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Carlos Tavares : comment expliquer les 66 millions d'euros de rémunération du DG de Stellantis ?

Le directeur général de Stellantis, dont la rémunération est estimée à 66 millions d’euros, suscite la polémique. Mais cette somme ne constitue pas son salaire à proprement parler.

Carlos Tavares, le 31 mars 2022
Carlos Tavares, le 31 mars 2022
Crédit : Mauro Ujetto / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Stellantis : comment expliquer les 66 millions d'euros de rémunération de Carlos Tavares ?
00:04:34
Stellantis : comment expliquer les 66 millions d'euros de rémunération de Carlos Tavares ?
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Christophe Bourroux - édité par Quentin Marchal

En 2021, la rémunération du patron de Stellantis, Carlos Tavares, ne manque pas de faire grincer des dents, jusque dans les rangs de ses propres actionnaires. Celle-ci a atteint les huit chiffres, 19 millions d'euros et même 66 millions d'euros en comptant les actions gratuites. Cette somme faramineuse, accordée par Fitrust, une société de gestion qui calcule la rémunération des patrons, ne constitue pas son salaire à proprement parler.

En effet, selon les comptes de l'entreprise, la rémunération de Carlos Tavares pour l'année est en réalité évaluée à une vingtaine de millions d'euros. Le reste, 32 millions d'euros, ce sont des actions gratuites attribuées sur la base d'objectifs à long terme. Il y a également 7 millions d'euros de variables liés aux objectifs, 5 millions et demi d'euros pour la performance et enfin, un peu plus de 2 millions d'euros pour la retraite et pour la fusion entre PSA et Stallantis.

Autrement dit, si l'on regarde ces 66 millions, le salaire représente environ un tiers de sa rémunération. Le reste, pour le moment, n'est pas du tout de l'argent qu'il touche aujourd'hui. Ces sommes lui seront versées plus tard et seront lissée sur plusieurs années.

Stellantis marche sur l'eau sur le marché automobile

Ces 66 millions d'euros s'expliquent également parce que Carlos Tavares a rempli les objectifs fixés. Il a d'abord ressuscité PSA, qui était au bord de la sortie de route, en 2014. Cet ancien de chez Renault, ancien bras droit de Carlos Ghosn, a réussi à redresser le groupe. D'abord avec le rachat de l'Allemand Opel puis avec le mariage spectaculaire avec Fiat Chrysler, pour créer le géant Stallantis, composé de 15 marques qui vont de Peugeot, Citroen, DS à Fiat, Lancia, Jeep ou encore Maserati.

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Stellantis cartonne plus jamais. Pour preuve ses résultats records lui ont permis d'engranger un bénéfice net de 13,4 milliards d’euros l'an dernier. Une somme en partie redistribuée sous forme de prime avec 4.000 euros versés pour chaque salarié du groupe

Cette somme ne sera perçue que dans plusieurs années, et uniquement si tous les critères de performance sont atteints. De la même manière, les actions gratuites ne seront pas distribuées avant 2024 ou 2026, avec l'obligation de les conserver au moins deux ans. Ceci étant dit en trois ans, Carlos Tavares a vu sa rémunération tripler.

Un salaire similaire à ses homologues américains, supérieur aux Européens

Cette rémunération pourrait cependant ne pas lui être attribuée. Ce sera aux actionnaires de décider lors de l'assemblée générale qui aura lieu a partir de 15 heures ce mardi en visioconférence depuis Amsterdam, nouveau siège du groupe. 

Elle pourra décider si Carlos Tavares mérite une rémunération aussi importante. Il est arrivé à plusieurs reprises ces dernières années que des rémunérations considérées comme excessives soient rejetées. En 2013, le patron de PSA de l'époque, Philippe Varin, avait du renoncer à sa retraite chapeau de 21 millions d'euros sous la pression politique et médiatique. 

Mais le contexte était différent. L'entreprise était dans le rouge et avait même du emprunter à l'État, qui lui était d'une certaine façon redevable. Actuellement, pour les actionnaires, Carlos Tavares apparait comme le sauveur. Stellantis, cinquième plus gros constructeur mondial, présente lus de 13,4 milliards d’euros de profit alors que le secteur vacille, perturbé par la pénurie de semi-conducteurs et la flambée du coût des matières premières. 

Si l'on compare aux dirigeants américains, sa rémunération de 20 millions d'euros est environ la même que que celle du patron de Ford et General Motors. En revanche, en Europe, il est le mieux payé et gagne 10 millions d'euros de plus que le PDG de Volkswagen et 13 de plus par rapport à celui de BMW.

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