2 min de lecture Violences conjugales

Sandrine Bonnaire livre un témoignage glaçant sur des violences subies il y a 20 ans

L'actrice a été victime de violences conjugales il y a vingt ans. Elle raconte comment un soir son compagnon l'a "strangulée" et défigurée.

L'actrice Sandrine Bonnaire.
L'actrice Sandrine Bonnaire. Crédit : VALERIE MACON / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

"Je me suis réveillée, j’ai craché plein de morceaux de dents, du sang". En plein cortège de la marche contre les violences faites aux femmes à Paris samedi 23 novembre, l'actrice Sandrine Bonnaire s'est confiée sur les violences conjugales qu'elle a subies au micro de Quotidien. Un récit d'horreur qu'elle a ensuite raconté plus en détails sur le plateau de France 24 lundi 25 novembre.

"Il y a vingt ans, j'ai été agressée", explique-t-elle le jour de la fin du Grenelle des violences conjugales. L'actrice vivait alors avec son compagnon depuis quatre ans, une histoire d'amour sur laquelle elle revient dans le livre À l'amour à la vie de Catherine Ceylac. 

Lors d'une dispute, celui qu'elle appelle Pierre, la jette contre un mur. "Il m'a strangulée au point que je me suis évanouie, puis je me suis réveillée je ne sais pas combien de temps après avec une triple fracture de la mâchoire", poursuit-elle. Elle décrit ensuite les blessures que les coups ont provoqués : "langue déchiquetée", "huit dents cassées", "une ouverture sur le menton".

C'est son compagnon qui l'a aidée à se relever. "Il est allé chercher une grosse serviette éponge qui s'est remplie de sang très très vite, et là ma première réaction a été de lui dire 'Mais qu'est-ce que tu m'as fait ?'" Il lui répond alors qu'elle est "tombée". "Je l'ai cru", dit-elle, assurant qu'il n'y avait pas eu de signaux alarmants auparavant.

La police l'a convoqué à plusieurs reprises. Il ne s'est présenté que la troisième fois.

Sandrine Bonnaire
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Ce n'est que plus tard, après s'être rendue aux urgences et avoir été paralysée pendant près d'un mois et demi avec le visage déformé, qu'un chirurgien spécialisé dans la reconstruction maxilo-faciale lui a dit qu'elle avait été frappée. Plusieurs médecins lui ont ensuite dit que les blessures comme celles qu'elle présentait "provenaient d'accidents de voiture, ou chez un enfant qui passait par-dessus un guidon sur du béton".

Après ces révélations, Sandrine Bonnaire décide de porter plainte. Son compagnon "n'a pas assumé sa responsabilité". "La police l'a convoqué à plusieurs reprises. Il ne s'est présenté que la troisième fois. Nous avons eu une confrontation au commissariat. Lors de la reconstitution il a eu un argument terrible, qui revient souvent : 'Elle était hystérique, j'ai dû la calmer'".

Pierre a été condamné à deux ans de prison avec sursis. L'amour que Sandrine Bonnaire lui portait s'est tout de suite éteint. Son indépendance lui a permis de le quitter facilement. Consciente de son privilège, elle dit penser "à toutes ces femmes qui ne peuvent pas partir, qui n'ont pas l'argent, qui n'ont pas ce luxe que j'ai". Aujourd'hui encore, assure-t-elle, les séquelles de ses blessures la font souffrir régulièrement.

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