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Piqures en discothèques : ce que l'on sait de ce phénomène qui inquiète

Les témoignages de piqûres en boîte de nuit se multiplient. Le GHB n'est pas toujours mis en cause.

Piqûres de drogue en boîte de nuit
Piqûres de drogue en boîte de nuit
Crédit : AFP
Philippine Rouvière Flamand

Depuis ce week-end, les témoignages de personnes ayant été victimes de piqûres en boîte de nuit ou lors d'un concert se multiplient. Une enquête a été ouverte à Grenoble pour "administration de substances nuisibles" et le procureur de Bézier appelle les victimes à se manifester "sans délai" aux autorités. 

Avec ces piqûres, sont injectées des drogues qui provoquent des malaises. Zoé, une des victimes, a témoigné auprès de RTL : "J'ai vu un voile noir d'un coup, j'ai perdu complètement la vision. J'avais les jambes complètement coupées. C'était suffisamment fort et choquant pour que je sache tout de suite que je m'étais fait droguer."

Alors que la vigilance dans ces établissements est plutôt portée sur les substances mises dans les verres, les cas de piqûres sont de plus en plus nombreux. En effet, les bars, boîtes de nuit et concerts ont renforcé leur vigilance, comme l'ont fait les consommateurs. Certains utilisent des capuchons à mettre sur leur verre, des pailles qui détectent la présence de drogue, il y a même un vernis à ongles qui permet de savoir si son verre est souillé ou non. C'est pour cette raison que les piqûres se font de plus en plus nombreuses. L'action de la drogue injectée est également plus rapide que lorsqu'elle est ingérée, puisqu'elle passe directement dans le sang. 

Mais le GHB n'est pas la seule drogue utilisée. Cela signifie que si une personne qui pourrait avoir été droguée fait des analyses, elle ne trouvera pas systématiquement un résultat positif, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'a pas été victime d'une personne mal attentionnée. 

Que faire quand on pense avoir été piqué ?

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Si vous ressentez une piqûre sur une partie de votre corps et que vous n'êtes rapidement plus dans votre état normal, que ce soit à cause du GHB ou d'une autre drogue, il est important de vous faire raccompagner chez vous par une personne de confiance. Le mieux est tout de même d'être accompagné à l'hôpital, ou des tests pourront être faits pour savoir si vous avez bien ingéré une drogue et tenter d'en détecter la nature. Une personne en charge d'une victime doit également faire attention aux vomissements, si la personne ne tient plus debout, il faut la mettre en position latérale de sécurité (PLS).

Si vous n'avez aucun souvenir d'une partie de votre soirée, ce qui est très fréquent lorsqu'on ingère une surdose de GHB, et que personne n'est en capacité de vous dire ce que vous avez fait ou où vous étiez, faites des examens médicaux physiques pour vérifier que vous n'avez pas été victime d'agression. Pour le moment, aucune victime récemment signalée n'a été victime d'agression physique. 

En revanche, les personnes qui ont été piquées, même si elles ont vu les effets de la drogue se dissiper rapidement, sont aujourd'hui contraintes de suivre un traitement contre le VIH afin de ne pas déclarer le virus du sida. En effet, les seringues utilisées son rarement à usage unique. Le VIH étant transmis par le sang, si une personne est piquée par la même aiguille qu'une personne infectée, elle présente un fort risque d'être infectée à son tour. 

Des actions menées par les autorités

Pour lutter contre l'administration de drogue lors de soirée ou de concert, le gouvernement a lancé un plan de lutte contre le GHB, en collaboration avec l'UMIH (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie). Présenté par Marlène Schiappa, ce plan prend la forme d'affiches disposées dans les toilettes des bars, boîtes de nuit et restaurants, "parce que c'est un endroit où on est isolé dans les bars et discothèques." Sur ces grands pans orange sont écrites les questions "Ton ami(e) a été drogué(e) ?", "Tu penses avoir été drogué(e) ?", avec un QR code qui renvoie directement vers un tchat privé anonyme avec un policier ou un gendarme. "Peu importe l'heure, le tchat gratuit peut être activé jour et nuit, sans décliner son identité", précise Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté.

Mais le GHB n'est pas la seule drogue administrée et elle ne l'est plus seulement dans les verres. Le gouvernement ne propose pas de plan de lutte contre ces piqûres, mais certains élus et magistrats agissent localement. 

À Béziers (Occitanie), par exemple, neuf plaintes ont été déposées pour des faits qui se sont déroulés lors de la nuit du 17 au 18 avril dans deux établissements différents. Pour Raphaël Balland, procureur de la République, il est "impératif" que les personnes qui pensent être victimes "se manifestent sans délai auprès du commissariat ou de la gendarmerie de leur domicile, ou du centre hospitalier le plus proche afin de procéder à des prélèvements urinaires et sanguins immédiats, afin de déterminer si elles ont été effectivement victimes de l'administration d'une substance nuisible." 

Pour rappel, l'"administration de substances nuisibles"  portant atteinte à l'intégrité physique ou psychique d'autrui fait encourir à son auteur une peine allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement si cela n'a pas entrainé d'incapacité totale de travail (ITT). Les peines sont aggravées en fonction des conséquences physiques sur la personne victime, pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement. 

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