3 min de lecture Réforme des retraites

Retraites : "Attendre de négocier, c'est risquer un cauchemar", selon Natacha Polony

À la veille d'une nouvelle journée de mobilisation, la directrice de la rédaction de "Marianne" fait le point sur la cacophonie qui règne entre le gouvernement, qui souhaite une trêve, et les syndicats qui campent sur leur position.

oeil monde - L'oeil de... Natacha Polony & Andréa Bescond & Philippe Caverivière & Olivier Mazerolle iTunes RSS
>
Retraites : "Attendre de négocier, c'est risquer un cauchemar", selon Natacha Polony Crédit Image : AFP / Philippe Lopez | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
micro générique
Natacha Polony édité par Louis Rigaudière

Demain, nouvelle journée de mobilisation syndicale, et les vacances de Noël se rapprochent à grande vitesse, contrairement aux trains du même nom, qui, eux, sont toujours à l’arrêt. On va dans le mur ? Le plus merveilleux, c’est d’entendre les responsables de la majorité et les membres du gouvernement commencer à parler de trêve. 

C’est le mot de Richard Ferrand. Gérald Darmanin fait dans l’indignation : "La République ne peut pas subir de chantage." Quant à Édouard Philippe, il la joue droit dans ses bottes mais tout en souplesse. Ferme mais plein d’empathie. "Noël, c’est un moment important. Et il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment."

Alors, les "certains" qui pourraient les priver de ce moment, le patron de la CGT ou celui de FO, ils en disent quoi ? Sans surprise, ils considèrent que si ça coince, c’est uniquement de la faute du gouvernement. Et il faut dire qu’il leur a offert sur un plateau l’occasion de camper sur leurs positions. D’ailleurs, les Français leur donnent raison. En cas de blocage, ils sont 46% à imputer la responsabilité au gouvernement contre 35% aux syndicats.

Gare à la trêve

Mais c’est bien gentil de demander une trêve. Encore faut-il s’en donner les moyens, non ?
Elle est là, l’escroquerie. Une trêve, ça fait raisonnable, ça donne l’impression qu’on pense aux Français. Mais la prochaine rencontre pour en discuter, ou pour essayer d’avancer un tout petit peu, est programmée mercredi 18 décembre. Oui, après les manifestations de demain. Donc concrètement, Edouard Philippe a lancé sa bombe mercredi 11 décembre.  

À lire aussi
Laurent Pietraszewski à l'Assemblée nationale réforme des retraites
Coronavirus : "Pas au chômage technique", Pietraszewski a de nouvelles missions

Le soir, il expliquait que sa porte était ouverte et sa main tendue, mais si les syndicats pouvaient juste accepter de sauter dans le cerceau et de faire le beau, ce serait mieux. Vendredi 13 décembre, Jean-Michel Blanquer a fait le service après vente, en répétant que la porte était ouverte et la main tendue. Et puis rien. On attend. Et surtout, on ne bouge pas d’un iota, on ne discute pas avec le seul qui avait vraiment l’intention de discuter, Laurent Berger. On laisse pourrir tout en déplorant que les vacances des Français soient menacées.

"Attendre pour négocier, c’est risquer sciemment un cauchemar vendredi"

Vous pensez que c’est une stratégie ? On ne peut pas s’empêcher de repenser à la façon dont les mêmes ont joué le pourrissement avec les "gilets jaunes" en espérant que le mouvement se radicaliserait et perdrait de sa force. Et ça n’a pas manqué. Il faut plusieurs jours pour que le trafic revienne à la normale, pour que la SNCF puisse assurer que tous les trains roulent. 

Attendre pour négocier, c’est risquer sciemment un cauchemar vendredi 20 décembre. On joue à je te tiens tu me tiens par la barbichette, pendant que les Français, notamment en Île-de-France, deviennent dingues. Ça s’appelle de la politique. Dans ce qu’elle a de plus sordide. Et un jour, ça finit par craquer.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Réforme des retraites Manifestations Syndicats
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants