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Transports franciliens : les personnes à mobilité réduite se disent "assignées à résidence"

Dans son édition du jour, le journal "Le Monde" révèle les nombreuses complications auxquelles doivent faire face les personnes atteintes d'un handicap dans les transports en communs. À trois semaines des élections municipales, ils veulent faire entendre leur voix.

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Transports : le calvaire des personnes à mobilité réduite Crédit Image : JACQUES DEMARTHON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Amandine Bégot édité par Quentin Marchal

C'est un coup de gueule qui pourrait se faire entendre à trois semaines du premier tour des élections municipales. De nombreuses personnes à mobilité réduite se disent "assignés à résidence" comme c'est le cas d'Alexandre, un jeune homme de 24 ans atteint d'une paralysie cérébrale depuis sa naissance.

Le Monde souligne qu'il vit dans le XIVe arrondissement de Paris et se rend tous les jours dans le XIIIe, près du stade Charléty dans les locaux de l'APF France handicap où il se bat justement pour que les revendications des personnes handicapées soient entendues. Il est aujourd'hui impossible pour lui de prendre le métro puisque seule la ligne 14, soit 9 stations sur 303, est accessible en fauteuil roulant.

Alexandre prend donc le bus mais si les 4.500 qui circulent quotidiennement dans la capitale sont équipés de rampes d'accès, elles ne fonctionnent pas toujours correctement et les trottoirs sont parfois mal rehaussés. Des problèmes récurrents dans les transports en commun comme le fait que les ascenseurs présents dans les stations de RER ou métro ne soient pas utilisables certains jours.

Une organisation planifiée au quotidien

Autre cas révélateur, celui de Mannig, une jeune fille âgée de 14 ans qui est en fauteuil roulant. Elle a récemment écrit à tous les candidats de son arrondissement pour les alerter sur ses difficultés au quotidien. Il est impossible selon elle de prévoir quoi que ce soit au dernier moment comme tous les collégiens de son âge.

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Il lui faut en effet prévenir les transporteurs au minimum 3 jours à l'avance pour être certaine d'avoir un véhicule le moment voulu, en lui donnant l'heure précise de départ mais aussi de retour, ce qui n'est pas commode au quotidien. Depuis quelques mois, elle déplore que les chauffeurs sont obligés de grouper les courses ce qui engendre des détours, et donc des trajets plus longs. Le tout, sans qu'elle ne soit jamais prévenue au préalable.

Faute de solution adaptée, l'adolescente n'a d'autre choix que de compter sur ses proches pour ne pas être exclue de tout ce qui fait son quotidien. À tour de rôle par exemple ce sont désormais des élèves qui l'accompagnent à l'atelier science et cuisine auquel elle participe.

Des difficultés malgré la loi de 2005

Ce problème ne concerne pas uniquement Paris. Pour Liliane, qui vit elle dans les Yvelines et qui est en fauteuil roulant depuis l'âge de 20 ans en raison d'une sclérose en plaques, conduire un véhicule lui est impossible. Sa seule option est donc d'utiliser les bus du PAM, le service pour un accès à la mobilité, créé en 2003 et cofinancé par les départements et la région Île-de-France. Le problème pour elle est que ce moyen n'est pas utilisable à son désir et qu'elle peut, par exemple, se voir refuser une course quand il s'agit de loisirs.

Le prix peut également s'avérer problématique puisqu'un trajet de moins de 15 kilomètres coûte 8€20 alors qu'un ticket de métro classique coûte 1€90. "On en a marre d’être oubliés et considérés comme des citoyens de seconde zone" lâche-t-elle.

En théorie, rappelle le quotidien, tous les transports devraient être accessible comme le stipule la loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances qui donnait 10 ans aux administrations, commerces, écoles, habitations et transports pour être accessibles aux fauteuils roulants et personnes à mobilité réduite. Quinze ans plus tard, on en est loin et seulement 38% du réseau de transport francilien leur est accessible.

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