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Les soutiens aux Palestiniens appellent à manifester à Paris malgré l'interdiction

Malgré l’interdiction de la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi à Paris, les organisateurs de l’événement maintiennent leur appel à se rassembler. Ils refusent de "taire (leur) solidarité avec les Palestiniens".

Une manifestation pro-palestinienne à Marseille, en 2014
Une manifestation pro-palestinienne à Marseille, en 2014
Crédit : FRANCK PENNANT / AFP
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
Journaliste

C'est un bras de fer qui se poursuit. En dépit de l'interdiction confirmée par la justice, les organisateurs de la manifestation pro palestinienne à Paris, ce samedi 15 mai, ont maintenu leur appel à manifester, refusant de "taire (leur) solidarité avec les Palestiniens".

"Parce que nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens, et que l’on ne nous empêchera pas de manifester, nous serons présents (au métro) Barbès demain à 15h", a affirmé l'Association des Palestiniens en Ile-de-France, dans un communiqué signé également par Attac, l'Action Antifasciste Paris-Banlieue, le Nouveau Parti Anticapitaliste ou le Parti des Indigènes de la République.

Cette annonce est intervenue vendredi soir, peu après que le tribunal administratif a confirmé l'interdiction de manifester, rejetant un recours en référé-liberté déposé par les avocats de l'Association des Palestiniens en Ile-de-France. "La France est le seul pays démocratique à interdire ces manifestations", ont réagi auprès de l'AFP Me Sefen Guez, Me Dominique Cochain et Me Ouadie Elhamamouchi, en annonçant faire "appel devant le Conseil d'État de ce rejet".

"Participer à une manifestation interdite fait l'objet d'une verbalisation à hauteur de 135€", a de son côté prévenu la préfecture de police de Paris sur Twitter. L'interdiction de manifester avait été prise jeudi soir par le préfet de police de Paris, Didier Lallement, à la demande de Gérald Darmanin, en raison de risques de "troubles à l'ordre public".

Une interdiction confirmée par la justice

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Pour motiver l'interdiction, le préfet Lallement a pointé "un risque sérieux" de "troubles graves à l'ordre public". Et mis en avant, comme Gérald Darmanin, le précédent de 2014, lorsqu'une manifestation pro palestinienne à Paris avait dégénéré en violences urbaines.

Le tribunal administratif a estimé que le contexte "tant international qu'intérieur" ne permettait pas "d'estimer que les risques de troubles graves" ne "seraient pas aussi importants voire supérieurs à ceux avérés en 2014", selon la décision.

Le tribunal a aussi jugé que les forces de l'ordre, déjà "fortement mobilisées" dans le cadre de Vigipirate seraient par ailleurs appelées ce week-end à veiller au respect des mesures sanitaires. "Depuis 2014, il y a eu plein de manifestations de défense de la cause palestinienne qui se sont déroulées sans aucun problème", avait souligné Me Guez. 

L'Association des Palestiniens en Ile-de-France avait "condamné cette interdiction" jeudi, l'un de ses responsables, Walid Atallah, dénonçant la "complicité de la France avec l'Etat d'Israël". "La France garantit les libertés d'expression et de manifester, et la Palestine ne doit pas être une exception", a-t-il dit. "Un peuple reçoit des bombes sur la tête, des dizaines de civils sont tués, et on n'aurait pas le droit de dire qu'on n'est pas d'accord?".

Les organisateurs dénoncent la position de la France

La manifestation était au départ prévue pour commémorer la Nakba, l'exode de centaines de milliers de Palestiniens à la création d'Israël en 1948. Avant que la flambée de violences en Israël et dans la bande de Gaza ces derniers jours ne vienne dessiner la perspective d'un rassemblement important.

Les organisateurs comptaient notamment y dénoncer la position de la France, jugée trop favorable à Israël, et lui demander de "condamner plus fermement les bombardements qui tuent des civils à Gaza", selon M. Atallah. Gérald Darmanin a demandé aux préfets de suivre de près les rassemblements de soutien au peuple palestinien prévus dans d'autres villes et d'assurer la protection des lieux fréquentés par la communauté juive.

Pour samedi, certaines manifestations ont été interdites, comme à Nice. En revanche, des rassemblements statiques ou des manifestations sont autorisés, à Lyon, Bordeaux, Montpellier, Marseille, Nantes, Rennes, Toulouse, Lille, Metz, Strasbourg ou encore Saint- Étienne.

La classe politique divisée

L'affaire divise la classe politique, entre soutiens de la demande du gouvernement et ceux qui dénoncent une interdiction "inacceptable". L'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui a apporté cette semaine son soutien à Israël, a approuvé sur LCI une "décision grave mais justifiée". Le député LREM de Paris Sylvain Maillard, l'a jugée "dure", "mais nécessaire pour préserver l'ordre public".

La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a jugé "sage" la décision du gouvernement. "Je crains des violences puisqu'en 2014, nous avons tous gardé le souvenir d'une manifestation extrêmement difficile où des propos terribles comme +mort aux Juifs+ ont été proférés", a déclaré la maire de la capitale à l'AFP.

"Il est hors de question d'importer sur notre sol" le conflit israélo-palestinien, a estimé sur BFMTV le numéro deux de LR, Guillaume Peltier. "Il vaut mieux qu'il n'y ait pas de manifestations", notamment pour éviter des "provocations antisémites", a abondé sur CNews le porte-parole du RN, Sébastien Chenu.

Pour le député LFI de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, "c'est un conflit géopolitique, le problème, c'est un peuple colonisé qui a sa capitale occupée contre toutes les résolutions de l'ONU". Les affrontements entre le Hamas et Israël avaient fait vendredi plus de 100 morts à Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien contrôlée par le Hamas, et neuf côté israélien, et ne montrait aucun signe d'apaisement. 

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