3 min de lecture Agression sexuelle

Pourquoi des célébrités partagent des photos d'elles à 13 ans sur les réseaux sociaux

ÉCLAIRAGE - Plusieurs célébrités ont partagé ce week-end des photos les représentant lorsqu'elles étaient âgées de 13 ans sur les réseaux sociaux. Un mouvement qui vise à dénoncer les politiques menées contre les violences sexuelles sur mineures.

Alexandra Lamy fait partie des célébrités ayant tweeté avec le hashtag #Avant15AnsCestNon.
Alexandra Lamy fait partie des célébrités ayant tweeté avec le hashtag #Avant15AnsCestNon. Crédit : Yohan BONNET / AFP
Marie Zafimehy
Journaliste

"J’ai 13 ans. J’ai une tête à consentir à une relation sexuelle?!" Samedi 23 janvier, Alexandra Lamy s'indigne dans un tweet accompagné d'une photo d'elle, enfant. On y voit celle qui deviendra actrice de profil, arborant de longs cheveux blonds, sur fond de campagne. 

La veille, le Sénat a voté une loi criminalisant tout acte de violence sexuelle sur personne mineure de moins de 13 ans. Un seuil d'âge trop bas selon la comédienne et des centaines d'autres femmes, dont Tristane Banon, Marie Fugain ou encore Andréa Bescond, qui ont protesté sur les réseaux sociaux pendant le week-end avec le hashtag #Avant15AnsCestNon. "Messieurs du Sénat votre devoir est de protéger les enfants", écrivent les internautes dans leurs tweets.

La proposition de loi votée par la chambre basse vendredi 21 janvier vise à interdire toute relation sexuelle impliquant une personne majeure et une personne mineure de moins de 13 ans. Concrètement, cela signifie qu'il y aurait présomption de contrainte : un enfant de moins de 13 ans ne pourrait, jamais, en aucun cas, être considéré comme consentant à un acte sexuel.

Que dit la loi ?

Aujourd'hui, en cas de poursuites judiciaires, le consentement d'une personne mineure de moins de 15 ans doit être prouvé. Si celle-ci est considérée comme consentante, les faits ne sont plus caractérisés de viol ou d'agression sexuelle mais "d'atteinte sexuelle". Une terminologie ambigüe accusée de minimiser les actes sexuels subis par l'enfant ou l'adolescent.

À lire aussi
violences
Couple : reproduire le même schéma amoureux

Avec la proposition de loi soumise par la sénatrice Annick Billon, tout acte sexuel avec une personne mineure de moins de 13 ans (âge de la responsabilité pénale) serait considéré comme un viol sous la qualification "crime sexuel sur mineurs". Comme l'explique Public-Sénat, il s'agirait de créer une nouvelle infraction désignant "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis par une personne majeure sur un mineur de treize ans lorsque l’auteur des faits connaissait ou ne pouvait ignorer l’âge de la victime". 

Dès lors que se passe-t-il pour les enfants âgés entre 13 et 15 ans, âge de la majorité sexuelle ? Marlène Schiappa a déploré "un flou juridique". "Cela voudrait dire qu’à partir de 13 ans et un jour, [le consentement] ça se discute", a-t-elle déclaré sur Europe 1. "Je suis profondément choquée avec le fait de dire qu’à 13 ans et un jour on peut être consentant à un rapport sexuel." Une position qui rejoint le mouvement #Avant15AnsCestNon.

Un mouvement en question

Face à l'avalanche de photos d'enfants sur les réseaux sociaux, certaines voix se sont élevées pour questionner ce moyen d'action : le physique d'une personne ne devrait pas être une justification de son non-consentement. C'est ce qu'explique l'écrivaine et militante féministe Valérie Rey-Robert à l'attention du Collectif Pour l'Enfance, qui s'est fait l'écho du hashtag. 

"Mais vous comprenez bien que chercher chez l'apparence de la victime, la certitude qu'elle n'a pas consenti est... dangereux ? que ça tombe en pleine culture du viol ?" interroge-t-elle. Et de citer l'exemple de Roman Polanski, accusé de viol sur mineure aux Etats-Unis. "Je vous rappelle que l'argumentaire des défenseurs de Polanski c'est de sortir des photos de [Samantha] Geimer à l'époque du viol (soit 13 ans) [qui l'accuse de viol, ndlr] pour bien montrer qu'elle faisait beaucoup plus âgée. c'est une logique dangereuse."

Parallèlement à cette campagne, le compte @Melusine_2 se demandait elle plutôt "Comment faire pour que les hommes cessent de violer ?". Une question qui lui a valu une suspension de compte de la part de Twitter, sous prétexte d'enfreindre le règlement du réseau social. En soutien, de nombreux comptes féministes se sont emparés de la même interrogation. "Les violences sexistes et sexuelles sont commises en immense majorité par des hommes, répond Caroline De Haas. C’est une réalité." Depuis, @Melusine_2 a été une nouvelle fois suspendue et la phrase a été tweeté des milliers de fois.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Agression sexuelle Réseaux sociaux Violences
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants