3 min de lecture Agriculture

Gel des récoltes : les agriculteurs soumis aux difficultés des assurances

Le gel des récoltes est "la plus grande catastrophe agronomique du siècle" selon le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie. Les dégâts sont déjà très lourds, notamment pour les vignobles.

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Gel des récoltes : les agriculteurs soumis aux difficultés des assurances Crédit Image : Fabrice COFFRINI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Sarah Belien

Une question va revenir une nouvelle fois : où sont les assureurs ? Car, même si le siècle n'a que 20 ans, on parle d'un épisode unique en son genre depuis plusieurs décennies, de 2 milliards d'euros de pertes pour la filière viticole. 80% du vignoble a été touché, 40% de la production annuelle est sans doute perdue. On est prudent sur les estimations car l'épisode de gel n'est pas terminé et on ne sait pas encore comment le reste du printemps va évoluer.

Mais les conséquences seront lourdes. On évoque la filière viticole mais c'est sans doute encore pire pour les arboriculteurs, avec des prix qui vont flamber sur les abricots ou les pêches. Pour le vin, il y a un côté "plaies d'Égypte" car le secteur, qui est un de nos champions du monde à l'export, sort d'une année 2019/2020 où ils ont été impactés par les droits de douanes de Donald Trump aux États-Unis, premier marché hors de France. Mais aussi par la fermeture des cafés-restaurants à cause de la pandémie et maintenant par le gel.

Les événements climatiques deviennent récurrents

L'État a annoncé qu'il déclenchait le fonds de calamités agricoles. Le "Quoi qu'il en coûte" en version sarments de vignes. Mais il va falloir se poser plusieurs questions derrière cet épisode de gel. Le fonds de calamités agricoles repose sur une cotisation que les agriculteurs paient sur tous leurs contrats. Cela représente une enveloppe dans laquelle on puise en cas d'événement climatique rarissime comme celui qu'on connait en ce moment. Si l'enveloppe ne suffit pas, c'est l'État qui prend le relais.

Le problème, c'est que les événements rarissimes se multiplient avec le changement climatique. Quand ce n'est pas le gel, ce sont les inondations ou la sécheresse. Au final, l'exceptionnel devient permanent et l'enveloppe ne suffit plus.

Les agriculteurs ne sont pas bien assurés

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C'est une autre des questions que pose cet épisode du gel. 30% seulement des agriculteurs sont assurés contre les calamités agricoles car ça coûte trop cher et ils n'ont pas les revenus suffisants. Cela illustre la fragilité de nos paysans que l'on dénonce à chaque négociation commerciale avec la grande distribution. C'est très inégalitaire car 30% des céréaliers s'assurent à 30% mais 5% seulement des arboriculteurs.

Ils prennent donc un risque comme Jean de Florette. Le problème, c'est qu'on peut rechercher des responsabilités quand des zones commerciales ou des habitations ont obtenu un permis de construire dans une zone inondables, mais on ne peut pas en vouloir à un agriculteur d'être victime de la baisse des prix de vente ou du réchauffement climatique.

Le rôle des assureurs remis en question

On revit le drame des restaurateurs et de la pandémie ou des commerçants avec les saccages des vitrines pendant les manifs des "gilets jaunes". Le risque assuranciel aujourd'hui, c'est l'exceptionnel qui se produit et dans des proportions qui font que les compagnies d'assurances ne peuvent pas rembourser.

Ce sont des milliards à chaque fois. Comment anticiper les pandémies, les confinements, les épisodes de gel, les ouragans ? Jusqu'ici ça ne se produisait qu'une fois par siècle mais on sent que cela va devenir récurrent. Au final, ce qui doit poser une question de fond au monde de l'assurance, c'est : comment doit évoluer leur modèle pour répondre à leur mission.

On en arrive au stade où l'assureur privé est capable de gérer les risques courants comme l'accident de voiture ou l'inondation dans la cuisine, mais pas les grands risques climatiques ou sanitaires. Pour ça, il ne reste qu'un assureur : l'État. Autrement dit, le citoyen.

Le "plus" : les Français sont généreux malgré la crise

La moyenne des dons a progressé de 32% l'an dernier selon une enquête IPSOS. Mais ce n'est pas que de l'optimisation fiscale ! Souvenez-vous il y a quelques mois, la marque "C'est qui l'Patron ?" voulait reverser tous ses bénéfices de l'année à des agriculteurs, des commerçants en difficulté. Dans la foulée de cette annonce, les ventes ont explosé. Et sur le mois de mars, 118.000 euros vont être reversés. Les Français ont acheté cette marque pour l'encourager. Une belle leçon pour le monde de la grande distribution.

La note : 20/20 à l'application mobile Lucine

Autre belle initiative, l'application Lucine et à sa fondatrice, Maryne Cotty-Eslou qui a remporté hier soir le Prix Business with Attitude organisé par Madame Figaro et RTL. Lucine est un programme génial qui vous envoie des sons et des images apaisantes qui permettent de stimuler votre cerveau. Il va alors fabriquer des hormones de bien-être, des endorphines et ça permet de soulager les douleurs sans avoir recours aux médicaments.

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