3 min de lecture Seconde Guerre mondiale

Qui est le dernier Compagnon de la Libération encore en vie ?

PORTRAIT - Après la mort de Daniel Cordier ce vendredi 20 novembre à l'âge de 100 ans, Hubert Germain, également centenaire, est le dernier des Compagnons de la Libération.

Hubert Germain, résistant français à la Seconde Guerre mondiale, est le dernier des "Compagnons de la Libération" encore en vie.
Hubert Germain, résistant français à la Seconde Guerre mondiale, est le dernier des "Compagnons de la Libération" encore en vie. Crédit : Ludovic MARIN / AFP / POOL
Sarah Belien
Sarah Belien
Journaliste RTL

C'est par le décret du 20 novembre 1944 qu'Hubert Germain est devenu un Compagnon de la Libération. Et c'est ce vendredi 20 novembre 2020, après le décès de Daniel Cordier, qu'il est devenu le dernier membre encore vivant de l'Ordre de la libération, instituée par le général de Gaulle en 1940 pour récompenser ceux qui ont œuvré pour la libération de la France.

Et c'est grâce à un parcours militaire exemplaire qu'Hubert Germain, résistant de la première heure, a été décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle en Italie fin juin 1944, et qu'il est devenu à deux reprises chargé de mission au cabinet de ministre des Armées sous de Gaulle, Pierre Messmer.

Hubert Germain est le fils d'un officier général issu des troupes coloniales. Né à Paris en 1920, Hubert Germain a fêté ses 100 ans le 6 août dernier. Marc Leroy a par ailleurs publié ses entretiens avec le dernier Compagnon dans Espérer pour la France (Belles Lettres) publié en octobre, évoquant son passé dans la Résistance. Car c'est à peine bachelier, en préparant le concours de l'École navale de Bordeaux que la guerre éclate en 1939.


"Paris venait de tomber, la France se noyait. 'Alors, Hubert, que vas-tu faire ? se demandait le jeune homme. Tu vas passer un examen et tu vas peut-être être reçu. Et après ? Tu vas devenir officier de la marine ou de l’armée de l’air d’un État qui sera aux ordres de l’Allemagne nazie ?' Impensable. Il se leva donc, rendit une copie blanche au surveillant et sortit", relate l’ouvrage de Benoît Hopquin Nous n’étions pas des héros (Calmann-Lévy). "Je pars faire la guerre", a lancé Hubert Germain, comme il s'amuse encore à le raconter.

Un parcours militaire construit à l'étranger

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Quelques jours après l'appel du 18 juin 1940, Hubert Germain a embarqué pour l'Angleterre. Avec trois camarades, ils se sont joints à des troupes polonaises à bord de l'Arandora Star. Hubert Germain, également engagé dès l'origine dans les Forces françaises libres, est affecté sur le cuirassé Courbet où il suit des cours d'officier de la marine. La journée, il étudie entre les alertes. La nuit, Hubert participe à la défense antiaérienne contre les raids allemands.

Le résistant monte en grade pour rejoindre en février 1942 les rangs du 2e Bataillon à la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère, à laquelle il restera toute sa vie très attaché. En Libye, Hubert Germain se distingue dans les combats de Bir Hakeim du 27 mai au 11 juin 1942 et est cité à l'ordre de l'armée pour avoir "montré de très belles qualité de chef" et avoir été "pour ses hommes, un exemple constant de calme et de courage". Il est alors promu sous-lieutenant en septembre 1942.

Après avoir été décoré par le général de Gaulle à Naples fin juin 1944, Hubert Germain participe au débarquement de Provence en août, puis à la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon.

Hubert Germain évolue en politique

En 1953, alors qu'il était attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques, Hubert Germain est élu maire de Saint-Chéron dans l'Essonne. Il le restera jusqu'en 1965. En parallèle, il devient chargé de cabinet de Pierre Messmer, alors ministre des Arméesde 1960 à 1962, puis de 1967 à 1968. Hubert Germain est également élu député de Paris en 1962 jusque dans les années 70. En 1972, il est nommé ministre des PTT (Postes, télégraphes et téléphones), puis ministre chargé des relations avec le Parlement.

"Quand le dernier d'entre nous sera mort, la flamme s'éteindra. Mais il restera toujours des braises.

Hubert Germain à Marc Leroy, dans "Espérer pour la France" (Belles Lettres)
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Depuis 2010, Hubert Germain est membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, créé par le général de Gaulle, qui offre l'insigne de la croix de la Libération à ceux qui ont œuvré pour la libération de la France, la distinction la plus prestigieuse au titre de la Seconde Guerre mondiale.

Dans ses entretiens avec Marc Leroy dans Espérer pour la France, Hubert Germain tient ses mots : "Quand le dernier d'entre nous sera mort, la flamme s'éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd'hui en France des braises ardentes !".

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