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4 min de lecture
Laurent Combalbert dans "Un jour, une vie", sur RTL.
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Vous l'avez peut-être aperçu dans la dernière saison de Loups garous sur Canal plus. Laurent a découvert la négociation en rentrant au RAID en 1998. Laurent Combalbert, 55 ans, est un professionnel des situations de crise et des scénarios très tendus. Son objectif : ne pas en arriver au drame, et trouver une solution. "J'ai rencontré Michel Marie, premier négociateur du RAID qui m'a mis le pied à l'étrier pour me montrer que ce métier pouvait permettre de résoudre les crises pacifiquement", raconte-t-il. S'il a dû faire face à des cas très variés tout au long de sa carrière, Laurent affirme pourtant que l'art de la négociation dispose de grandes règles invariables : "On a les mêmes questions clés quand on prépare et conduit une négociation, que ce soit dans une situation de crise extrême comme une prise d'otage, ou une négociation entre collaborateurs".
Dans ces conversations qui ont pour certaines un enjeu très important, l'ex-négociateur précise comment gérer ses propres émotions : "Il faut les montrer, mais il faut aussi les contrôler. S'il n'y a pas d'émotions, il n'y a pas de connexion qui se crée. Mais si on se laisse déborder, alors on perd notre lucidité et on peut aussi basculer dans un débordement émotionnel". Une profession qui demande de la confiance en soi, de la détermination, mais aussi des qualités d'échange, pour arriver à percer la coquille de la personne avec laquelle on négocie : "On ne peut pas dire à l'autre 'Fais-moi confiance, regarde, écoute-moi', mais on doit créer ce minimum de lien. Dans le cadre de ce métier, il faut avoir l'envie d'être empathique avec l'autre, garder la conviction qu'on va trouver une solution pacifique", détaille Laurent au micro de RTL.
L'un des éléments central d'une négociation repose sur le lien de confiance qui s'instaure entre les deux personnes. Pour le créer, l'ex membre du RAID a sa technique : "'Il faut d'abord être capable d'écouter et de questionner. Il faut lui montrer qu'on est là pour comprendre sa motivation, même si on ne la partage pas. L'art du questionnement, je pense que c'est l'atteinte ultime de l'écoute de l'autre". Ainsi, Laurent a pu mener à bien de nombreuses négociations, à commencer par la première d'entre elles qu'il a effectué sous l'égide de Michel Marie.
Je me suis mis à trembler sous ma douche.
Laurent, ex-négociateur du RAID
Pour sa toute première négociation , Laurent est confronté à un homme qui a tiré dans une cage d'escalier, avant de se retrancher avec son fusil de chasse. L'ex-négociateur raconte ce moment charnière dans sa carrière, la première négociation étant souvent décisive : "C'était un monsieur assez âgé et j'ai commencé à créer le lien, à faire tout ce que j'avais appris de manière théorique. J'étais juste derrière sa porte, et j'essayais de le rassurer, de le ramener dans une logique de relation". Après moins d'une heure d'échange avec l'individu, Laurent arrive à ses fins : "D'un coup, j'entends le verrou qui s'ouvre et il me tombe dans les bras. C'était un papy, ça aurait pu être mon grand-père, et il n'a pas arrêté de s'excuser. Il y avait beaucoup d'émotions", décrit-il au micro de Faustine.
Si Laurent reconnaît que ce cas n'était pas des plus tendus, il a dû gérer dans la suite de sa carrière des situations bien plus complexes. Le quinquagénaire se rappelle notamment d'un épisode avec une personne schizophrène : "Il tenait son enfant pendu dans le vide. Chaque fois que la police venait lui parler, il le pendait du huitième étage de sa tour". L'objectif était de pouvoir séparer l'enfant et le père par la négociation, or rien ne s'est passé comme prévu : "Quand j'ai vu qu'il se fermait à l'échange, je me suis introduit dans son appartement avant qu'il ne ferme la porte. J'ai essayé de le maîtriser tant bien que mal, et la colonne d'assaut a fini par arriver et l'a interpelé. Mais sur le coup, je n'ai pas eu peur", explique-t-il à Faustine Bollaert.
Laurent s'est aussi retrouvé dans des négociations aux enjeux financiers très lourds : "Sur des gros kidnappings, ma plus grosse demande de rançon était 50 millions de dollars". Par moment, il a même senti que la situation pouvait lui échapper, comme lors de cet épisode Vénézuélien où l'ex négociateur a eu un excès de confiance : "La peur est arrivée le soir quand je me suis retrouvé sous la douche, dans la nuit. Je me suis mis à trembler car je comprenais l'erreur que j'avais commise d'aller au contact direct".
L'ancien membre du RAID rappelle cependant que certaines missions se terminent de façon très douce : "Je me souviens d'un forcené qui était derrière sa porte, on parlait de manière assez apaisée et d'un coup il me dit ' je boirais bien un café'" Laurent réussit alors un coup de maître : "Je lui dis 'j'ai deux options à vous proposer, soit vous ouvrez la porte et je rentre le boire avec vous, soit vous sortez. Je crois qu'il fait beau en plus, ça serait sympa de se retrouver dehors'. Et puis j'entends la porte qui s'ouvre et il sort en se rendant. Et on a bu le café". Car en tant que bon négociateur, il est important de respecter ses promesses.
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