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Il a la vie des astronautes entre ses mains : les incroyables confidences d'un médecin de l'Agence spatiale européenne

Stephen Alamo, 38 ans, est médecin pour les astronautes. Ce métier hors du commun l'amène à créer des liens forts avec les membres de l'équipage, et à pratiquer différents types de médecine selon les besoins. Au micro de "Un jour, une vie", il raconte comment il s'occupe de ses patients dans l'espace.

Stephen Alamo est médecin pour les astronautes, il raconte son expérience sur le plateau de "Un jour, une vie"

Stephen Alamo, le médecin des astronautes

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Alban Tardy

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Il est le seul médecin français en exercice dans l'Agence spatiale européenne, et trouve Thomas Pesquet plutôt sympathique. Stephen Alamo a pour mission de s'occuper des astronautes, avant, pendant, et après leur mission. Un accompagnement de tous les jours, qui l'amène à pratiquer différents types de médecine en fonction de la période : "Quand ils ne sont pas en mission, on a d'abord un suivi régulier de médecine généraliste. On pratique aussi de la médecine préventive, de la médecine du travail où on explique les enjeux et les contraintes du poste des pilotes. On fait aussi de la médecine du sport, car c'est une partie intégrante de leur mission. Et à leur retour sur Terre, on réalise majoritairement de la médecine de réhabilitation", raconte-t-il au micro de Faustine Bollaert. 

Stephen a très tôt voulu s'orienter dans ce domaine : "J'ai toujours eu un attrait pour le domaine spatial, l'aéronautique et la physique aussi. J'ai passé les sélections pour être pilote de chasse, mais étant daltonien, je n'ai malheureusement pas été admis", se remémore le médecin, pour qui ce souvenir est toujours douloureux. Mais celui qui s'occupe aujourd'hui des astronautes a la qualité d'être touche-à-tout, et a rapidement su rebondir. C'est ainsi qu'il se lance dans des études de médecine, et s'est bien plus tard qu'il se dirigera dans le domaine spatial : "On suit un cursus classique de médecine générale, l'aérospatial n'est pas une spécialité en tant que telle. C'est nous qui apportons une forme de compétence médicale au domaine du spatial et pas l'inverse", précise-t-il. 

Le quotidien de Stephen dépend majoritairement de la période à laquelle son astronaute va partir en mission : "J'ai la moitié de mon temps qui est consacré à la pratique clinique au CHU de Toulouse, et l'autre moitié pour l'ESA (European Space Agency), sauf le temps des missions". Ainsi, lorsque la personne suivie va partir en mission, une période de quarantaine commence. Le moment de préparer le départ, et de renforcer les liens : "C'est un moment où pendant une quinzaine de jours, on est avec l'astronaute et sa famille. Personne n'entre, personne ne sort. Il y a juste accès à la salle de sport. C'est une période qui va permettre à l'astronaute de se concentrer et de se reposer, mais aussi de se faire plaisir avec des bons repas", explique Stephen. 

Je me suis retrouvé en appel avec l'ISS alors que j'étais dans ma voiture.

Stephen Alamo, médecin des astronautes

Cette quarantaine se déroule dans un des lieux les plus importants dans le domaine de l'aérospatial : la NASA. Une grande fierté pour le médecin de pouvoir travailler dans ces locaux : "Quand on nous remet notre badge de la NASA et qu'on monte pour la première fois dans le Johnson Space Center,  à Houston, c'est une certaine émotion", reconnaît Stephen au micro de RTL. Celui qui a toujours rêvé de travailler dans ce milieu a de nombreuses responsabilités, notamment celle de choisir les astronautes qui pourront partir : "On participe à la sélection médicale des astronautes. On leur faisait passer les examens et on se réunissait à la fin pour décider de ce qui était possible ou non en termes d'aptitude médicale". 

Les astronautes doivent en effet être en capacité de réaliser de nombreuses manipulations médicales eux-mêmes : "Ils sont formés pour ça, ils ont du matériel et des checklists médicales, et peuvent agir si c'est une urgence absolue comme un arrêt cardiaque, une embolie pulmonaire, un infarctus. Ils sont habitués à réagir à ça". Pendant que l'astronaute est dans l'espace, Stephen doit être disponible en permanence : "On est d'astreinte 24h sur 24, 7 jours sur 7. Une fois, je me suis retrouvé à être en appel avec l'ISS alors que j'étais dans ma voiture", se souvient le médecin. Cependant, l'un des moments les plus forts reste le décollage, lors duquel Stephen a déjà ressenti beaucoup de sensations : "C'est difficilement descriptible. Il y a des gestes et des regards qui parlent d'eux-mêmes, sur les derniers instants avant le lancement". 

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