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Un "gamer" à Poitiers, le 25 avril 2017
Crédit : AFP / XAVIER LEOTY
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Dans une interview accordée à Brut, jeudi 5 février, Emmanuel Macron a abordé la question des jeux vidéo et de leur impact potentiel sur la jeunesse. Le président de la République a exprimé ses inquiétudes concernant l'exposition des jeunes à des contenus violents, à la suite de l'agression d'une professeure d'arts plastiques, poignardée par un élève de 3e décrit comme un adepte de jeux vidéo. Le chef de l'État a évoqué la nécessité d'une réflexion approfondie sur le sujet.
"Il est clair que la violence qui s'installe dans la société et chez les plus jeunes est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents sont beaucoup plus exposés à de la violence dans des vidéos qu'ils vont voir sur les réseaux sociaux, ou dans les jeux vidéo qu'ils vont faire", a déclaré Emmanuel Macron.
Il a insisté sur le rôle crucial des parents dans la régulation de l'accès des enfants à ces contenus, affirmant que "le bon sens fait que les parents, la famille, devraient dire à des jeunes, quand on passe des heures dans un jeu vidéo où on descend tout le monde, ce n'est pas ça la vie."
Le président a également annoncé le lancement d'un travail confié à des experts pour mesurer scientifiquement l'effet des jeux vidéo sur les jeunes. "J'attends justement qu'il y ait un consensus scientifique", a-t-il précisé, soulignant l'importance de baser les décisions futures sur des données objectives.
Emmanuel Macron n'a pas exclu la possibilité d'une interdiction de certains jeux vidéo si les conclusions des experts le justifient. "Scientifiquement, si on voit que l'impact sur les jeunes et que c'est établi et sur les enfants et sur les ados, est très mauvais, on est légitime à se poser la question", a-t-il affirmé. Cette prise de position intervient dans un contexte où les jeux vidéo sont souvent pointés du doigt pour leur influence sur le comportement des jeunes.
Plusieurs acteurs du secteur ont dénoncé vendredi 6 février auprès de l'AFP un "amalgame" et une "manœuvre de communication politique". Thomas Rohmer, directeur de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique, souligne que de nombreuses études montrent qu'il n'existe pas de lien direct entre le fait de jouer à des jeux vidéo violents et la commission d'actes violents.
Olivier Mauco, fondateur de l'Observatoire européen du jeu vidéo, explique que cette accusation récurrente résulte souvent d'un amalgame entre la nature compétitive des jeux vidéo et leurs thématiques de guerre ou de combat. Il précise que l'idée selon laquelle les comportements dans les jeux vidéo se transposeraient dans la réalité est erronée, rappelant que des accusations similaires ont déjà visé le cinéma ou certains genres musicaux par le passé.
Une manœuvre de communication politique
Lévan Sardjevéladzé, président du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV), estime que cette prise de position va à l'encontre de l'évolution sociale observée depuis plusieurs années. Il critique ce qu'il considère comme une "manœuvre de communication politique" dont le secteur du jeu vidéo ne souhaite pas être partie prenante.
Même au sein du camp présidentiel, la proposition suscite des interrogations. Denis Masséglia, député Renaissance engagé sur les questions liées à l'industrie du jeu vidéo, juge qu'une interdiction serait inappropriée. Selon lui, la priorité devrait être de s'assurer que les jeunes ne passent pas toute leur journée devant un écran. D'autant qu'il existe déjà un système de classification PEGI, qui fixe des âges minimums pour les jeux au niveau européen.
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