 ans. (...) On nous a demandé d'aller en renfort sur Chantenay. On a accepté, car il faut être polyvalent aujourd'hui. On était prêts à tout pour préserver nos emplois". L'entreprise a pour objectif d'atteindre les 75 millions de chiffre d'affaires cette année. 

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