2 min de lecture Réforme des retraites

Retraites : "Pour Delevoye, l'immigration de masse est une fatalité", déplore Polony

BILLET - Vendredi 25 novembre, Jean-Paul Delevoye intervenait devant des jeunes de Créteil et défendait la future réforme des retraites. Natacha Polony revient sur certains de ses propos.

oeil monde - L'oeil de... Natacha Polony & Andréa Bescond & Philippe Caverivière & Olivier Mazerolle iTunes RSS
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L'oeil de... du 02 décembre 2019 Crédit Image : Ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Natacha Polony édité par Raphaël Bosse-Platière

La rhétorique employée par Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de Jacques Chirac, est finalement assez classique. Elle sert d’argument depuis des années la question de l’immigration : "La démographie européenne et son vieillissement fait que, si on veut garder le même nombre d’actifs dans la machine économique, il va falloir 50 millions de population entre guillemets étrangère pour équilibrer la population active en 2050 en Europe."

On l’aura compris, l’immigration de masse est plus qu’une fatalité, elle est la conséquence de notre système de protection sociale. En gros, si vous voulez une retraite, il faut accepter l’entrée de 50 millions de personnes sur le sol européen d’ici trente ans.

Est-ce une façon de dédramatiser le sujet, et d’expliquer que l’immigration est plutôt une chance ? Oui, et Jean-Paul Delevoye en a même fait des tonnes sur ce thème, sans doute parce qu’il était face à des jeunes de Créteil et qu’il pensait les caresser dans le sens du poil. 

"Plus un politique n’est capable de parler d’immigration, déplore-t-il, parce que tout le monde s’hystérise. On est dans un moment très malsain de notre démocratie où on cherche à jeter en bouc émissaire : hier c’était le juif, aujourd’hui c’est le musulman, après-demain ça sera encore un autre."

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On va passer sur l’éternelle référence aux juifs, comme si des pogroms étaient organisés aujourd’hui, mais traduisons le reste : tous les immigrés sont musulmans et doivent être appréhendés en tant que musulmans, et nous les traitons mal alors qu’ils viennent nous rendre service.

Mais est-on comme dans les années 1960 et 1970, quand l’industrie et le bâtiment avaient besoin de bras ? Exactement. Et ça a deux conséquences tragiques. La première est d’accréditer l’idée que les êtres humains sont des pions interchangeables au service de l’économie. On peut vider l’Afrique, piller les ressources, à la fois matérielles et humaines, ça ne pose aucun problème et personne ne se demandera si tous ces gens contraints à l’exil n’auraient pas préféré vivre et travailler au pays.

Et la deuxième conséquence, c’est que cela revient à inverser le rapport entre celui qui accueille et celui qui est accueilli. Finalement, c’est à nous de dire merci, ce qui crée une dette morale parfaitement malsaine. Comment voulez-vous qu’un individu s’intègre dans une société dont il estime qu’elle lui doit sa pérennité ? Comment voulez-vous préparer une société apaisée en expliquant aux gens que l’immigration de masse est inéluctable, qu’elle ne relève pas des choix démocratiques et qu’il faudra dire merci ? 

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