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"Je me suis retrouvé tout nu dans un conteneur" : cet ancien espion de la DGSE dévoile les coulisses du métier le plus secret du monde

Se retrouver dans la peau de Daniel Craig ou Tom Cruise en tant qu'agent secret, c'est le rêve de milliers de personnes. Mais c'est loin des caméras que Vincent Crouzet a officié en tant qu'espion pour la DGSE pendant 27 ans. Dans "Un jour, une vie", il revient sur les rouages de ce métier tellement romancé au cinéma.

Vincent Crouzet, ancien espion de la DGSE, dévoile la face cachée de ce métier hors du commun au micro de Faustine Bollaert

Espion, la vie secrète d'un agent de la DGSE

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Alban Tardy

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Lorsqu'on lui demande ce qui lui manque le plus de sa vie d'espion, Vincent répond assez rapidement : "l'adrénaline". En effet, celui qui est désormais écrivain depuis 9 ans a pu vivre pendant près de 30 ans des scènes hallucinantes qu'on ne voit que dans les films. Ancien espion de la DGSE, il tient à dépeindre fidèlement ce métier au micro de Faustine Bollaert, en n'hésitant pas à casser certaines idées reçues. A commencer par le rêve d'enfant : "Quand j'étais petit garçon, je ne voulais pas faire de l'espionnage. Mon rêve secret, c'était de travailler à l'école du ski français".

Même s'il n'aspirait pas à ce métier pendant sa jeunesse, Vincent se plonge assez rapidement dans la littérature d'espionnage, grâce à sa famille : "Ma grand-mère possédait toute la collection des James Bond de Ian Fleming. Je les ai lu dans l'ordre, en commençant par Casino Royale", raconte-t-il au micro de RTL. Difficile d'imaginer que plusieurs décennies plus tard, il serait vraiment en mission d'espionnage impliquant ce même jeu d'argent : "Je me suis retrouvé en smoking pour aller jouer au casino à Kampala, en Ouganda, où il y avait énormément d'enjeux", explique-t-il. 

Si Vincent a fini par devenir espion pour la DGSE, c'est loin d'être un hasard. Son parcours dans l'espionnage démarre pendant son service militaire, lors duquel il deviendra très proche de son adjudant-chef. Un mois après la fin de son service national, il est convoqué pour passer un entretien qui se révélera être un grand succès : "L'inspecteur essaye de me déstabiliser, de me mettre la pression, pour voir comment je réagis. Sauf que j'ai pris ça comme un jeu, donc j'ai fini par rire et c'était lui qui était déstabilisé", se rappelle-t-il. Quelques jours plus tard, on lui propose d'intégrer la DGSE en tant qu'espion, ce qu'il accepte sans sourciller. 

Plus la situation était tendue, plus je la vivais comme une fiction."

Vincent Crouzet, ancien espion de la DGSE

Pendant 27 ans, Vincent est "projeté" dans de multiples missions avec des moments très marquants, comme ce jour à la frontière de la République Démocratique du Congo et de la Zambie : "J'ai été interpellé et arrêté par l'Agence nationale du renseignement congolais. J'ai passé une très mauvaise journée puisqu'on m'a mis tout nu dans un conteneur". Bloqué dans cette situation, l'espion vit alors un moment totalement fou : "J'étais entouré d'une centaine d'enfants, dont un qui lorgnait sur la seule chose qui me restait à ce moment-là : mon Walkman. Je le lui ai donné, et ce jeune congolais s'est mis à écouter Passion selon Saint Matthieu jusqu'à épuisement des piles. Je me demande ce qu'est devenu cet enfant qui écoutait du Bach à 5 ans", se remémore-t-il. 

Même dans ce genre de situations à haut risques, Vincent confie ne pas avoir eu peur : "J'ai toujours eu cette chance de vivre au deuxième ou troisième degré. Plus la situation était tendue, plus je la vivais comme une fiction et ça m'aidait beaucoup". Se détachant facilement des problèmes qu'il pouvait rencontrer, l'espion a dû incarner de très nombreuses "légendes", des identité fictives à revêtir. Le soixantenaire avoue préférer parfois la vie de ses personnages à la sienne : "C'est beaucoup plus excitant d'être dans l'informalité et de travailler avec des criminels. C'est une liberté tellement transgressive, on a vraiment l'impression de vivre dans un univers fictionnel et c'est assez tripant", assume-t-il face à Faustine Bollaert. 

Vincent rappelle néanmoins la grande solitude à laquelle est confronté un espion dans son travail. Ne pouvant échanger avec personne, son seul interlocuteur est son officier traitant, avec qui il effectue ses debriefs de mission. "Cet officier a quasiment une fonction de thérapeute parce qu'à l'époque, il était absolument hors de question d'avoir un suivi psychologique", confie l'ex-espion. Cette profession requiert de très nombreuses compétences, mais Vincent tient à rappeler la plus importante d'entre elles, s'appliquant aussi bien au métier d'espionnage qu'à la vie quotidienne : "Il faut rester curieux de tout, se réveiller tous les matins en se disant que chaque jour est une nouvelle aventure". 

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